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Intimidation, Marjorie Raymond et... Plattsburgh!

Jonathan Fortin
 

Jonathan Fortin

Avocat en litige

Tous se souviennent de Marjorie Raymond ou plutôt de son suicide. Cet acte définitif aurait été causé par l'intimidation qu'elle subissait à son école secondaire.

Je dis bien «aurait» car selon le rapport du coroner dévoilé le 5 juillet 2012, il y aurait plusieurs causes au suicide.

Peu m'importe la cause, ce suicide a permis aux Québécois de prendre conscience de l'importance de l'intimidation dans nos milieux scolaires, de comprendre la portée de ce type de violence, de mesurer l'impact de l'intimidation, et ce, jusqu'à... Plattsburgh.

Lundi dernier, 2 juillet 2012, jour férié, fête nationale canadienne. Je profite du soleil, de la plage et de l'eau de cette ville frontalière. Des voix. Parfois anglophones, parfois francophones. Puis un débat intéressant.

Quatre adolescentes d'environ 15 ans discutent de Marjorie Raymond. Elles se prononcent sur l'intimidation. Elles dénoncent l'intimidation. Elles expliquent calmement et patiemment à leurs deux jeunes soeurs d'une dizaine d'années les faits, les causes, leur réflexion et leur position.

Je suis assis et j'écoute. J'écoute avec admiration leur point de vue et leur raisonnement. J'écoute avec stupéfaction leur conscientisation et celle qu'elles tentent de transmettre à leurs soeurs.

Prévenir avant de guérir. Éduquer au lieu d'emprisonner.

Cette discussion m'épate. Nous sommes à Plattsburgh, un 2 juillet 2012, fin de l'année scolaire et des étudiantes discutent en profondeur d'un sujet qui aura marqué le village de Sainte-Anne-des-Monts, la région de la Gaspésie et, même, la province de Québec en 2011.

Il ne s'agit pas ici d'économie sociale, d'accès à l'éducation, de corruption politique. Non. Il s'agit de respect humain.

Nous savons aujourd'hui que le suicide de Marjorie Raymond n'était pas dû à une cause unique. Mais nous savons aujourd'hui que son suicide a débuté un processus de réflexion sociale sur le respect des autres et sur l'intimidation.

Une réflexion sociale qui a même fait sa place entre deux parasols et quelques bouteilles de crème solaire.

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Commentaires (3)

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  • N'oublions pas que Jean Charest et ses amis considèrent cette même jeunesse (ces jeunes allumées que vous avez entendu sur la plage) comme errante, gâtée et pourrie...
    Le rapport du coroner a pour ma part confirmé tout ce que je croyais avoir deviné avec ce que nous savions de la situation.
    C'est une très triste histoire qui aura eu le mérite d'éveiller la conscience de tous sur l'intimidation et sur le suicide en général.

  • La divulgation de ce rapport ouvre la porte à toutes sortes de dérapages et de banalisations ce qui, à mon avis, va à l\'encontre de l\'objectif visé.
    Je ne crois pas que personne n\'ait vraiment pensé que seule l\'intimidation était la cause réelle de ce déces insensé et que des facteurs autres prédisposaient la petite Marjorie à choisir une conclusion définitive à son mal d\'être.
    Le risque ici est de minimiser un ou l\'autre des facteurs en cause. La goutte qui fait déborder le vase est elle plus déterminante que la premiere goutte dans le fond du problême ?
    Oui l\'intimidation a eu beaucoup à faire dans ce drame car c\'est de là que s\'est allumée la trainée de poudre. J\'ai beaucoup lu à ce sujet ,particulierement les propos des principaux interressés et il faut adresser ce problême et surtout pas le considérer comme normal, il y en a toujours eu et bla et bla et bla... La violence des propos des jeunes à ce sujet laisse transparaitre une réalité douloureuse qui laisse tres peu de place à la subtilité.
    Mais ce rapport fait aussi état de ce que la société préfere ignorer soit la situation complexe d\'une adolescente avec les pressions de son milieu exacerbées par une situation familiale fragile et une santé mentale intense comme celle de chaque adolescent qui doit affronter tout et se définir en tant qu\'être humain. Peut-on vraiment imputer ce drame à la condition trouble d\'une fille ou à une société qui ne lui a pas vraiment offert les bonnes ressources ?
    On en demande beaucoup aux jeunes et eux en même temps en veulent plus. Ainsi, on se libere de responsabilités d\'adultes sans se questionner sur la capacité qu\'ont les individus de les assummer.
    Il ne faut pas arrêter là cette réflexion et surtout pas se fier au ¨ systeme ¨ en place et s\'endormir dans un confort indifférent.

  • J'aime bien votre billet. Je fus choqué ce matin de lire le rapport du coroner. J'avais l'impression, qu'on banaliserait l'intimidation après un pareil rapport. Je trouve navrant de voir qu'un coroner mêle des facteurs et des conséquences. Marjorie Raymond était victime d'intimidation, c'est clair. Elle faisait usage de marijuana et a fait des tentatives de suicides auparavant; ce ne sont pas des facteurs mais des conséquences de la souffrance qu'elle vivait au quotidien. Se faire intimider chaque jour est émotivement dur, la drogue n'est qu'un échappatoire pour adoucir cette souffrance intérieure. Ce n'est pas tout de dire qu'elle refusait l'aide qu'on lui offrait; on se doit de voir comment on aurait pu l'aider autrement. Peut-être qu'elle ne se sentait pas en confiance avec la personne qui a tenté de l'aider; trouvons lui quelqu'un d'autre. Peut-être a-t-on baissé les bras trop vite sur son refus. Que de questions sans réponses. Arrêtons de chercher des réponses, cherchons plutôt des solutions pour que des drames comme ça ne se reproduisent plus.
    Francis Perron, Jonquière

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