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Les cachotteries préélectorales

Nestor Turcotte
 

Nestor Turcotte

Enseignant à la retraite

De toute évidence, les élections provinciales seront déclenchées le 1er août prochain. Des «vedettes» se font toujours tirer l'oreille, uniquement pour la forme, afin qu'elles briguent les suffrages dans une circonscription bien ciblée. De purs inconnus arriveront dans le décor pour essayer de mystifier l'électorat désabusé. L'opération terminée, le vaudeville électoral pourra, par la suite, prendre l'affiche pendant un mois. Le rideau pourra s'ouvrir, une fois de plus, sur une pièce maintes fois présentée. Billets réduits pour les badauds.

La campagne électorale sera personnalisée. Elle sera plate comme toutes les dernières. Elle sera comme toutes les autres même si quelques candidats promettront de «faire autrement» en sachant bien qu'ils feront «comme avant» s'ils veulent arriver bons premiers au fil d'arrivée.

D'ici le 1er août, la course aux têtes d'affiche va s'accélérer. La quête de la figure rare ou de celle qui est la plus populaire s'amplifiera. La démarche, préparée de longue date, pour faire atterrir sur la scène politique un ancien journaliste sera devenue un accouchement tout à fait naturel. Un quidam essaiera sans doute de convaincre un humoriste, en panne d'idées, de rejoindre les rangs de sa formation politique afin de lui donner du tonus, un air de jovialité qui créera de l'agrément. Un autre multipliera les démarches pour déloger un animateur de radio, à haute cote d'écoute, afin qu'il quitte son micro quotidien pour lui en présenter un autre, le tout assorti d'un potentiel poste ministériel offert sur un plateau d'argent. Cependant, avant même d'entrer en campagne, bon nombre de candidats déjà choisis sont d'ores et déjà convaincus de ne jamais franchir la porte de l'Assemblée nationale. Ils sont ce qu'on appelle des poteaux. Des figurants à qui on a peut-être promis une récompense éventuelle pour services rendus.

Ces cachotteries préélectorales manifestent clairement le peu de sérieux de la vie politique. Les électeurs ont bien raison de placer leurs élus au plus bas dans leur échelle d'appréciation. Pas étonnant non plus que les gens sérieux ne veillent pas facilement s'embarquer dans la carrière politique partisane. Ce ne sont plus les idées qui triomphent. Ce sont les méthodes les plus raffinées du dénigrement, de la recherche d'une faille dans le passé des concurrents, de la moquerie parfois rattachée à un défaut physique. J'ai vu et entendu cela au dernier scrutin à propos d'un candidat de ma circonscription.

Déjà, les formations politiques traditionnelles se disent fin prêtes pour le futur combat. L'une offre un Plan nord pour le Québec et d'autres plans pour le sud; l'autre offre pour une nième fois l'affirmation nationale et relègue aux oubliettes sa propre raison d'être: l'indépendance du Québec. L'une vogue vers l'avenir et promet l'Éden perdu, l'Eldorado à conquérir; l'autre ressasse le passé et vise à quitter les ornières des promesses mal tenues, des scandales présumés ou à démontrer. Une troisième formation politique, nouvellement née, se cherche une place entre les deux coqs rouge ou bleu. Il n'a pas pris de chance: il a mis toutes les couleurs de son bord. Il propose des réformes majeures. Qui en veut? Personne. On réforme les mots au Québec. On ne réforme pas les réalités.

Il faudrait préparer les élections autrement. Je vous en propose une. La plus simple des façons serait de remettre les finances du Québec entre les mains d'économistes chevronnés et non partisans, laissant à ceux-ci le soin de déterminer les argents disponibles pour les budgets des quatre prochaines années.

Par la suite, chaque formation politique, avec les quelques dizaines de milliards disponibles, offrirait à la population sa façon de gérer les affaires. Ce serait la fin des farceurs. Ce serait la fin des Bonhommes Sept Heures. Ce serait la fin des Pères Noël et des faiseurs de mirages. Ce serait la fin des promesses folichonnes et intenables. Le citoyen voterait pour le parti qui semble offrir la meilleure administration des biens publics.

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