Mr Aubin, le contexte historique de la rédaction de la PIDESC est passé sous silence. Elle fait partie des trois documents fondamentaux rédigés par les Nations-Unies, mais on doit se rappeler qu'il aura fallu 10 années avant que le Canada signe le pacte. Ce document, vieux de 46 ans, a un grand besoin de dépoussiérage. De plus, il est à noter que la DUDH, ainsi que les deux autres pactes, sont des énoncés de principes. Il n'y a pas d'obligations précises ni de recours prévus.
Ceci étant dit, vous utiliser la PIDESC directement pour donner une note négative (ne respecte pas nos engagements) en matière d'éducation. Vous sous-tendez que les efforts (depuis 1968) sont insuffisants. D'entrée de jeu, il faut remarquer que le Canada n'a pas ratifié le PIDESC avant 1976, et que son implantantion a été fait sur une période prolongée.
Je vous ramène donc à la PIDESC et son premier article:
1. Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel.
Quand la situation change, on s'adapte. Mais en bout de ligne, l'engagement pris par le Canada peut être suivi ou non. Ce droit à l'auto-détermination n'est pas linéraire (d'un article de droit à un autre ou d'un pacte à un autre), mais bien holistique et multifacetté.
Ce qui m'amène au second point: De la façon que vous présentez la PIDESC, vous donner un rôle central à l'éducation alors que ce Pacte prévoit des mesures dans plusieurs sphères d'activités: droits non-discrimination, égalité des sexes, droit au travail, droits sydincaux, sécurité sociale, etc. One donne pas un ordre hiérarchique de ces droits. Chacuns a son importance, mais ne peut être analysé en isolation. Chaque décision prise aura un effet sur les autres droits. Les divers rapports sur les dispositions prises par les paliers de gouvernment relatif à la PIDESC sont nombreux et démontrent les effets perverts de décisions prises en isolation et de façon linéaire.
Bien que la PIDESC donne une place importante à l'éducation, elle n'est pas nécessairement centrale. Des dispositions visant l'éducation ne peuvent être prises seulement en fonction des étudiants et de leurs droits. Votre analyse doit donc être plus nuancée et démontrer comment le droit à l'éducation post-collégial peut être inséré comme une pièce maitresse du document dans l'élaboration d'un projet sociétal, non pas comme une obligation dû à un article.
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Mr Aubin: Intéressant. La réponse à vos questions n'a pas parue. Pourtant il n'y avait rien d'offensant. Je latrouve bizarre celle-là....
Bonjour captrjd. Je ne sais pas comment vous concluez que je considère les étudiants (e)s comme le centre de l'Univers et j'aimerais bien savoir qu'est-ce qui vous amène à dire que mon raisonnement est linéaire?
Bonjour Piri.
Je vous invite à lire mon commentaire suite à celui de Balde 791. Malheureusement si, les étudiant (e)s sont convaincu (e)s que la gratuité scolaire est un droit, quel autre choix ont-ils(elles)? Comme je l’ai souligné dans mon article, possiblement qu’avec notre appui, la grève ne serait pas nécessaire. Le droit à l’éducation n’est pas un enjeu seulement pour les étudiants (e)s, mais pour les communautés qui se respectent et respectent leurs obligations. Que les étudiants (e)s retournent en classe, ne veut pas dire que la cause du problème est réglée. Une grève à tous les 5 ans sur le même enjeu! Le retour en classe par la soumission, la seule absence de grève, ne sont pas des signes d'une saine relation et ne sont pas la preuve que Québec s'acquitte ses obligations. Au plaisirLe débat au sujet des coûts d'étude en est un de société où beaucoup de préjugés restent.
L'un d'entre eux est certainement que des étudiants formés sont forcément compétents. Les études ne sont qu'un début et la vraie compétence se fait jour par des dons particuliers et l'expérience.
Celui, ou celle, qui arrive à mettre en valeur ses dons particuliers au fil de ses expériences rend un grand service à ses employeurs ou clients. Normalement ça se fait sur la base de ce qu'il a appris mais pas forcément, tout arrive dans notre petit monde. Évidemment le besoin de se renseigner, de se tenir à jour dans son propre domaine en fait partie.
Les études deviennent essentielles pour les incompétents. Plutôt spéciale cette assertion, non ? Les études servent aussi à baliser le travail pour éviter les pires gaffes, ce que j'ai constaté principalement dans le monde de l'enseignement primaire parce qu'il est plus facile d'y relever les profs incapables. Au moins ils ne scrappent pas leurs étudiants je dirais, ce qui est un moindre mal.
Un autre préjugé est de croire que les universités les plus élitistes forment de meilleurs professionnels. Faux et archi-faux. Elles donnent l'environnement nécessaire pour les chercheurs de pointe et théoriciens de tout poil mais créent un nombre impressionnant de penseurs décrochés qui ne se fient qu'à leur propre intelligence, ce qui représente une impressionnante catastrophe à l'échelle planétaire.
C'est nécessaire et bien joli, la théorie. Mais à quoi ça sert pour ceux qui desservent les autres au jour le jour ?
Un autre préjugé bien ancré dans notre société vient d'une perversion des paroles de Darwin et de la théorie de l'évolution. Cette "lutte pour la survie" si chère aux idées de droite, souvent renommée en "survie du plus fort", est battue en brèche par la réalité.
Bien sûr sur une base ponctuelle on sait que le lion tue la gazelle la moins alerte lors de l'attaque et je ne me risquerai pas dans un ring de boxe devant un champion.
Mais si on regarde, non la survie de l'individu mais celle de l'espèce ou du groupe, on arrive vite à une conclusion toute autre.
Les tribus moins évoluées techniquement que les explorateurs ont "découvertes" n'ont jamais planté leurs éclopés ou leurs vieux seuls pour les laisser mourir où que ce soit sauf exception rarissimes. On trouve des exemples du même genre dans les fouilles archéologiques, par exemple des gens qui avaient des membres fracturés qui ont ensuite guéri, ce qui implique de l'aide, et mal, ce qui implique qu'ils ne pouvaient plus chasser. Pourtant ils sont morts de maladie ou de vieillesse, pas d'abandon!
Jusqu'à ces derniers siècles les vieux étaient honorés, les jeunes, considérés comme une richesse, les infirmes respectés, du moins dans les petits ensembles parce qu'on sait ce que les civilisations dites "évoluées" on pu perpétrer : enfants tués dans la Rome antique, infirmes tournés en bêtes de foire depuis le 16ème siècle en Occident et jusqu'avant la Seconde Guerre Mondiale, la réduction de l'humain à un "élément productif" mène a d'étranges extrêmes.
Tout ceci pour dire que la survie du plus fort chez les espèces et les sociétés n'est pas un loi mais un effet du hasard et de la nécessité selon des événements sur lesquels nous n'avons aucune prise.
Dans le cas qui nous occupe ici il est assez évident que certains considèrent la jeunesse comme une richesse "qui sera compétente et aider la société", méchant préjugé, et d'autres que c'est aux jeunes à se débrouiller pour devenir "riches", autre méchant préjugé.
Si l'on parle de survie de société, et je n'ai pas l'intention d'aller vivre en ermite dans une caverne, le besoin de formation jusqu'au moment de l'arrivée sur le marché du travail, non d'un individu mais d'une génération au complet, est un besoin de base. Je ne parle pas de secondaire mais d'amener le plus de personnes possibles jusqu'au seuil de la productivité.
Quant à savoir s'ils seront "bien" formés, c'est une autre histoire. On ne peut débattre de tout en même temps.
Le rapport Parent a été rédigé alors que la majorité au Québec était formée d'illettrés fonctionnels, i.e. des gens incapables de comprendre un article "moyen" dans un journal "moyen". Cette majorité, environ 55%, montait à plus des deux-tiers si l'on ne tenait compte que des francophones. Or la situation du Québec dans le monde a changé drastiquement: tous les marchés sont maintenant mondiaux et l'économie se mesure en terme de comparaison de la même façon dans une monde de plus en plus compétitif.
Nous n'en sommes plus à assurer un enseignement primaire pour tous, et de loin. Le secondaire ne suffit évidemment plus, idem. Restent quelques exceptions, des métiers de la construction par exemple mais pas tous et de loin.
Ce qui me chicotte, c'est que le niveau d'analphabétisme pratique ici n'a pas beaucoup baissé depuis le rapport Parent alors que le nombre de diplômés a explosé, ce qui signifie que l'écart entre riches et pauvres se creuse de plus en plus si vous me permettez ce raccourci. À moins bien sûr que plusieurs diplômés ne soient des analphabètes ? Ou que les analphabètes soient riches ? Je doute des deux.
En gros je dirais que, d'une part, l'amélioration de l'enseignement primaire est une urgence absolue si l'on souhaite une société le moindrement juste, ce qui n'est pas le cas pour l'instant.
D'autre part, l'enseignement supérieur fait absolument partie des besoins de notre société à défaut d'en être un pour chaque individu. La gratuité doit rester dans la mire, pas le contraire.
Note à Blade791 : Votre lecture de l'article C que vous soulevez est particulièrement déficiente.
"Notamment" ne signifie absolument pas "possibilité" mais "EN PARTICULIER" avec un sens qui accentue la priorité. Ce n'est pas qu'une OPTION mais LA TOUTE PREMIÈRE OPTION À CONSIDÉRER. Vous ne faites pas dans la nuance ici mais dans le saccage de texte.
Je vous fais remarquer au passage que ce texte issu de l'ONU concerne toute la planète y compris des pays d'une pauvreté accablante. Difficile d'exiger la gratuité des études supérieures dans ces conditions mais elle y est FORTEMENT suggérée malgré tout. Vous frisez le déni dans ce que vous essayez de faire passer pour une analyse.
Les prêts et bourses ne sont pas à rejeter en autant qu'ils sont conçus, pour les prêts, à permettre à l'étudiant de survivre et se consacrer à ses études. Sinon que le gouvernement donne directement l'argent à l'institution, c'est d'une évidence crasse. Les bourses vont dans le même sens et d'ailleurs celles données par les universités vont justement dans ce sens.
Le gouvernement joue sur les mots quand il accorde des prêts et bourses comme des dons de seigneur tout en reprenant les sous via frais de scolarité. Mais peut-être est-il plus visible de lancer des chiffres sur ces oboles que sur le financement des universités ?
Que je sache ces prêts sont justement des prêts, pas des dons. Ce que le gouvernement fournit est l'intérêt sur un prêt tant que l'étudiant est inscrit. Cet intérêt va, comme tout le reste, dans les coffres de banques qui se dépêchent de l'utiliser pour des placements internationaux y compris dans des compagnies qui font travailler des enfants ou vendent des armements. Personnellement ça me débecte.
Le gros bon sens voudrait que les prêts soit accordés par les Universités regroupées en banque sur la base d'un capital fourni par la Caisse qui, elle, y prendra bien sûr son profit. Le profit quand il finira par y en avoir après avoir remboursé la Caisse, sera redistribué selon un calcul très simple aux institutions constituantes (sous-entendu: pas question qu'une Université crée sa propre banque si vous suivez mon regard...). Ceci pour le long terme évidemment mais alors il faut commencer tout de suite.
L'éducation est en soi un placement, alors pourquoi ne pas la rendre payante partout où nous le pouvons ?
Entretemps et avant d'en arriver à la gratuité complète, il faut améliorer l'enseignement au primaire (sans taper sur la tête des profs, je vous en prie! Ils en ont trop déjà.) et certainement pas au moyen d'une autre belle réforme.
Et puis faire le maximum pour empêcher la hausse des frais.Bon matin Blade791. Merci de votre commentaire. Le PIDESC est un document complexe.
Le Module 9 des obligations des états et des acteurs non étatiques publié par le Human Rights Resource Center donne une vue sur la nature et portée de clause «la réalisation progressive des droits» :
«On admet normalement que, parce qu’on exige des ressources pour faire valoir les droits ESC, on ne peut pas les mettre en œuvre immédiatement. Cependant, le CDESC(1) a affirmé:
Néanmoins, le fait que le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels prévoit une démarche qui s’inscrit dans le temps, autrement dit progressive, ne saurait être interprété d’une manière qui priverait l’obligation en question de tout contenu effectif. D’une part, cette clause permet de sauvegarder la souplesse nécessaire, compte tenu des réalités du monde et des difficultés que rencontre tout pays qui s’efforce d’assurer le plein exercice des droits économiques, sociaux et culturels; d’autre part, elle doit être interprétée à la lumière de l’objectif global, et à vrai dire de la raison d’être du Pacte, qui est de fixer aux États partis des obligations claires en ce qui concerne le plein exercice des droits en question. Ainsi, cette clause impose l’obligation d’œuvrer aussi rapidement et aussi efficacement que possible pour attein¬dre cet objectif.
Le CDESC a exprimé clairement que « réalisation progressive » n’est pas une clause de sauvegarde. Il a aussi conclu que « réalisation progressive » comprend non seulement des améliorations continuelles, mais aussi l’obligation de prévenir les régressions. Le comité a af¬firmé que « toute mesure délibérément régressive dans ce domaine doit impérativement être examinée avec le plus grand soin, et pleinement justifiée par référence à la totalité des droits sur lesquels porte le Pacte, et ce en faisant usage de toutes les ressources disponibles ».
En me basant sur :
1) cette interprétation de source crédible;
2) les articles 44MrAubin, Mr Aubin.....La terre est ronde, pas plate. Et, tout comme celle-ci, les étudiants ne sont pas le centre de l'univers. Lire les textes et les interpréter de façon linéaire ne rendra pas votre argument plus vrai.
@Blade791......bien dit.
Vous savez que souvent on li et interprête ce que l'on veux entendre et comprendre.
Donc M. Michel Abin, svp, reliser vos articles et arrêter de faire une interprétention erronnée pour nous convaincre que le boycotte des étudiants était nécessaire. Aujourd'hui TOUS sont retournés en classe avec les conséquencesque cela va entrainer sur leurs éducations.Desole, mais vous avez mal lu le PIDESC (http://www2.ohchr.org/french/law/cescr.htm). Le point C ne statue pas que l'education superieur DOIT etre gratuite, mais qu'elle doit etre accessible a tous. La gratuite n'est qu'une OPTION pour arriver a ce but.
"c) L'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité, en fonction des capacités de chacun, par tous les moyens appropriés et notamment par l'instauration progressive de la gratuité;"
notamment enonce une possibilite, pas une obligation. En ce sens, les prets et bourses SONT une facon de rendre l'accessibilite a tous, au meme titre que la gratuite le serait. En contreparti le point a) est, lui on ne peut plus clair:
"a) L'enseignement primaire doit être obligatoire et accessible gratuitement à tous;"
CA c'est une obligation. Si le but du PIDESC etait de donner l'enseignement gratuit, il l'aurait enonce de la facon suivante:
"c) L'enseignement supérieur doit être rendu gratuit pour tous de maniere progressive afin d'en permettre l'accessibilite en fonction des capacités de chacun;"
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