La principale bataille tournera autour des idées pour améliorer la société et le gouvernement. Des idées que l'on identifie à la gauche ou à la droite. L'enjeu le plus important devrait être les finances publiques. Nous sommes encore en déficit et les dépenses continuent d'augmenter année après année. Pour l'instant, les conséquences ne sont pas très sérieuses, mais ça risque de changer si les agences de cotation de crédit décident de décoter le Québec.
Cet enjeu est le plus important, car il aura des conséquences sur les autres, que ce soit la santé, l'éducation, l'environnement et autres sujets d'intérêt public. Le débat sur les frais de scolarité aura eu comme effet de susciter de l'intérêt sur les finances publiques et la réingénierie promise en 2003 par le Parti libéral. De plus, le fait qu'au moins deux partis prônent une discipline budgétaire plus rigoureuse illustre bien que la population est prête pour ce débat.
On n'insistera jamais assez sur l'importance de s'intéresser aux débats qui auront lieu durant les quelque 33 jours. Malheureusement, la plupart des Québécois s'arrêteront aux combats de coqs entre les chefs, prétexte pour se désintéresser de la politique et de laisser aux politiciens le soin de décider de l'orientation à prendre par le gouvernement. Mais la responsabilité incombe à tous et se dégager de cette responsabilité est non seulement immorale, elle est dangereuse. Beaucoup de citoyens ont l'impression de payer beaucoup trop d'impôt, mais lorsque vient le temps de s'exprimer, plusieurs d'entre eux laissent tomber.
Il est à souhaiter que cette tendance soit renversée cette année. Le plaisir d'argumenter et de débattre est de s'ouvrir aux idées des autres, suscitant des réflexions qui améliorent notre propre pensée. Passer à côté de telles occasions signifie s'appauvrir collectivement. Cela dit, que l'on soit de gauche ou de droite, l'important est de respecter la position de l'autre. En ce sens, l'étiquette de gauche ou de droite démontre une certaine intolérance, voire un mépris vis-à-vis de ceux qui expriment des idées contraires à la sienne. À Québec, à la radio d'opinion, c'est ce qui se dégage : on considère les gens identifiés à la gauche comme des irresponsables et des dépensiers. C'est comme si les idées de droite sont les meilleures. Heureusement, la solution, c'est souvent un compromis entre les deux positions.
Durant les prochaines semaines, nous verrons des attaques personnelles qui attireront davantage l'attention des médias que les idées véhiculées. Souhaitons que la population aille au-delà de cette partisanerie et s'intéresse à ce que les partis proposeront. Et qu'elle s'intéressera à ces débats à d'autres occasions, car on risque de retomber de nouveau en campagne électorale plus tôt que tard!