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"La belle vie"

Gaell Magne
 

Gaell Magne

Aussitôt qu'on fait un commentaire négatif sur la jeunesse québécoise, c'est toute «la gauche» (principalement) qui s'embrase. C'est tout le monde qui y va de sa critique, commentaire, voire même insulte! On dirait que les jeunes sont parfaits, qu'ils n'ont plus besoin de s'améliorer... Bien sûr! Ils ont été capables de tenir tête au gouvernement en manifestant pendant des mois. Par conséquent, ils sont TOUS braves, courageux, impliqués, engagés, responsables, brillants quoi!

Toujours est-il que les chiffres sont là pour nous faire atterrir. Les chiffres sur le décrochage scolaire parlent d'eux-mêmes!

Au lieu de s'en prendre au messager est-ce possible de se concentrer sur le message?

Un dicton populaire dit qu'il n'y a que la vérité qui blesse. Là je pense qu'elle a frappé en plein dans le mille quand je regarde le nombre de blessés.

Oui, il y a des jeunes qui travaillent à temps partiel pour subvenir à leurs besoins.

Oui, il y a des jeunes consciencieux, soucieux de leur avenir, qui ont à coeur le dépassement de soi, la réussite...

Oui, il y a des Léo Bureau-Blouin, Gabriel Nadeau-Dubois et autres Martine Desjardins parmi les jeunes, qui s'impliquent, et s'engagent...

Et c'est génial.

Mais on aimerait en avoir davantage.

Que fait-on des 20 ou 30% de jeunes qui décrochent?

Que fait-on des 50 voire 60% des jeunes qui refusent délibérément d'aller voter?

Maintenant, ce sont les artistes qui font des promos pour les encourager à s'exprimer.

Maintenant, les fédérations étudiantes demandent même d'avoir des bureaux de vote sur les campus pour les encourager à aller voter, comme on le fait pour les aînés. Se comparent-ils vraiment aux aînés? Qui eux ont déjà tout donné? Qui ne sont plus jeunes, pleins d'énergie et qui ne peuvent plus se déplacer aisément?

Si la jeunesse veut avoir les avantages des aînés, alors on a un sacré problème.

Ailleurs, c'est au prix de leur vie que les gens réclament ce droit de vote! On l'a vu ces derniers mois avec le printemps arabe. A-t-on besoin d'exemples supplémentaires?

Il faut repenser les concepts de valorisation de soi, de dépassement, d'abnégation, de réussite, de fierté. Il faut en connaître la valeur, il faut se l'approprier, il faut en faire nos leitmotive.

Il faut arrêter de se contenter de peu, de se caresser dans le sens du poil, d'être passif, permissif.

Il faut sortir de notre zone de confort et voir plus loin que le bout de notre nombril.

Il ne faut pas avoir peur de la critique, car c'est elle qui nous permet d'avancer, surtout quand elle nous concerne, nous les jeunes. Pour paraphraser un Président, la jeunesse c'est «le fer de lance de la nation». Elle doit être outillée au mieux afin de continuer à travailler pour un meilleur Québec (souverain ou pas).

PS : je ne suis pas une matante, j'ai 25 ans, et ce message est aussi valable pour moi!

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Commentaires (3)

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  • J'abonde dans le sens de noirod avec quelques idées supplémentaires et beaucoup de bémols: je suis né à une époque connue maintenant comme obscure, celle de Duplessis.
    Des milliers de personnes aiguisaient alors leur sens critique envers le régime et remettaient en question chacune de leurs idées pour en arriver à un projet de société "quand ce sera le temps". Par exemple mon père, profondément religieux et anticléricaliste à tout crin, se pliait au discours du curé tout en rageant à la maison.
    C'était l'époque des Foyers Notre-Dame par où sont passés entre autres Michel Chartrand et bien d'autres : dans le cadre de rencontres religieuses se formaient ce qui explosera quelques années plus tard à force de rigueur de pensée et d'attente.
    Alors le cadre de pensée et d'action était facile à saisir, simple. On savait ce contre quoi on était et ce qu'on souhaitait dans une société étriquée, névrotique devrai-je dire.
    Il y avait le pouvoir, le gouvernement et l'Église, les pauvres et les capitalistes primaires, restait à se former une idée en soi sur ces bases.
    Maintenant de base il y a peu: on ne parle plus de pauvres mais de BS-qui-profitent-du-système, de capitalisme qui devrait finir par enrichir tous ceux qui veulent... et donc les BS font exprès pour y rester, de religion qui est un modèle de pensée et non une valeur morale (ben... sauf pour le maire de Saguenay évidemment), de mondialisme absolu comme une norme, de tout-le-monde-est-pareil-en-autant-qu'il-a-du-fric, et toutes les valeurs sont égales dans un monde pour le moins déboussolé.
    Je sais bien que sauf rare cas les BS ne sont pas du tout des profiteurs, que la religion exercera toujours une forme de contrôle moral sur ses ouailles, que le but du capitalisme n'est surtout pas d'enrichir tout le monde et que le mondialisme néolibéral actuel est le premier et le plus pervers ennemi possible de toute forme de capitalisme. Quant aux valeurs toutes égales, je regrette mais mes propres valeurs ne sont pas égales entre elles, alors...
    Sauf qu'il est difficile de développer un discours contre ces charges tout azimut. La vision humaniste a perdu son discours et nage en pleine brume à force de se faire talonner par des pensées retorses et, faut bien le dire, tordues.
    Le simple fait de penser autrement qu'en novlangue est épuisant. Il est facile de dire que les "jeunes" sont incapables de se mobiliser mais au nom de quoi le feraient-ils alors que les mots les fuient ? Ils perdent des tonnes d'énergie à tenter de se situer face à un monde en déséquilibre continuel et ce n'est pas simple du tout.
    Vous glissez les mots "printemps arabe". En Égypte en particulier, pour prendre un seul exemple, la prise de position semble facile vue d'ici : on gage pour la démocratie ou la facilité et je ne puis certainement pas blâmer ceux qui penchent pour la facilité! Il y a des vies en jeu.
    Alors le choix demande un peu moins d'énergie, c'est l'implication qui en exige plus. Ici c'est le contraire : le choix est ardu parce que nous nous croyons entre deux éthers, idée bien entretenue par une façon de voir presque "religieuse" : on n'est pas en Égypte tout de même, hein!
    On oublie vite que l'Égypte a déjà été un modèle de liberté de pensée et d'agir. Qui a le goût de vivre la lente descente aux enfers qui s'y est vécue? C'est à force de petites lois et d'abord des lois d'exception que maintenant les morts s'étendent sur la place Tahir. Pas question de laisser passer une seule de ces lois de merde. Pas une, jamais. Se tenir sur ses gardes pour conserver une forme de liberté d'expression est un travail journalier.
    Pour revenir à la situation ici, il est toujours facile de parler d'enfants-rois (noirod) ou du devoir de voter. Encore faut-il avoir une structure de pensée qui soutient notre préhension de la réalité et ici c'est la brume, le vide bien entretenu : je puis dire que je suis "contre" mais il m'est difficile de dire "contre quoi" à moins d'être "contre tout".
    Les enfants ne sont pas rois, ils sont perdus. Les parents, pire encore. Les politiciens... qui y croit ? La religion ? Euh... intéressant? Passionnant? Ben non, c'est pire que le vide. Il reste ce bon vieux fric si agréable à palper... demain ou après-demain il n'aura peut-être aucune valeur et nous le craignons sans oser en parler sauf quand il s'agit de voter pour un quelconque champion, de ceux qui poussent en période de pluie.
    Ce petit monde est nettement pensé pour tuer Mozart, a fortiori parce que personne n'y a pensé. Je ne puis même pas accuser quiconque de complot dans cet océan de gélatine où flotte abondamment la ouate de phoque.
    Non, la désaffectation des 18-35 n'est pas un hasard. Il est inutile de les condamner tant que l'on ne reconstruira pas un discours clair envers les humains que nous sommes d'abord et nous en sommes loin.

  • Vous avez raison, il faut arrêter de pleurer et prendre nos responsabilités. Il est aussi nécessaire d'accepter la critique, d'accepter les commentaires dissidents. Le problème se situe au niveau des valeurs. La société ne doit pas s'adapter aux caprices de ses élèves, même si elle se doit d'être à l'écoute, elle doit plutôt inculquer les valeurs dont elle a besoin à ses élèves. Depuis quelques temps, l'effort n'est plus au menu, pas plus que la responsabilité. Cela vient des gouvernements irresponsables qui ne cherchent qu'à parler de leurs taux de réussites, de leurs taux de décrochage. La réussite comme le décrochage sont des résultats, pas des objectifs. L'objectif est d'offrir une éducation de qualité (réussite ayant une valeur), une éducation adaptée (réalisme, tous les enfants n'auront pas de diplôme secondaire). Être honnête et gouverner pour la majorité et prévoyant des mesures pour les minorités. En ce moment, l'école est à la gouverne de la minorité.

  • Je suis un mononcle. J ai deux fois votre âge. Votre argumentaire est tres solide et lucide. Toutefois, il illustre fort bien la complexité du conflit qui bouillonne au Québec. Il est tendancieux. On voit au travers de votre texte un parti pris,justifié certes mais stérile.
    Car le noeud du problême c est que ce n est pas si simple que ca. Dire je suis avec eux,je suis contre eux.Je suis pour la hausse des frais,je suis contre. C est un peu ce que les étudiants ont voulu démontrer d ailleurs .
    Croyez vous vraiment dans les conditions actuelles que les résultats vont être différents même avec une injection supplémentaire d argent? Est- il permis de croire que cet argent servira plutôt à nourrir le monstre financier gouvernemental ?
    Bon je m éloigne car je ne veux pas revenir sur ces points dont on a discuté trop souvent dernierement .
    Ce que je tiens à tenter d illustrer c est qu avant de porter un jugement sur la jeunesse faudrait peut-être aussi s attaquer aux conditions dans lesquelles ils doivent performer.
    Quel est le rôle des parents la dedans ?N ont ils pas leur part de responsabilité ?
    Et les mono-parentaux ? Quels sont les effets de ces cassures ?
    Et la réforme de l éducation ? S est elle adaptée à la réalité du quotidien et de la société qui évolue ?
    Je suis le premier à constater que quand des jeunes sont insérés dans l entreprise ou j oeuvre ,il y a vraiment un manque au niveau des efforts ,des sacrifices et de la volonté nécéssaire pour pouvoir réussir. Je me demande vraiment s ils ont eu un exemple à suivre et s ils ont dû un jour faire des efforts pour obtenir ce à quoi ils aspiraient. Soudainement, je me retrouve à jouer au père et à la mère ,à leur enseigner les choses de la vie alors que je devrais plutôt me concentrer sur l aspect professionnel de la chose.
    Mais là , il faudrait comprendre quelque chose. Les parents de ces jeunes se sont promis que leurs enfants auraient plus et mieux qu eux même . C est pas un préjugé c est la réalité.
    Quand monsieur Legault accuse les jeunes de laxisme et de paresse, mentionne t il que lui même a du travailler 10 fois moins et surtout 10 fois moins fort que ses propres parents ? Parce que mes parents à moi (qu ils reposent en paix) en ont bavé dans une toute autre époque ,une toute autre réalité ou pourtant ils ont fait une ribambelle d enfants.
    C est ainsi qu on doit prendre du recul et avoir une perspective plus juste des conditions de la jeunesse. Pour assouvir notre soif d argent ou notre besoin de rejoindre les deux bouts on a prêté des responsabilités et une maturité aux ados qu ils ne possédaient pas toujours. On a délaissé la responsabilité de décider pour leur bien et de les forcer à s adapter.
    C est paradoxal de constater que des jeunes avec la même énergie il y a 30 ans représentaient ceux qui allaient nous donner un pays et aujourd hui ils sont devenus des enfants roi !
    Dans quelques semaines nous nous dirigeons vraisemblablement vers un changement de régime ou a tout le moins vers un message clair,une étape vers le changement et l évolution. Grace à qui à votre avis ? Qui donc est le seul groupe qui a mis son poing sur la table et qui a dit que la situation n était plus acceptable ?

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