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Dehors Ayache: vive la CAQ!

Antoine-Sylvain Côté
 

Antoine-Sylvain Côté

Enseignant de français et ex-journaliste

J'ai pouffé de rire tantôt, c'aurait pu être n'importe quand dans les vingt dernières années. Il vaut mieux rire sinon on risque fort de devenir cynique. Je me refuse le cynisme, je trouve que c'est une émotion qui manque de noblesse. Au Québec, on fait dans la noblesse, pas dans les sous-entendus ou les non-dits.

J'ai ri en lisant La Presse en ligne. Je piochais sur mon clavier d'ordinateur et je suis tombé sur un article de Philippe Teisceira-Lessard. Ce journaliste traitait, sans cynisme évidemment, avec toute l'objectivité dont a besoin le journaliste affairé à parler de sujets capitaux, du renvoi d'un candidat de la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ). Oh, il n'a pas été renvoyé pour rien le candidat nommé Alain-Michel Ayache. Dans la circonscription de Bourassa-Sauvé, comme dans toutes autres circonscriptions, il faut rapporter du blé pour être pris au sérieux et avoir, magiquement, des idées dignes d'un candidat aux élections. Plus tu peux rapporter du blé, plus tes idées risquent d'aider le Québec à avancer.

Le CAQ a constaté, un peu sur le tard, que M. Ayache, un membre de la communauté libanaise, ne savait pas compter jusqu'à 22 000 $. Il n'avait pas réussi à récolter cette somme. Quel nul! Il est certain que, dans la logique politique actuelle, sans 22 000 $, un candidat manque d'envergure et risque de ne pas savoir comment aider sa communauté. Qui plus est, ce détail rédhibitoire l'empêche d'être posé, intelligent, vertueux, surtout vertueux, droit, responsable, digne de confiance, bref un véreux de bon politicien. Si au moins il avait eu l'argent, la CAQ aurait pu croire qu'il avait une chance d'être un visionnaire. Il aurait fallu qu'il en mette plus dans les coffres du parti : 100 000 $, c'aurait été préférable.

C'est certain que Jacques Duchesneau n'aurait pas digéré un 100 000 $ de la part de Monsieur Ayache. C'aurait contribué au pull dont il parlait lors de la commission Charbonneau. Il n'aurait pas été content M. Duchesneau, cela lui aurait fait de la peine. 100 000 $ : avec une telle somme, François Legault aurait eu une meilleure plate-forme, plus de chances de mener le Québec vers quelque chose de grand, une grande aventure. 100 000 $ : ça aide à lancer des projets de construction, des comités consultatifs, des plans dans le nord, toutes sortes d'entreprises pour ceux qui ont eu l'idée de faire gonfler la cagnotte de M. Ayache à 100 000 $.

Malheureusement, M. Ayache n'avait pas assez de pensées pour le Québec ; il n'avait rien à dire. Il lui manquait l'argent du savoir, l'argent de la vision de société nécessaire à notre épanouissement collectif. M. Legault a vite vu dans son jeu. C'était un fabulateur ce Libanais. Il ne se souciait pas réellement des membres de sa communauté sinon il aurait déposé le 22 000 $ aux pieds de Legault rapidement, et après, il aurait visé le quintuple. Ne vous leurrez pas, l'argent permet à ces politiciens de penser correctement, d'avoir les idées claires.

La CAQ l'a mis dehors, et c'est bien fait pour lui. Vous le méritiez M. Ayache. Je ne vois pas comment on devrait faire de la politique autrement au Québec. Tout ce qui compte, c'est le parti, le financement du parti, l'argent du parti, le parti comme idée, l'idée de ne rien avoir autre chose qu'un parti dont les coffres sont pleins. Cela est essentiel. Voilà. Bravo la CAQ! C'est une victoire pour la démocratie.

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Commentaires (8)

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  • ...En vertu des règles actuelles, un candidat a le droit de dépenser 1,23$ par électeur dans la circonscription où il est candidat. Le nombre moyen d'électeurs inscrits dans une circonscription est d'environ 45 000 ce qui donne un montant admissible de + ou - 55K$. Cet argent doit venir de quelque part et c'est la Loi sur le financement des partis politiques qui encadre ce financement.
    Il est bien évident qu'un nouveau parti est désavantagé lors d'une première participation à une élection. Il est prévisible que tout nouveau parti s'attendra à recruter des candidats aptes à trouver des contributeurs. Que le candidat utilise le «principe du salami» en allant chercher un grand nombre de petites tranches ou le «principe du casino» en cherchant le grand coup, l'idée est la même: il faut de l'argent pour participer à une élection et la sollicitation, c'est une tâche difficile qui nous place souvent face à nos propres limites.
    Idéalement, on pourrait souhaiter que tous les candidats à une élection soient en lice à cause de leurs qualité personnelles et non pour leur aptitude à recueillir des fonds. La réalité est que pour rejoindre les électeurs et leur présenter les personnes et leurs idées, il faut des moyens. La publicité, les assemblées publique, les déplacements, le personnel électoral, tout cela se paie. Aucun parti n'y échappe.
    On peut trouver dommage que la CAQ se soit séparée de candiats n'ayant pas la notoriété ou les aptitudes voulues pour aller chercher un minimum de ressources mais personnellement, si je n'étais pas capable d'aller chercher un minimum d'appui financier, je verrais là un indice sur ma capacité de recueillir des appuis dans l'urne. C'est bête, c'est dur, c'est blessant mais c'est une partie de la réalité électorale. Et c'est pourquoi, depuis longtemps, j'affirme que l'indépendance financière est un complément essentiel à l'indépendance d'esprit si on veut faire de la politique sans être forcé aux compromis voire aux compromissions.

  • @quiproquo
    Vous oubliez le fait que, dans le 55 000$, une contribution provenait d'une mineure…
    http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/politique/201204/18/01-4516801-une-mineure-proche-de-pauline-marois-condamnee-pour-don-illegal.php
    Et également le fait que Mme se paie apparemment des amis sur Facebook…
    https://twitter.com/hyperman514/status/224864100134555649/photo/1/large?tw_p=twt

    @jolto
    Oui, en effet, il faudrait demander l'avis de Norm "1000 000$ par minisse" MacMillan…

  • Ah. Un ancien journaliste. Ça dit tout.
    Vous crachez sur la CAQ parce qu'ils demande un minimum de ressource pour se présenter? En tant qu'ex-journaliste, vous devriez savoir que l'on ne gagne pas des élections en restant dans son sous-sol. Ça prend de la visibilité, des pages dans les journaux, des sites web, des gens qui travaillent pour faire sortir le vote. Tout ceci n'est pas gratuit. Qui va payer? La CAQ n'a pas des millions venant de centrales syndicales ou des amis accumulés depuis ces dernières années.
    Si un candidat n'est pas visible et ne peut pas se rendre visible, alors c'est un candidat perdu. Quand on cherche la majorité, on ne peut pas traîner de boulet. À moins d'être un candidat dans une circonscription déjà venu à la couleur du partis.
    Essayer donc de vous présenter dans une circonscription libérale ou péquiste et demander combien vous devez pouvoir fournir. Vous risquez d'être surpris...

  • François Legault demande 22,000 $ à son candidat, Pauline a déjà empoché 55,000 $ venant de la parenté, et ce à coup de 3000 $ pour la plupart des contribution, lequel de ces financements doit-on dénoncer ?

  • Merci pour l'article Jolto. Je suis au courant de la façon dont ça fonctionne. Avec ironie, je commentais le renvoi de l'ex-candidat de la CAQ. On doit imaginer une autre façon de faire de la politique, un autre mode de financement des partis pour éviter que l'argent soit justement mis à l'avant-plan. Si tout ce qui compte pour un parti est l'argent que rapporte ses candidats, autant mettre des pions. De toute façon, la réalité est la suivante : plusieurs candidats se défonceront pour amasser de l'argent et porter leur candidature aux élections et ce sont ceux-ci qui nous représenteront. Or, l'argent qu'ils auront récolté proviendra d'un peu partout... et donc, les liera à des intérêts qui ne sont pas ceux de la communauté qu'ils représentent ou ceux des Québécois. Et c'est précisément notre problème. Peut-être faudrait-il que la cellule de financement des partis, justement, soit indépendante de la cellule des idées et de la plate-forme. Comme cela, il n'y aurait plus possibilité d'ingérence dans la façon de gérer l'État.
    Pour baal666 : c'était de l'ironie. Lire entre les lignes.

  • Monsieur Ayache a précisé que s'il n'arrivait pas à recueillir les 22 000 $ nécessaires à sa candidature, c'est parce que la communauté libanaise n'avait pas pu les lui fournir, faute de moyens.
    Pourquoi s'être adressé uniquement à la communauté libanaise? Ne pouvait-il pas recueillir des fonds auprès de toute la collectivité? Dois-je comprendre que ce M. Ayache n'aurait servi que les intérêts de la communauté libanaise une fois élu? On dirait bien que c'était le plan.


  • @Antoine Sylvain-Côté

    100 000 $ ..c'est le montant que demandait le PLQ de Jean Charest à ses ministres de récolter à chaque année. On comprend mieux pourquoi les scandales de financement ont été si nombreux avec les Tomassi, Normandeau, Beauchamp, MacMillan et cie.

    La CAQ est démuni financièrement par rapport à ses rivaux. La nouvelle loi sur le financement limite la contribution d'un électeur à 1000 $ par année. C'est une excellente loi. Toutefois, le PLQ a environ 10 millions $ dans ses coffres car elle a rempli ses coffres pendant les dernières années alors que la contribution maximale était fixée à 3000 $. Le PQ a aussi quelques millions dans ses coffres. Lors d'une campagne électorale, il faut du fric car c'est le nerf de la guerre!
    Cette nouvelle loi désavantage financièrement un nouveau parti qui désire s'implanter sur la scène politique. Bien entendu, ce désavantage est temporaire et devrait s'atténuer au fil des années. Toutefois, le manque de financement pourrait avoir un impact majeur lors de l'élection en 2012. François Legault le sait..ce n'est pas un imbécile...
    La CAQ est pauvre et elle sait que les prières sont inutiles lors d'une campagne électorale.L'endettement par marge de crédit auprès d'une institution financière demeure la seule alternative possible pour la CAQ afin d'être un joueur crédible lors de la prochaine campagne.
    Vous ne semblez pas au courant...vous êtes un ex-journaliste... ?
    http://www.ledevoir.com/politique/quebec/279029/financement-du-plq-les-ministres-donnent-l-exemple

  • Une victoire pour la démocratie que de monnayer les « idées » (quoi qu'on parle de la CAQ ici... « idées » est peut-être un mot trop fort) de cette manière... Hahahahaha... J'en ris encore. La Presse publie n'importe quoi.

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