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Le Québec en tiers

Nestor Turcotte
 

Nestor Turcotte

Enseignant à la retraite

«Les hommes politiques feraient bien d'écouter nos voix, avant de les compter» - Auteur inconnu

Sauf les 10 % accordés aux partis non reconnus officiellement à l'Assemblée nationale, politiquement parlant, le Québec est maintenant divisé en trois groupes à armes égales. Près du tiers des électeurs, le 4 septembre 2012, ont voté pour le Parti québécois; un autre tiers est resté fidèle au Parti libéral; un autre tiers (ou presque) a salué l'arrivée de la Coalition avenir Québec.

Les sondages prédisaient la mort du Parti libéral ou, tout au moins, une chute brutale inévitable qui, selon certains analystes, devait le mener au «poulailler» de l'Assemblée nationale. Le parti s'en est sorti plus qu'honorablement. Il forme l'opposition officielle et, avec quelques milliers de voix supplémentaires, le Parti libéral de Jean Charest aurait pu former un gouvernement minoritaire, même avec un chef défait dans sa circonscription.

Les sondages prédisaient l'arrivée au pouvoir du Parti québécois. Il y est arrivé, mais de peine et de misère. Avec 31,94% du vote populaire, on ne peut pas dire, dans le contexte politique actuel, qu'il s'agit d'une éclatante victoire. Le PQ, maintenant, forme le gouvernement avec 69,1% de la population qui n'a pas osé lui accorder sa confiance. D'un côté, le rejet. De l'autre, la désapprobation.

Le mandat péquiste débute d'une manière peu commune et inattendue. On s'attendait à une victoire beaucoup plus substantielle venant d'un parti qui, depuis deux ou trois ans, se présentait comme la solution de rechange. Face à un parti amoché, criblé d'accusations de toutes sortes, il arrive à peine à s'emparer du pouvoir, sans décrocher une bonne majorité de sièges. Il est lié maintenant à un nombre de promesses qu'il risque de ne pas pouvoir tenir dans les prochains mois. Sera-t-il capable de gouverner longtemps, placé dans une telle situation?

La Coalition Avenir Québec, parti qui n'a pas un an d'existence, affiche tout de même une excellente performance. Le nombre de députés élus, malgré un pourcentage d'appuis exceptionnels, est sans doute décevant. Ce premier essai démontre cependant que le message de ce nouveau parti est d'ores et déjà bien implanté et qu'il pourrait bien surprendre lors de la prochaine joute électorale.

Les électeurs du Québec sont maintenant divisés en trois tiers et sont au coude à coude dans la faveur populaire. Le Parti Québécois a obtenu 31,94 % du vote populaire. Sur les 5 902 408 électeurs inscrits sur les listes électorales, seuls 1 393 540 électeurs ont donné leur appui au PQ. On est loin d'un «OUI» à un éventuel référendum portant sur l'indépendance du Québec.

Le Parti libéral du Québec, pour sa part, a obtenu 31,21 % du votre populaire (1 361 618 votes). La différence entre le pouvoir et l'opposition officielle n'est donc que 32 000 voix. Quant à la Coalition avenir Québec, elle a récolté 1 180 758 votes (27,6 % du vote populaire). Vient, loin derrière, Québec solidaire avec 263 233 votes (6,03% des suffrages exprimés).

La CAQ est à 182 000 votes du PLQ et à 214 000 voix du PQ. Grosso modo, le Québec est divisé en trois pointes pratiquement égales. Le Parti libéral, avant les élections, devait composer avec une opposition populaire de près de 70 %. Sans avoir exercé le pouvoir, le PQ se retrouve pratiquement dans la même position, si on additionne les votes exprimés en faveur du PLQ et de la CAQ. Le mandat du PQ débute sur les chapeaux de roues.

Les autobus des différents partis sont sans doute remisés au garage. Le mécanicien peut changer l'huile et vérifier les freins. Il n'est pas impossible qu'ils reprennent la route, dès la fonte des neiges.   

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Commentaires (12)

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  • Les liberals pourraient être isolés longtemps, surtout après Charbonneau. La CAQ n'a pas les moyens $ de retourner en élections avant un bout de temps. Le PQ et la CAQ pourraient très bien s'entendre, après tout les deux ont promis du chagements alors ils ont intérêt à trouver des terrains d'entente. De plus, je crois qu'ils ont plus en commun qu'il n'y paraît. Les anglais disent: "politics makes for strange bedfellows", on secsouvient que les politiciens sont des putains (des députains). Je rapelle que M. Dumont a fait campagne pour le oui en 1995. Legault est un ancien péquiste et l'ADQ était autonomiste... Le PQ a potetiellement là des collaborateurs intéressants et intéressés. 

  • @ Blade791
    Dans notre système politique (et non pas électoral), le Lieutenant gouverneur ne peut PAS décider seul «de donner le pouvoir a l'opposition officielle ou a une coalition». Il ne peut agir ainsi qu'à la demande du Premier ministre. Je vous laisse imaginer Mme Marois présentant une telle requête.

  • Les liberals pourraient être isolés longtemps, surtout après Charbonneau. La CAQ n'a pas les moyens $ de retourner en élections avant un bout de temps. Le PQ et la CAQ pourraient très bien s'entendre, après tout les deux ont promis du chagements alors ils ont intérêt à trouver des terrains d'entente. De plus, je crois qu'ils ont plus en commun qu'il n'y paraît. Les anglais disent: "politics makes for strange bedfellows", on secsouvient que les politiciens sont des putains (des députains). Je rapelle que M. Dumont a fait campagne pour le oui en 1995. Legault est un ancien péquiste et l'ADQ était autonomiste... Le PQ a potetiellement là des collaborateurs intéressants et intéressés. 

  • Pour moi ce sont les liberals qui sont isolés et possiblement pour longtemps dépendemment de la commission Charbonneau. Le PQ et la CAQ pourraient faire un bon bout de chemin ensemble. La CAQ n'a pas les moyens de retourner vite en élection et les 2 ont poussé le changement pendant la campagne, donc ils auraient intérêts justement à faire des changements. Ils pourraient avoir plus en commun qu'on le croit. Comme disent les anglais: "politics makes for strange bedfellows". Bref, les politiciens sont tous des putains (des députains).

  • Le Québec après le 4 septembre...bientôt Mme Marois va demander la séparation
    elle s'en fiche elle a des sous elle est riche, mais les millions de personnes qui touchent la retraite du fédéral est-ce qu'ils ont pensé un peu a ce qui va leur arriver...? a force de baver sur les Anglophone ils vont bientôt faire la grimace
    pour Mme Marois qui entre autre n,est pas très doué en Anglais ce n,est pas son problème bien évidemment, en tout cas il vaut mieux faire attention a ce qu'elle va dire car la marmite risque de sauter

  • Pas sûr que la CAQ est si intéressée à faire partie d'une coalition avec le PLQ. Qu'auraient-ils à gagner? Si cet éventuel gouvernement va bien, que pourrait proposer la CAQ à une prochaine élection.
    La CAQ va plutôt espérer que la commission Charbonneau cale davantage le PLQ et la CAQ pourra alors se présenter comme le seul véritable NOUVEAU parti capable de sortir le Québec de son immobilisme.

  • La CAQ doit continuer à construire son parti ( argent manquant, organisations de comté ). Le PLQ n'a pas de chef et il devra tenir compte de la Commission Charbonneau avant d'avancer trop vite.
    Si les odeurs émanant de la Commission Charbonneau sont trop nauséabondes, je ne crois pas à un rapprochement CAQ-PLQ. Donc, Mme Marois aura un sursis. Je prédis une durée de 14 à 18 mois au gouvernement péquiste.

  • Avec le départ de Mr Charest, le monde politique perd son meilleur jouteur.
    Jean Charest, c’était un peu pas mal le Dale Hunter de la politique.
    Avec sa “belle personnalité”, Mr Charest pourrait se lancer dans une
    carrière d’humoriste. Il pourrait passer du rôle de premier ministre à
    premier humoriste du Québec. Il a assez de talent pour ça...
    Après une dizaine d’année de manipulation fédéralisante,
    l’assemblée nationale change de mentalité:
    PQ QS (et ON) sont souverainistes (56: 40%)
    CAQ est nationaliste-autonomiste (19: 27%)
    PLQ est fédéraliste (50: 31%)
    Il ne reste qu’un seul parti foncièrement fédéraliste.
    C’est la pensée nationaliste, voire souverainiste
    qui reprend désormais le contrôle de l’assemblée.
    J’ose soumettre une hypothèse particulière:
    Le tandem Marois-Legault va-t-il réussir à bien manipuler
    le bon peuple et l’amener à opter pour l’indépendance?
    Bonjour chez-vous!

  • Le Québec après le 4 septembre: steak, blé d'Inde, patate.
    Pis une "touch" de ketchup.

  • @vieuxbouc
    En fait, non. Le PLQ et la CAQ pourraient facilement decider de renverser le gouvernement au prochain bugjet. Dans notre systeme electoral, le Lieutenant-Gouverneur peut decider de ne PAS retourner en election et de donner le pouvoir a l'opposition officielle ou a une coalition. Dans ce cas, PLQ et CAQ pourraient facilement s'entendre sur les politiques de droite et gouverner. Leur difference est plutot identitaire qu'ideologique. Pour ce qui est du PQ, elle ne peut s'allier qu'a QS. Les autres ne voulant rien savoir de son independance. Pour ma part, je ne serais pas surpris que la CAQ laisse le temps au PLQ de se choisir un chef et qu'ensuite nous allons avoir un putsch des deux oppositions sur une entente corruption/menage dans le systeme. Un nouveau chef pourrait se dissocier des "anciennes methodes", appliquer les recommandations de la commission Charbonneau et on retourne ensuite en election "clean" et avec des nouvelles regles de financement.

  • "Il est lié maintenant à un nombre de promesses qu'il risque de ne pas pouvoir tenir dans les prochains mois. Sera-t-il capable de gouverner longtemps, placé dans une telle situation?"
    Moi je pense que Madame Marois a promis la gratuité aux étudiants mais sans le dire ouvertement c'était une sorte de "vous viendrez me voir et on va s'arranger..."
    Mais comme elle ne pourra vraisemblablement tenir cette promesse faite sous la couverture, elle s'agite et parle d'un décret pour passer ce qui était dans son programme avant même de discuter de quoique ce soit d'autre. C'est dire comme elle a peur des étudiants et comme elle ne pense dans le fond qu'en fonction de garder le pouvoir et de nombre de vote.

  • Cette dividion en tiers pour de l'électorat québecois refroifit autant les libéraux que la CAQ pour défaire le gouvernement, Mme marois et le PQ ont donc jusqu'au moins au printemps 2014 pour faire ses preuves, sans donner de date c,esr que François Legault exprime et a déjà trouvé les raisons pour le faire, quand aux libéraux tout d,abord ils leur faut se trouver un nouveau leader, faire face à la Commission Charbonneau mais plus mieux faire chez les francophones, effectivement ils sont 1% derrière le PQ mais très loin derrière et même loin en 3è place.

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