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Le savoir-vivre, on a oublié?

Christian Tremblay
 

Christian Tremblay

Écrivain

La semaine dernière, j'ai eu l'occasion (bien involontaire) de devoir passer un total de 26 heures dans une salle d'urgence d'un hôpital de la ville de Québec. De l'endroit où j'étais, j'avais une vue parfaite sur le poste de travail du médecin de l'urgence, les infirmières, infirmières auxiliaires et préposées.

N'étant pas particulièrement familier avec le fonctionnement d'une urgence, j'ai profité des heures à attendre entre deux examens pour faire ce que l'on pourrait appeler de l'observation active. Beaucoup de choses m'ont impressionné! L'activité 24/24 dans cette ruche est saisissante.

Ceci dit, et malgré ma fascination pour le travail de ces gens, ce ne sont pas eux qui m'ont le plus marqué pendant mon séjour, ça non. Ce qui m'a littéralement jeté à terre, ce sont les patients (ou usagers, ou clients, ou bénéficiaires, on ne sait plus trop...). Ce que je sais, c'est que moi j'étais 32. J'entendais le personnel médical «32 va au département x», «32 va être transféré au département y». Enfin bref...

Les patients donc. Jamais, au grand jamais, je ne me serais attendu à voir et surtout entendre de quelles façons le personnel hospitalier se fait traiter. Insultes, exigences irréalisables, plaintes pour tout et pour rien, et j'en passe.

Bien naïvement, je pensais que lorsque nous sommes dans l'urgence d'un hôpital, nous ne sommes pas en position de force. Si nous sommes là, c'est qu'en pratique nous avons besoin d'aide, pas de «caller les shots» à ceux qui essaient de nous sauver la vie! J'aimerais comprendre!

J'ai eu beau y réfléchir un peu depuis, je ne m'explique pas ces comportements qui sont loin d'être isolés, croyez-moi. J'en suis venu à me dire que statistiquement, il était possible que les personnes désagréables avaient plus de chances de se retrouver dans une urgence.

Oui, je comprends que parfois la souffrance peut rendre une personne plus irritable, mais faut-il pour autant sauter à la gorge de ceux qui nous soignent? Youhou? Ils sont là pour nous aider, pas pour nous rendre la vie impossible.

Je ne peux que saluer ces employés de leur patience exemplaire que moi je n'aurais jamais. Vous savez dans le genre «Eille, je veux t'aider, donc arrête de m'engueuler pour absolument rien!».

Petit conseil en terminant. Si par malheur vous vous retrouvez à l'urgence d'un hôpital, dites-vous que vous n'êtes pas le seul dans la salle et que les gens qui vous soignent sont là pour VOUS. Donc, on se calme. OUI les toasts sont froides le matin, mais si vous tenez absolument à vous en plaindre, il y aura toujours une manière civilisée de le faire. De plus, il ne sert à rien d'exiger d'avoir tel ou tel médicament. Ce n'est pas à vous de faire votre propre diagnostic. S'il n'y a pas de salle d'opération de disponible, ce n'est pas de la faute des infirmières. La morphine ne se donne qu'en cas de souffrance et non pour faire passer le temps.

Non, mais... il est passé où le savoir-vivre déjà?

Suis-je le seul à faire cette constatation?

Christian Tremblay, @romanquebecois

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Commentaires (16)

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  • Je vous donne raison de soulever ce problème mais vous êtes une bonne trentaine d'années en retard. D'autant plus que vous semblez vous être attendu à autre chose au royaume de Jeff Fillion, André Arthur et Régis Labaume.
    Bref, ce texte ne propose pas vraiment de solutions. Tout au plus nous permet-il d'assister à votre éclosion en temps que citoyen.
    Claude Ledoux, Montréal

  • Le manque de savoir vivre ça commence par nos gouvernements qui années après années mentent à la population concernant la réduction du temps d'attente dans les salles d'urgence. L'argent officiellement investi dans la santé par les citoyens est en croissance constante et la situation empire constamment. Les gouvernements savent qu'au bout de la ligne ce sont les employés qui écoperont. En ne faisant rien de concret pour régler le problême ces gouvernements manquent de respect non seulement envers la population mais aussi envers leur personnel. Vous ne culpabilisez pas les bons acteurs M.Tremblay. Il faut responsabiliser uniquement nos gouvernements. Ce sont eux qui foutent le bordel dans le système par leur ineptie et leurs promesses non-tenues. La population et le personnel en sont les victimes. Réfléchissez.

  • Rien n'est tout blanc ou tout noir. Par exemple, sebpoo32 dit que ce sont surtout les Québécois "de souche francophone" qui ne savent pas vivre. Cette personne doit être fédéraliste dans l'âme pour aimer dénigrer ses semblables de telle façon.
    Des impolis, j'en ai vu de toutes les origines, et ils ne sont pas majoritaires dans notre société, alors il faudrait cesser de généraliser. Partout, à l'épicerie, au parc, à la pharmacie, je rencontre des gens gentils et qui savent vivre. Mais j'en viens aux hôpitaux. Là non plus, rien n'est tout blanc, tout noir. Il y a des patients gentils, d'autres impatients et difficiles. Mais c'est la même chose avec le personnel soignant.
    L'an dernier, j'ai été hospitalisée et j'étais sous haute surveillance car on craignait pour mon coeur. Toute la nuit je n'ai cessé de me réveiller parce que les infirmières jasaient, riaient, se racontaient leurs trucs de vacances ou d'hypothèque... Aussi, le matin, une infirmière est arrivée. Elle a pris mon bras de façon très ferme pour prendre ma pression. Elle a très bien vu que j'étais réveillée. Après un moment je lui ai demandé: êtes vous muette? Elle me dit, surprise: non, pourquoi? Je lui ai répondu: parce que vous ne m'avez pas dit bonjour. Pour elle, j'étais "une chose à faire". Je ne me suis pas sentie humaine.
    Un soir, ma mère a été hospitalisée pour son cancer. On l'a laissée toute une nuit sans venir la voir et sa sonnette n'était pas à sa portée. Ça été l'enfer et l'angoisse pour elle jusqu'au petit matin (je n'ai su qu'à ce moment qu'elle était entrée à l'hôpital, sinon j'y aurais vu!). Également, la docteure qui est venue la voir ce matin-là était rude quand elle lui parlait de son état, et lui a immédiatement parlé des soins palliatifs, alors que ma mère avait encore espoir. Il y a des façons de dire les choses!
    Tout ça sans compter les infirmières qui portent des souliers bruyants et qu'on entend venir de l'autre bout du corridor durant la nuit. Celles qui sont bêtes. Celles qui préfèrent jaser au poste de garde plutôt qu'aller voir leurs patients. Celles que tu as l'impression de déranger quand tu demandes de l'eau pour un proche malade.
    Et surtout celle qui, en voyant ma mère mourante, a dit: Ah je pensais que c'était un homme! Elle a dit ça devant tout le monde. Ses soeurs, ses enfants, ses petits-enfants. Devant nous tous qui avions connu notre mère si belle avec ses cheveux noirs et ses yeux noisette. Celle-là, je l'ai encore sur le coeur.
    Alors voilà. C'est bien beau dénigrer les gens, mais il faut voir les deux côtés de la médaille. Peu d'infirmiers et d'infirmières ont vraiment "la vocation". Ils choisissent de plus en plus ce métier pour les perspectives d'emploi assuré et pour le salaire. Récemment, j'ai lu que la moyenne d'heures travaillées par infirmier est de 27 heures... Je cherche les causes d'épuisement dans tout ça.
    Ma conclusion: il y a des gens qui ne savent pas vivre, ils sont minoritaires, mais on les retrouve partout... et autant chez les patients que chez ceux qui les soignent.

  • Comme noirod et celine4 et tant d'autres, nous sommes témoins constants du manque de respect et de savoir vivre. Cet après-midi, il y a eu une tragédie, celle du pompier frappé par le camion incendie de sa propre unité. Avant cette tragédie, de mon balcon, j'entendais et voyais passer des véhicules prioritaires dont des camions à incendie sur la rue Poirier (juste avant le feu de circulation de Décarie) qui se rendaient à Dutrisac et Du Ruisseau. Il était incroyable de constater combien de tarlas sont au volant et ignorent totalement ce qu'ils doivent faire quand un véhicule prioritaire doit passer. Sans compter ceux qui ne veulent pas "manquer la lumière"... Ce n'est pas non plus la première fois que je constate l'imbécillité totale d'un grand nombre de conducteurs. Mais c'était beaucoup plus drôle deux journées de cette semaine de voir plusieurs automobilistes se faire attraper dans une "trappe à vitesse" sur la même rue Poirier: il est dangereux de circuler à la vitesse permise de 30 km/h sur cette rue et de nombreuses autres car on se fait coller au cul, dépasser sur la droite (souvent sur une piste cyclable ou une aire où les voitures peuvent être garées), klaxonner, etc.
    Comment peut-on s'attendre à du respect quand les gens n'obéissent même plus aux lois et règlements?
    J. Lincourt

  • Mr Tremblay: La justesse de vos propos démontre l'ampleur du problème; mais celui-ci a plusieurs facettes. D'une part, les patients manquent de jugement et de savoir-vivre. Je continue à dire que cette situation est en premier lieu causée par ce que je nomme ''La Société de la Cafétaria''. On veut une réponse rapide, un traitement rapide mais ausi peu cher. De l'autre côté, il y a une certaine dé-humanisation des patients. Le personnel commence à les voir comme des spécimens, au lieu d'être humains. La majorité des professionnels de la santé sont d'excellent cliniciens; mais leur ''bed-side manners'' laissent à désirer.... En fait, la patience est de mise des deux côtés. Etcela ne s'enseigne pas, malheureusement.....
    patatoconcombre: Ma grand-mère disait toujours que ceux qui achoppent aux lettres oublient le sens des lettres; êtes-vous si épris du contenant que vous ne goûtez pas le contenu? Savoir vivre, c'est aussi savoir se taire. Si vous n'apportez rien à la discussion, votre intervention n'a aucune valeur, donc absurde.
    R Deschambault

  • Il y a aussi savoir écrire. Votre texte contient des erreurs de participes passés et votre orthographe du terme «savoir-vivre» est variable.
    Je sais qu'un écrivain n'est pas un grammairien mais tout de même. Savoir vivre, c'est aussi savoir se corriger avant de publier.

  • Malheureusement, même si les travailleurs de la santé méritent tout notre respect, c'est comme ça que ça marche dans la vie : si tu ne te plains pas, tu n'as rien. Vous avez aimé ça, attendre 26 h à l'urgence? Si tout le monde le prend avec le sourire, la prochaine fois ce sera 36.
    Dans l'entreprise privé, quand les employés de terrain reçoivent des plaintes, ils les transmettent à la direction, qui prend des mesures correctrices pour ne pas perdre ses clients. Dans notre système? Hum... Ben, disons qu'au moins ça soulage.
    Se sentir impuissant et abandonné, n'est-ce pas une bonne raison de se révolter?
    B. Boyer

  • Et puis, est-ce que TOUS les intervenants de la santé méritent notre respect inconditionnel? Ou s'ils auraient besoin d'un bon brassage de temps en temps?
    Allez faire un tour dans un CLSC, vous serez accueilli par une bonne dizaine de réceptionnistes derrière un même bureau, parfois derrière un même ordinateur. Et pas moyen d'aller au comptoir pour dire "hé, je suis arrivé pour mon rendez-vous", non. Il faut faire la file pendant 20 minutes, que les dix secrétaires règlent ensemble le même problème du premier "patient" en avant de la file, parce qu'elles ont égaré son dossier papier (en 2012)! Et après? Ben, vous êtes en retard!
    Ces génies sont obligés d'installer des petites pancartes indiquant que "les comportements agressifs ne seront pas tolérés" dans leur vitrine pour contrer les "patients impatients", alors que les contribuables sont pleinement en droit d'obtenir une gestion efficace de leurs services. Bref, ne pas se plaindre, c'est accepter ce bordel. Dommage que les employés de terrain soient les premiers touchés, mais c'est la règle générale de toute hiérarchie fonctionnelle.
    B. Boyer

  • Le respect, a-t-on oublié ou jamais su de quoi il s'agit?

  • Le RESPECT beaucoup beaucoup de gens ne savent pas ce que ça veut dire...

  • Excellent point de vue, bravo.
    Et bien NON, les québécois de souche, surtout nous les francophones, nous ne savons pas vivre, il faut le dire!
    Alors, ne venez pas me parler du virage à droite à Montréal comme c'est le cas cette semaine, moi qui est piéton et cycliste, j'en tremble juste à y penser!!!

  • Le savoir vivre ? Le respect ? La bienséance ? Le vouvoiement ? La galanterie?
    Ben voyons donc ! Vous êtes donc vieux jeu !
    J\'ose espérer que vous décelez dans mes propos une pointe de sarcasme à peine voilée !
    Mais ca c\'est de la responsabilité parentale oh ! hérésie ! Laissons les vivre ces pauvres petits sans égard a ce qu\'ils deviendront. Le fruit ne tombe jamais bien bien loin de l\'arbre dit-on.
    Toutefois sans vouloir porter un blâme sur des individus, il y a une réalité bien réelle et parfois nécéssaire dans le milieu hospitalier qui demande de déshumaniser le service rendu afin de se protéger personnellement. La couenne n\'a pas toujours été dure.
    Cette réalité fait en sorte que le bénéficiaire se sent permis de s\'exprimer autrement afin d\'être entendu et de mettre fin aux délais engendrés par le systeme. Je sais ca n\'excuse en rien des exces déplorables mais ca en explique quelques uns...

  • Ca ne se passe pas seulement a l'urgence. A l'épicerie, sur la route, dans les transports en commun, etc., etc. Le respect, le savoir vivre se sont des qualités qui s'apprennent a la maison, tout petit. Quand tout le monde se tutoie dans une société, on ne peut s'attendre a autre chose. A voir les gens se conduire aujourd'hui on se croirais de retour a l'age des cavernes. Encore une fois que font les parents ou plutot les CPE, les enseignants? J'ose meme pas imaginer ce qui me serait arrivé si j'avais appelé mes professeurs par leurs prénoms ou meme mes parents. C'était peut etre radical mais c'était efficace. Aujourd'hui a 60 ans je valorise encore le savoir vivre, le respect et le civisme.

  • Comment voulez-vous, M.Tremblay, que des gens qui ne se respectent pas eux-mêmes respectent les autres? Vos remarques ne s'appliquent non seulement aux hôpitaux mais bien à tout ce qui nous entoure, que ce soit de biens matériels à personnes. Les individus de la société dans laquelle nous vivons n'a d'yeux que pour eux-mêmes et au diable les autres. le ''ME-MYSELF and I'' ont nettement pris de dessus et notre moi est rendu plus gros que nature.
    Merci de rappeler ce fait et d'en faire une opinion publiée.

  • Les travailleurs de la santé méritent toute notre estime et notre admiration et merci d'illustrer l'une des difficultés auxquelles ils/elles sont confronté(e)s chaque jour.
    C'est un métier que je n'oserais jamais faire étant bien humblement trop "petite nature" et je sais reconnaître ce qu'ils/elles accomplissent chaque jour.
    Bravo!
    Le problème dans ce domaine, c'est la gestion. Trop de décideurs, pas assez d’exécutants. Trop d'argent dépensé dans la lourde bureaucratie, pas assez au premier niveau, soit celui des soins. Les bureaux de fonctionnaires du ministère de la santé, modernes, propres, bien meublés, feraient de magnifiques chambres pour les patients, qui n'ont jamais aussi bien porté leur qualificatif!
    Le gouvernement provincial osera-t-il imiter son homologue fédéral et donner un grand coup de hache dans le gras de la bureaucratie gouvernementale du ministère de la santé? Par combien de paliers de décisions passent une simple demande venant des travailleurs de premier niveau comme les infirmières et les médecins? Je vous laisse deviner. D'ici là, encore une fois bravo à ces infirmières, médecins, etc, etc, de première ligne, qui méritent chaque sous qu'on leur verse!

  • Vous n'êtes pas le seul à faire cette constatation.
    D'ailleurs, je salue vivement votre initiative.
    Vos propos pourraient s'appliquer à bien d'autres secteurs d'ailleurs
    Bravo
    Je vous salue

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