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Le blâme du désespoir

David Lepage
 

David Lepage

Entrepreneur et consultant en communications

La quasi-noyade du Parc Jean-Drapeau illustre de façon tragique, mais éloquente la futilité de certains propos qui sont tenus depuis le début de l'été, à mesure que les noyades se multiplient. On veut répondre par la force, mais je crois plutôt qu'à force de resserrer les règles, on risque d'empirer le vrai problème.

Blâmant quelque chose, accusant quelqu'un, des groupes, des parents, des experts et des citoyens réclament des règles plus strictes, des lois plus sévères pour encadrer les piscines, les plans d'eau, les plaisanciers en bateau. Pour chaque accident, lors de chaque noyade, on semble à la recherche d'un responsable, d'un coupable, comme un dernier geste de désespoir avant d'accepter la triste réalité. Et on veut répondre par des lois, par des amendes.

Le cas du Parc Jean-Drapeau, il nous rappelle que malgré toute notre bonne volonté et malgré toutes les lois possibles, des accidents, ça arrive...

Il va sans dire que je comprends la peine, la tragédie, l'injustice de chacun de ces drames et que je compatie avec les familles des victimes. Puis je n'ai pas non plus la compétence de remettre en question des études qui prouveraient que certaines mesures législatives pourraient prévenir certains drames.

Mais je crois que c'est également là le problème. S'il faut tant de lois pour encadrer tant de loisirs et d'activités, ne serait-ce pas justement parce que ce paradis artificiel de risque zéro dans lequel nous voudrions baigner implique également la déresponsabilisation de l'individu?

Si nous nous arrêtons pour analyser la «crise» actuelle des noyades, dans combien de cas le simple gros bon sens aurait pu sauver une vie? Combien de tragédies sont dues à des erreurs de jugement plutôt qu'à un vide légal? Nous devrions tous être en mesure de penser et de raisonner pour notre propre sécurité, plutôt que de porter des ceintures de sécurité ou de clôturer des piscines simplement par crainte de payer une amende.

Par ailleurs, nous devrions également songer à imposer des cours de natation et de premiers soins dès le primaire. C'est par la prévention que nous sauvons des vies. La répression, elle ne sert malheureusement qu'à punir alors qu'il est déjà trop tard.

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