Image d'un ordinateur portable

Des citoyens sélectionnés pour la pertinence de leurs propos Icone tooltip

Charest et Marois: la misogynie

Antoine-Sylvain Côté
 

Antoine-Sylvain Côté

Enseignant de français et ex-journaliste

Dire n'importe quoi, ne prendre aucune responsabilité pour la décrépitude du Québec des neuf dernières années, faire porter le chapeau de son incompétence aux autres, devenir agressif, couper la parole constamment, manquer d'élégance, le vieux lion à la crinière blanche, les yeux noirs comme des billes de haine, Jean Charest, s'en est donné le droit lundi soir lors du duel contre Pauline Marois. Comme si la démagogie, la malhonnêteté, l'hypocrisie et les discours complètement déconnectés de la réalité pouvaient encore atteindre le coeur des Québécois.

Peu importe ce que fera Madame Marois, qu'elle soit bonne ou excellente, nous vivons dans une société misogyne. Elle a gagné aisément le débat contre Jean Charest. Elle ne faisait pas partie de cette chicane dont tous parlent. Elle a voulu exposer le plan de match d'un gouvernement péquiste. Mais nul n'entend. Elle est une femme, et on s'intéresse plus à sa moue, à ses mimiques, à son supposé manque d'émotivité. Personne ne dira qu'elle est probablement la plus compétente et la plus aguerrie de l'Assemblée nationale. Personne. On dira plutôt qu'elle semblait sur la défensive, qu'elle marche sur des oeufs quand elle parle de souveraineté etc. C'est la tare de notre société, cette misogynie. J'espère que ma génération et celles des générations plus jeunes ne perçoivent point l'égalité des sexes de la même manière que les analystes déconnectés de la sphère politique. Éloquente, elle a gagné le duel aisément.

«Vous êtes responsable du salissage de la classe politique, un gouvernement péquiste se laissera gouverner par la rue, on ne peut faire confiance à une dame qui ne peut avancer une date sur un éventuel référendum, elle ne s'intéresse pas à l'économie.» Elle a le dos large, Madame Marois. À dire n'importe quoi, Jean Charest pense que l'on va croire que toutes les erreurs du Parti québécois durant son histoire, toutes les erreurs des neuf dernières années, qui étaient des années de gouverne libérale, sont la responsabilité de Marois.

J'entendais Christine St-Pierre, à Radio-Canada, répéter les mêmes niaiseries. Pas une femme pour se lever et dire: c'est assez, les mensonges. Comment peut-on penser que Madame Marois, avec les valeurs qu'elle a, puisse être cet être machiavélique que Jean Charest a voulu dépeindre? Pourquoi les femmes, plus acerbes encore que les hommes, ne cessent pas cette joute de jalousie et ne la défendent pas avec conviction? Cela me dépasse. Je lisais Foglia, et il me faisait penser à mon père qui ne pouvait rien pardonner à Marois, pas même ses mèches rebelles alors qu'il buvait les paroles insensées de Jean Charest quand il prétendait que la chef péquiste encourageait la désobéissance civile. Foglia écrivait que Marois le laissait froid, mais oh, il se pâmait devant l'utopiste Françoise David, car elle est, comme son parti, fragile, donc inoffensive pour ceux qui ne voient la force et la détermination que dans ce qui pend ostensiblement entre les deux jambes.

Pauline Marois s'est fait interrompre sans arrêt lors du débat, elle a dû rester calme devant un interlocuteur très agressif, elle a dû accepter d'entendre des âneries pendant une heure. Mais puisque l'égalité des sexes, ce n'est que pour les apparences... C'est une femme de talent, j'ai hâte qu'on le crie.

Partager
Image d'un ordinateur portable

Des citoyens sélectionnés pour la pertinence de leurs propos Icone tooltip


Commentaires (21)

Commenter cet article »

  • Petit billet, très petit billet.

  • Et apres les femmes veulent etre égales dans tout. Encore un autre article qui dépeint la femme comme victime des méchants males. Si les femmes ne sont pas capables d'etre dans l'arene politique (parce que difficile) qu'elles fassent autre chose. Votre ton est franchement paternaliste. Pauline Marois, si elle veut etre premiere ministre, elle devrait etre en mesure de faire face a la musique.

  • Bonjour,
    Merci pour votre honnêteté, M. Côté. Les hommes qui ont confiance en eu n'hésitent pas à soutenir une femme forte. Et le travail d'équipe qui en découle est d'autant plus fin, complexe et intelligent.
    De voir une femme première ministre arriver au pouvoir va permettre à une grande partie de la population de voir tous les bienfaits d'une dynamique plus féminine. Et pour ceux qui s'inquiète de voir les hommes diminués, en fait, c'est le contraire qui va se passer. Ça va donner un nouvel élan à la compétence masculine.
    J'en sais quelque chose puisque je suis une femme qui travaille dans un domaine traditionnellement occupé par les hommes et les femmes prennent de plus en plus leur place. Et mes collègues masculins ne doutent aucunement de tous les bienfaits de cette dynamique changeante.

  • Pour ma part j'ai vu des chefs de partis politiques qui se chicanaient pour obtenir le poste de pouvoir convoité. Ça n'avait rien à voir avec la guerre des sexes que vous décrivez. Plusieurs en ont assez de ces conceptions qui divisent les Québécoises et Québécois.

  • "Le complexe de persécution féministe, pu capable!"
    Je comprendrais si c'était IMPOSSIBLE...
    Mais ça existe encore.
    Si Marois avait eu la même attitude que Legault et Charest, on l'aurait vertement critiquée.
    Elle n'a pas été LA MOITIÉ de ça, et on la critique plus que les deux autres...
    Je vous dresse le topo: premier débat, Charest ne cesse de l'interrompre. Elle demeure d'un calme SOUVERAIN.
    Deuxième débat, Legault s'enligne pour faire la même chose que Charest, EN PIRE! Il pose plusieurs fois de suite la même question en interrompant chaque tentative de réponse par des "allez-vous répondre". Alors Marois n'a pas eu le choix, avec un modérateur aussi inutile que Pierre Bruneau, si elle n'avait pas joué la même "game" que Legault, elle n'aurait pas placé un mot.
    J'en mettrais ma main à couper: si Marois avait agi comme Legault, on la traiterait de mégère, on dirait qu'elle n'écoute rien et bla bla bla.

  • En ce qui me concerne, je dois classer ce texte dans la littérature bas-de-gamme. Accusations non prouvées, allégations, affirmations gratuites, insultes, biais. L'auteur pourrait être poursuivi en justice pour libelle. On ne tire pas de roches quand on habite une maison de verre...
    Claude Dufour

  • M. Legault, dans la deuxième partie du débat, a servi à Mme Marois la même recette qu'elle lui avait servi dans la première partie. Elle ne le laissait pas placer un mot. Elle avait fait la même chose avec M. Charest. Elle se fatiguait dans la première partie et se faisait laver dans la deuxième. Elle a agit comme un boxeur sans expérience qui donne tout dans les premiers rounds et ne peut pas terminer le combat. Pour ce qui est de la misogynie, vous avez tout faux.

  • Très vrai que monsieur Charest a été aussi désagréable que possible pendant le débat avec madame Marois. Vrai qu'il l'interrompait constamment. Et il semble bien que cela a desservi monsieur Charest si on en croit les commentaires qui ont suivi. Monsieur Charest sait très bien qu'il est en difficulté et sa tactique n'était pas la meilleure. Il aurait fait la même chose avec avec Legault, un homme, s'il n'avait pas lu les mauvaises critiques qu'on a faites sur lui dans ce face à face avec Marois. En faire un combat de misogyne me parait complètement farfelu.

  • de la petite gaugauche qui pleure quand ca parle fort... pauvre incompris. la vie c est comme une jungle , le plus fort l emporte point. encore une fois les vieux complexes judeo-chretiens sont a l oeuvre, y est temps que ca change. marois n avait qu a s imposee, ce qu elle a echouee.

  • Je partage entièrement votre opinion M.Côté. Vous faites une bonne analyse de la situation.


  • Je suis tellement d'accord avec vous monsieur Côté! Et nous sommes plusieurs, dans mon entourage, à penser ainsi. Même ma nièce de 17 ans n'en revenait pas, elle a dit que Legault lui tapait sur les nerfs car il parlait fort et ne laissait jamais Marois parler librement.

    Le lendemain du débat à quatre, le journaliste Bovet et Frulla-Hébert ont dit à la télévision qu'ils avaient trouvé madame Marois agressive. Agressive? J'ai envoyé un courriel aux ex de RDI pour leur demander comment ils l'auraient jugée si elle avait été un homme. Combative? Énergique?

    Après les face-à-face, on a très peu parlé de l'agressivité de Charest et Legault. Je n'en revenais pas à quel point ils ne laissaient pas parler madame Marois. Ceux qui disent qu'elle interrompait devrait peut-être visionner à nouveau les débats pour voir qu'elle avait de la misère à placer un mot.

    Quant à L Moga... quand on veut critiquer, il me semble que le minimum c'est de lire un texte au complet, et dire POURQUOI on n'est pas d'accord. Mais je crois que les arguments vous manquent, car vous avez vu les mêmes débats que monsieur Côté.

  • Vous avez raison!
    Et Legault coupait la parole sans arrêt,: Répondez madame Marois, répondez, blablablablabla...'' Elle ne pouvait pas répondre, on n'entendait que sa grosse voix.
    Fatiguant.
    Moi je vote plus CAQ, car il me tappe trop.
    mimi

  • Marois s'est comporté de la même manière que Charest dans le débat des chefs de dimanche, elle interrompais sans cesses, et en plus pour dire des phrases creuse comme : "J'en reviens pas... j'espère que vous aurez pas un autre mandat...." Donc de dire que Chareste levais le ton lundi, oui, mais ce n'étais pas gratuit.
    Vous avez hâte qu'on crie au génnie devant Marois? Mais il s'agit d'une simple opinion, parce que, elle ne l'es pas génial. Elle à mutiplié les gaffes et décisions qui ont causé du trouble au Québec du temps qu'le PQ étais au pouvoir, et maintenant, elle ne fait que se contenter d'essayer de plaire à tout le monde, sans être capable de nous présenter quoi que ce soit de concret. Alors pour la GRANDE Mme Marois... on repassera.

  • Sérieusement, c'est le meilleur article que j'ai lu depuis le début des débats! Mais peu importe ce que l'on dit, les Libéraux se voilent la face et ne vont répondre encore que des conneries ou faire des remarques cyniques, exactement comme ceux en-haut.

  • Pour moi il y a une partie de vérité dans vos propos.
    Si madame Marois s était comportée comme monsieur Charest lors du duel ,le lendemain on l aurait traitée d estie de folle hystérique. Excusez mes mots vulgaires mais pour fin d illustration ils étaient nécéssaires.
    Qu un seul partisan du PLQ vienne prétendre le contraire juste pour voir.
    Je ne tente pas de défendre madame Marois loin de là car l actualité démontre qu elle est elle même capable de se placer toute seule dans le cambouis mais force est d admettre que ce qui a été accepté comme comportement de monsieur Charest ne l aurait pas été pour la chef du PQ.

  • Voilà en plein le genre de discours accusateur qui pourrait me faire déserter le PQ pour la première fois de ma vie. Le complexe de persécution féministe, pu capable!

  • En prétendant que Marois n'est pas capable de faire face à la musique, c'est vous qui êtes misogyne, car vous êtes incapables d'imaginer une femme résister aux attaques de ses adversaires.
    Les femmes que j'ai connu, particulièrement en politique, sont fières et solides. Elles sont capables de se défendre.
    Si vous chosissez de voir les femmes comme des êtres fragiles, incapables de se défendre, c'est votre affaire.
    Vous vous plaignez de la manière dont certains journalistes traitent Marois.
    Relisez votre texte: Vous vous attaquez à Charest de la même manière.
    La misogynie que vous décrivez est anecdotique. Si les gens aiment ou n'aiment pas Marois, ça n'a aucun rapport avec son sexe.

  • La chemise d'un livre annonce son contenu.

  • Je viens de comprendre le pourquoi de:"ex-journaliste"

  • Lisez le reste. Il n'y a pas lieu à censurer.

  • Je suis surprise que votre texte ait été choisi parmi des textes sélectionnés pour la pertinence de leur propos. Je crois que les blogueurs qui se permettent autant que ce qui est exprimé dans votre premier paragraphe se feraient censurer. Je n'ai pas lu le reste de votre écrit.

Commenter cet article

Vous désirez commenter cet article? Ouvrez une session | Inscrivez-vous

 

Veuillez noter que les commentaires sont modérés et que leur publication est à la discrétion de l'équipe de Cyberpresse. Pour plus d'information, consultez notre nétiquette. Si vous constatez de l'abus, signalez-le.

publicité

publicité

la liste:9856:liste;la boite:1830524:box; Le tpl:300_op-articles-photos.tpl:file;

LE CERCLE LA PRESSE >

Des citoyens sélectionnés pour la pertinence de leurs propos Un groupe de commentateurs citoyens qui profitent d'une vitrine exceptionnelle sur l'accueil du site web. Les membres sont sélectionnés par la salle de rédaction pour la pertinence de leur propos, leur expertise, le style et la qualité de leur écriture.

Participez

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

image title
Fermer