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L'éducation : un enjeu primordial pour la protection du français

Charles Bourgeois
 

Charles Bourgeois

Étudiant en enseignement du français au secondaire à l'Université de Sherbrooke

Depuis le début des élections, l'éducation est un enjeu important au coeur des différents débats. D'entrée de jeu, je trouve que le français est une très belle langue et je me considère comme un privilégié de pouvoir bien la maîtriser.

J'ai souvent rencontré des gens qui n'avaient pas beaucoup d'éducation et qui avaient un français écrit et parler qui était horrible. J'ai également rencontré des étudiants qui avaient beaucoup de difficulté en français. Écoutez les gens parler et vous entendrez souvent des expressions comme : si j'aurais, avez-vous tu et le fameux verbe «jouser». Je ne suis pas fâché du tout contre eux ; je suis triste. Ce texte n'est pas non plus destiné aux professeurs, car ils pratiquent le plus beau et le plus difficile métier au monde. Je crois que le gouvernement ne donne pas les ressources nécessaires aux enseignants. Cela doit certainement avoir un impact sur les étudiants. Comment la ministre de l'Éducation peut-elle m'expliquer que des étudiants de niveau collégial ne maîtrisent pas leur langue maternelle ? Plus que jamais, l'éducation doit être un enjeu présent dans les débats.

La réforme scolaire a nui à l'apprentissage de plusieurs étudiants. Le gouvernement a carrément distribué des diplômes à rabais. Le Parti québécois a imposé un système bâclé où personne ne s'y retrouvait. Par après, le gouvernement libéral a improvisé dans ce dossier. Je ne me rappelle plus du nombre de fois où ils ont changé le bulletin. On ne sait plus si on doit parler de connaissances ou bien de compétences. Je crois que le gouvernement doit trouver des moyens de protéger la langue française et cela passe par un meilleur système d'éducation. Au lieu d'investir 240 millions dans des tableaux blancs interactifs, nous devrions investir dans des actions concrètes pour fournir des ressources ou de l'aide aux professeurs.

Je ne crois pas que l'apprentissage du français doit se faire au détriment des autres langues. J'ai étudié en Art et lettres, profil Langues modernes et j'en suis très fier. C'est pour cette raison que je m'oppose à l'instauration de la loi 101 au collégial. Ce n'est pas en obligeant les jeunes à aller au cégep en français que nous allons leur faire apprécier notre langue. Les gens doivent pouvoir décider de leur avenir rendu aux études supérieures. Un jeune de 18 ans ne perdra pas sa langue en allant à une université anglaise. De toute manière, si un jeune ne sait pas écrire de manière convenable à 18 ans, c'est qu'il y a un sérieux problème dans notre système scolaire.

Nous devons être plus rigoureux et sévères. Je ne demande pas aux gens d'être parfaits, car la perfection n'existe pas. On dirait que ce n'est pas à la mode d'être studieux. Il faut changer cette mentalité et c'est le seul point où j'accuse la population. Redonnons au système d'éducation ses lettres de noblesse en combattant l'intimidation et en faisant comprendre que les Québécois veulent un système qui favorise la maîtrise de la langue. Notre langue nous différencie du reste du Canada et des États-Unis. C'est en acceptant nos différences que nous deviendrons plus ouverts au reste du monde. J'aimerais avoir plus de solutions pour régler ce problème, mais je n'en ai pas pour le moment. Je crois que dénoncer le problème est un début de solution.

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Commentaire (1)

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  • Je fais toujours le comparatif un peu étrange entre la langue et un véhicule dans le genre de voiture. On se demande pourquoi on voit encore des gros chars qui consomment sur les routes ? Parce qu il y en a. C est pas plus sorcier que cela, celui qui veut consommer va acheter ce que les vendeurs lui offrent.
    C est la même chose avec la langue. Nous consommons ce qu on nous offre. Si on nous donne le choix on va parfois choisir à gauche, parfois à droite.
    Et puis quand vient le temps de choisir les accessoires on y va avec nos moyens. Les options et facteurs influents pour notre belle langue sont nombreux. L exemple donné par le milieu familial et le respect que ce noyau exige,l influence des amis et de leur propre régistre de valeurs et la permissivité quotidienne de la société tant au niveau scolaire que culturel.
    Mais ce véhicule de notre culture et de notre identité est trop important pour être laissé au hasard par tous ceux qui sont chargés du moule qui suivra l humain tout au long de sa vie. Me font rire ceux qui se cachent derriere la sévérité de mesures potentielles pour ne pas plutôt profiter du fait que dans la vie, il faut être exigeant envers nous même et envers les autres pour atteindre notre plein potentiel. Je vois mal de toute facon comment un québécois peut ne pas passer presque naturellement par l influence anglo-saxone de notre société.
    Et à la base ne serait ce que pour des fins d enrichissement personnel, on s entend que plus on est cultivé mieux c\'est et c est aussi vrai coté linguistique. Plus on maitrise de dialectes plus on peut communiquer avec le monde.
    Le problême c est qu on veut profiter du fait que plus on est jeune plus notre éponge de connaissance est assoiffée pour ne pas inculquer un sentiment clairement identitaire chez le jeune québécois moyen. On étale alors toute la panoplie d excuses péjoratives et réductrices alors qu on devrait plutôt parler du bon apprentissage de notre langue comme d une fondation sur laquelle bâtir un régistre complet de maitrise linguistique.
    Moi qui suis de plus en plus contre tout retour dans les vieilles méthodes pour se sécuriser dans les acquis ,je ne peux que déplorer la discipline qui était autrefois imposée aux étudiants pour constamment se remettre en question au niveau linguistique. Ainsi je serais curieux de savoir si certains se relisent afin de réviser la construction de leurs commentaires tant au niveau grammatical que structurel. Je le fais toujours avec la conviction que j ai fait des erreurs que je ne saurais voir mais au moins je fais l effort d en corriger quelques unes. C est un exemple comme ca mais c est juste pour illustrer qu avec moindrement de respect encers notre langue on apprend à étendre ces habitudes au reste de notre vie.
    Or le mot clé de tout cela c est imposer. C est un aspect moins plaisant de l apprentissage quand tu te fais imposer. C est pas rendu au niveau collégial que tu vas changer le moule linguistique déja acquis chez un jeune. C est bien plus facile et efficace de bien former quelqu un que de devoir modifier sa structure plus tard.
    Si nous devons imposer des mesures plus strictes et définies c est dès la jeune enfance jusqu à la fin des études secondaires.
    Pour cela il faut avoir un programme solide et simple,un moteur exemplaire et un suivi quotidien. Le professeur qui ne sait ni écrire ,ni parler ,ni lire ne devrait pas avoir la tâche de transmettre ses carences mais bien plus sa passion.
    Mais ensuite, une fois revenu à la maison,quels exemples,quelles habitudes donnons nous comme héritage familial et linguistique aux jeunes ?
    Nous avons accepté la médiocrité de certains afin de mieux faire paraitre la moyenne de tous aux yeux de...Aux yeux de qui au juste ? Qui a dit que l école devait être facile et plaisante? Qui donc croit vraiment qu on peut tout aimer et tout réussir ?
    Le laxisme que nous permettons aux étudiants dans toutes les matieres mais particulierement en francais sera leur boulet pour le reste de leur vie. Nous serons alors collectivement passés à autre chose et se seront débarrassés d un grain de sable dans l engrenage.
    Cessons de chercher la recette magique par le biais de réputés pédagogues et concentrons nous sur la base de l apprentissage. La matiere et le moteur.

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