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La honte

François Goudreau
 

François Goudreau

Violoniste, concertiste et enseignant

La honte. C'est ce qu'on ressent lorsqu'on sait que l'on a mal agi. Pourquoi certains hommes passent à l'acte et d'autres font preuve de retenue, de raison? Je ne détients pas la réponse, mais j'aimerais tenter de mettre en lumière certaines des raisons qui ont pu pousser des hommes à commettre l'irréparable.

1. Le sentiment d'abandon

Tout enfant masculin recherche d'abord l'amour de sa mère et ensuite prend habituellement son père comme modèle. Lors d'une rupture, le fait de se sentir abandonné peut créer un sentiment de rejet et d'abandon, qui trouve son écho dans l'enfance et la relation mère/enfant.

2. Le sentiment d'impuissance

Certains hommes tentent de renouer leur relation inutilement. Si des enfants sont issus de la relation, le sentiment d'impuissance est décuplé. La force du sentiment paternel est souvent sous-estimée.

3. Le sentiment d'échec

Une rupture est souvent initiée par une femme qui souhaite une nouvelle relation, ou vivre sans un conjoint qui ne peut apporter satisfaction monétairement, sexuellement, ou pour des problèmes de comportement, etc. Il va sans dire que ce désir de mettre fin à la relation est parfaitement légitime. Un conjoint pourra cependant ressentir un cuisant sentiment d'échec. De la honte?

4. La possessivité (ou l'égoïsme?)

Par la culture et l'éducation, un homme est souvent encouragé à valoriser la possession. MA femme, MES enfants, etc. Le fait de se sentir dépossédé lors de la fin d'une relation peut entraîner une réaction de possessivité maladive.

5. l'environnement social

Un réseau social développé, communiquer régulièrement avec ses amis, sa famille, peut créer un tampon émotionnel qui s'avère salutaire lors de situations pénibles. Certains hommes éprouvent de la difficulté à créer de tels réseaux. La pression alors monte jusqu'au point d'explosion...

6. La situation socio-économique

Il est courant de constater des ruptures lors de situations économiques difficiles. Un conjoint peut ressentir la perte d'un emploi ou vivre des difficultés financières avec beaucoup de frustration et d'angoisse.

7. L'éducation

Bien des jeunes hommes sont appelés à prendre en exemple ceux qui valorisent l'avantage de la force. Taxage, intimidation, démontrent que cette violence se développe par l'exemple...

8. La culture sociale

Le cinéma, les évènements sportifs montrent de nombreux exemples de violence. La violence est souvent représentée comme une solution. Dans certains sports, la force brute est malheureusement parfois valorisée au détriment des réelles habiletés sportives...

9. Le sentiment de solitude

L'expression des sentiments n'est toujours pas encouragée dans un milieu masculin. Se sentir seul dans une situation difficile peut mener à des problèmes de santé mentale. Vous savez sans doute que le Québec est un des champions dans le monde pour le taux de suicide...

10. Le processus judiciaire

Le processus judiciaire est long et coûteux. Un père à très peu d'espoir d'obtenir la garde de ses enfants et les recours sont à toutes fins inutiles. Je ne conteste pas le bien-fondé de la loi, ni la protection offerte aux femmes qui se sont battues durant des décennies pour faire reconnaître leurs droits!

Parfois, tout comme vous je m'interroge. Pourquoi tant de violence et tant de souffrance? Les causes ne sont-elles pas inhérentes à notre éducation, à nos valeurs, aux déficits dans les rapports que nous entretenons avec nos semblables et avec particulièrement le sexe opposé? Toute cette misère humaine, cette souffrance, à nous ensemble de les contrer!

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Commentaire (1)

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  • Les raisons que vous apportez sont valables et expliquent probablement certains drames sans toutefois s appliquer à toutes les situations. On pourrait faire un comparatif avec les différentes étapes du deuil qui bien que semblables expliquent encore plus certains comportements.
    Mais encore là , ca ne couvre pas tout. Restons dans notre modéle de société sans quoi on pourrait s\'égarer.
    Je pense qu un moment donné au fil de l évolution,de la laicité et des faits relatifs aux relations de couples au Québec la société s\'est donnée des mécanismes et des outils pour voir à la problématique de la rupture sans toutefois tenir compte de ce qui pourrait être le pire scénario ou de le prévenir.
    La rupture c est un constat de deuil accompli pour un des deux conjoints et le partenaire devra alors vivre le choc à son tour et de son mieux. C est cette étape qui est négligée et qui fait en sorte que le pire survient chez ceux qui ne sont pas équipés ou aidés pour passer au travers.
    Avec raison des ressources se sont développées pour les victimes de violences qui malheureusement vivent les conséquences apres coup d\'un manque de lucidité de la société. Ainsi ,à ce jour ,le travail ne se fait toujours pas avant que l irréparable soit commis. L irréparable n est pas nécéssairement le drame affreux d ailleurs mais plutôt le chemin parcouru pour y aboutir.
    Les intervenants à la disposition des femmes violentées font un travail difficile et remarquable et heureusement on peut croire que les bénéficiaires sont généralement conscientes de leur existence dans la mesure ou elles peuvent quitter le vase clos familial.
    Mais qu en est il des hommes ? Pourquoi ne pas se pencher sur cette réalité qu on croit disparue avec le sentiment de sécurité faussement procuré par l équité entre les sexes?
    On croit que les deux sexes ont les mêmes droits mais on préfere passer outre le fait que l homme lui n a pas la mentalité de demander de l aide quand la marmite bouille.Il garde tout en dedans. Un homme ca pleure pas,fais pas ta momoune,fais un homme de toi...Des citations qu on croirait d une autre époque qui pourtant s appliquent fort bien encore en 2012. L homme est comme prisonnier de cette réalité,il doit être fort, il est capable,il a pas besoin d aide, il est pas fou...
    Le piege est malheureusement naturel et commence à se refermer quand les conventions entre conjoints s établissent. On commence à tomber dans la trappe du on prend pour acquis que. Et puis il y a les complices qui par leur silence préferent ne pas se mêler de situations ou de ragots qu il est beaucoup plus facile d ignorer parce que la sacro sainte cellule familiale le dicte.
    Le fait que des enfants soient généralement pris entre deux feux n\'est que facteur aggravant dans un sentiment de domination ou de soumision néfaste. Maintenant qu on a des enfants on prend pour acquis que....
    La solution facile n existe pas. Le conseil le plus précieux qu on pourrait donner c\'est : messieurs allez demander de l aide. Le geste le plus difficile à poser mais aussi le plus gratifiant.

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