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La gratuité des frais de scolarité: est-ce la solution pour résoudre la crise étudiante?

Jacinthe Mercier
 

Jacinthe Mercier

Crise étudiante et sous-financement des universités ne sont pas des problèmes récents, mais bien une tare récurrente.

La crise étudiante qui a suivi l'exigence sans compromis de la gratuité des frais de scolarité vient-elle seulement ajouter à la situation déjà critique des universités?

Au cours des années 80, on pouvait lire:

«Que dire des problèmes des universités québécoises? Si, aujourd'hui encore, l'on parle de sous financement de l'enseignement supérieur, la situation des années 50 était infiniment plus dramatique. Selon le rapport de la commission Tremblay, à moins d'une solution aux problèmes financiers soulevés par l'expansion des universités, celles-ci allaient être forcées de refuser des étudiants dans les facultés des sciences, comme elles en refusaient déjà dans les facultés de médecine. Le déficit d'administration des universités laissait dans l'ombre des besoins réels qui auraient causé un déficit encore plus élevé : bibliothèques et laboratoires mal équipés, nombre insuffisant de professeurs de carrière, manque d'équilibre entre la recherche et l'enseignement, etc.[1]»

On dirait bien que l'histoire se répète.

Pour ceux et celles qui ont connu le système universitaire dans les années 80 et 90, cette citation ne leur est pas inconnue. Les employés ont connu des gels et des coupures de salaires, la réduction du soutien administratif. Ils ont vu diminuer l'entretien des édifices, le matériel se dégrader. Il n'était pas rare de voir des salles de classe mal nettoyées, des bureaux et des chaises brisées, des micros défectueux.

Que dire de l'accès aux équipements informatiques, vaut mieux le taire?

Graduellement les groupes d'étudiants par classe ont augmenté, la qualité de l'enseignement en a été affectée.

L'enseignement ne se transmet pas de la même manière si on s'adresse à 50 étudiants ou si on s'adresse à 100 étudiants ou plus.

Si on s'adresse à des groupes de 50, on parle de formation.

Si on s'adresse à des groupes de 100 et plus, on parle de transmission d'informations.

Certains leaders auront beau crier haut et fort que des gestionnaires ont abusé de fonds publics, c'est vrai, mais placé en contexte, il s'agit là d'un nano problème comparé à l'ensemble de la situation. De plus, ce genre d'excès n'est généralement pas assumé par la collectivité ou les étudiants, mais bien par des employés qui voient leur charge de travail augmenter et /ou leur salaire diminuer.

La gestion est-elle déficiente?

Elle n'est certainement pas parfaite, comme partout, mais encore une fois si des correctifs peuvent être apportés, ça ne résout pas le problème de fond.

Une université performante qui décerne des diplômes de qualité supérieure a besoin de financement. La gratuité des frais de scolarité ne peut que contribuer à sa détérioration.

Les leaders étudiants auront beau comparer le financement de nos institutions et celui d'autres pays, ils semblent avoir la fâcheuse habitude de ne révéler qu'une partie des informations.

Par exemple, pour obtenir un diplôme digne de ce nom, de nombreux Français fréquentent des universités privées. Dans certains pays, la gratuité est compensée par le service militaire obligatoire.

Les universités québécoises exigent les plus bas frais de scolarité parmi les universités canadiennes, tout le monde le sait. Malgré tout, des pas de géants ont été accomplis. Sur plusieurs plans, le Québec a su se démarquer.

À nous maintenant de décider si la situation qui perdure depuis la moitié du 20e siècle sera toujours un sujet d'actualité au milieu du 21e siècle.

À nous d'opter pour l'excellence ou des performances plus que moyennes.

_____________________________

[1] Gérin-Lajoie Paul, Combats d'un révolutionnaire tranquille, Anjou, 1989, Centre Éducatif et Culturel inc., 378 pages, à la p.37.

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Commentaire (1)

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  • Il n'y a pas de preuves que la hausse des frais de scolarité va régler le problème de financement. La hausse précédente devait le régler et maintenant on voit que les universités investissent dans la recherche et dans l'ouverture de campus extérieur.
    Cela sans compter les îlots voyageurs et hausses de salaires plus que douteuses.
    Il semble bien que ce soit un panier percé. Est-ce que ce qui est demandé au gouvernement ne devrait pas s'appliquer aux universités? Faites-le ménage de votre côté avant de demander plus!
    François Racine

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