@vagabond22
vous croyez donc qu'on devrait limiter l'enseignement de l'anglais afin de réduire l'exil de travailleurs? Vous ne pensez pas qu'un mur serait une meilleure option?
Si vous voulez freiner l'exil économique de travailleurs bilingues, commencez par complètement revoir le modèle de la société québécoise pour s'adapter à ceux qui le finance plutôt que de limiter l'enseigmement d'une langue seconde.
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- > Maîtrise de l'anglais et sixième année bilingues: encore des questions sans réponses
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Je suis enseignant en 6ième année et j'aimerais bien en dire plus à ce sujet, étant donné que je m'y retrouve directement concerné. J'enseigne dans un milieu multi-ethnique. Alors, j'ai donc un bon nombre d'élèves qui ne maîtrisent pas le français. Selon moi, le fait d'ajouter l'anglais intensif n'aidera pas la plupart de ces élèves. En plus, plusieurs d'entre eux ont des difficultés d'apprentissage (l'intégration!) ou accusent un grand retard académique (la réforme!).
Malgré tout, j'étais quand même ouvert à l'idée. Étant bilingue, je réfléchissais à la façon de faire. Je me disais que la moitié de l'année serait en français et l'autre en anglais. Toutes les disciplines seraient travaillées cinq mois en français et cinq mois en anglais. Durant les cinq mois en anglais, je prévoyais me garder deux heures pour continuer de travailler le français avec eux. J'ai appris qu'avec la loi 101, on ne peut évaluer les disciplines, autre l'anglais bien sûr, qu'en français. Donc, les élèves ne seront évalués qu'en anglais pour les cinq mois d'immersion anglaise. Ce qui veut donc dire que je n'ai que cinq mois pour travailler toutes les autres matières sauf l'anglais et que, pendant cinq mois, il n'y a que l'anglais qui est évalué. Je me demande si bien des parents, qui croient que l'idée d'une immersion anglaise est une bonne idée, sont au courant de ces conditions. Le programme de 6ième est chargé et difficile. Sans compter que l'on met beaucoup d'efforts pour préparer les élèves aux examens du Ministère et à la transition au secondaire. Même si on transfère une partie du programme en cinquième, pour alléger la 6ième, le problème ne fait qu'être déplacé car la 5ième est elle aussi difficile et chargée. Le partage des notions est bien comme il l'est présentement. Que ce programme d'anglais intensif soit offert aux élèves qui en sont capables, j'en suis parfaitement d'accord. Mais l'implanter à tous les élèves du Québec est selon moi une voie qui ne fera, encore une fois, que nuire au parcours scolaire de la majorité des élèves. J'espère que le gouvernement fera marche arrière avant qu'il soit trop tard. Après tout, ce n'est pas la première fois que le gouvernement se trompe et change d'idée après "mûre" réflexion.Je suis moi-même un professionnel qui gagne bien sa vie dans le domaine de la télévision bien que mon anglais soit tout au plus.. fonctionnel. J'ai quand même beaucoup voyagé et communiqué avec beaucoup de gens parlant aussi mal l'anglais que moi.
Somme toute mon Québec à moi produit des traductions qui me conviennent parfaitement et la langue française me nourrit amplement. À mon avis chaque parfait bilingue que nous produisons à bon prix devient un candidat à l'exil économique dû à notre société un peu trop sociale-démocrate pour certains payeurs de taxes centre droit.Une langue c'est comme une maladie... Ça s'attrape.
Combien de gens, au Québec, ont vraiment besoin de l'anglais pour évoluer et travailler tous les jours? Combien de gens font des tentatives répétées pour devenir bilingues pour ensuite perdre leur seconde langue faute d'occasion pour la pratiquer?
Ne gaspillons pas efforts et argent à créer des bilingues disfonctionnels. Laissons la "sélection naturelle" faire son oeuvre et concentrons-nous sur ce qui est vraiment utile...
Commençons par enseigner aux jeunes à vivre en société dans un monde moderne. Enseignons aux jeunes à devenir économiquement et écologiquement responsables. La langue nécessaire pour réussir s'imposera d'elle-même.«Ou même dans une polyvalente francophone de l'ouest de l'île où mes collègues peinent à entendre la langue française dans les couloirs !» T Longpré
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C'est FAUX et vous le savez en plus. Vous induisez en erreur les gens qui habitent loin de Montréal --et ne peuvent donc pas vérifier-- à force de répéter ce mensonge. Non seulement les jeunes allophones parlent français, ils le parlent très bien!"Est-ce que tous les enfants du Québec ont un besoin vital d'une langue seconde, au détriment d'une bonne maîtrise de l'histoire ou des mathématiques ?"
Vous soulevez d'excellentes questions.
Je suis ingénieur et l'anglais me sert plus dans mon travail que les mathématiques! L'anglais m'a permis d'aller travailler dans de nombreux pays, il me donne accès à des reportages de partout dans le monde, il me permet de lire des ouvrages scientifiques écrits par un allemand. Avec l'anglais je peux parler avec un chinois, un argentin et un polonais.
Il n'y a qu'au Québec ou l'on met encore en doute l'importance d'apprendre une deuxième langue. L'apprentissage de l'anglais est essentiel et il ne se fait pas automatiquement au détriment de l'identité québécoise.Je connais également des gens qui, en 6e année, ont eu la chance de suivre ce programme et ne l'ont jamais regretté. Mais c'étaient des jeunes surdoués, choisis pour faire partie de ces classes en fonction de leurs excellents résultats scolaires et qui étaient jugés capables de voir le reste de la matière en 5 mois.
Dans ce contexte? Entièrement d'accord. Imposé à tous? Superbement mauvaise idée.
Pour l'enseignement du français aux anglophones et aux allophones, aussi d'accord avec Mme Longpré qui connaît fort bien ce domaine.Pourquoi ne pas envisager un programme d’échange d’étudiants entre les écoles francophones et anglophones? Un stage d'immersion de six mois ou un an dans une autre école ne devrait-il pas se mériter en ayant de bonnes notes?
En démarrant ce programme dès la première année, les élèves pourraient y voir un puissant incitatif pour se mériter éventuellement, au cours des ans, l'accès à ce programme. Même les enfants ayant des difficultés d'apprentissage pourraient être éligibles à ce programme, lorsqu'ils améliorent leurs résultats.
Ce programme permettrait de légitimer fort élégamment la règle du français obligatoire dans les couloirs d'écoles francophones. Cela permettrait aux écoles francophones et anglophones de collaborer à l'amélioration du programme. Cela permettrait d'éviter l'implantation d'une structure lourde et dispendieuse gérée par des commissions scolaires désuètes.
Serge DaignoLe contact avec d'autres langues, pas seulement l'anglais, doit être fait le plus tôt possible. Ce n'est que mettre des bâtons dans les roues de l'éducation des enfants que de leur refuser ce contact pour des technicalités. Je suis 100% francophone né au Québec et j'ai eu la chance d'être mis en contact avec l'anglais très jeune dans des classes de concentration anglais dès le secondaire 1, et aujourd'hui je suis parfaitement bilingue et je peux même me vanter d'être exempté à vie de tests d'anglais à mon travail vu mes notes obtenues lors de mon embauche. Je considère que l'éducation que j'ai reçue en anglais a grandement contribué à celà et je ne peux que souhaiter cela pour tout le monde.
Plus jeune, j'ai eu la chance d'être choisi pour faire parti de la classe d'immersion en anglais en 6e année. Je ne sais pas comment les écoles pensent donner le cours cette fois-ci, mais à l'époque, nous avions étudié l'anglais exclusivement de septembre à la mi-janvier environ et ensuite le restant de la matière (français, maths, pour le reste des matières je ne me souviens plus, ça fait quand même 20 ans de ça!) jusqu'en juin. Je me souviens qu'on nous avait dit que nous voyons la même chose que les autres étudiants, mais deux fois plus vite, ce que je doute fortement. Cela dit, je ne me souviens pas avoir eu de difficulté particulière à l'époque à suivre le programme rendu au secondaire. De plus, nous avions tous sauvé un an d'anglais en bout de compte. Résultat : une option supplémentaire en secondaire 5.
Cette expérience a été très enrichissante pour moi et j'espère que les enseignants trouveront le moyen de donner ce cours pour tous. Cela dit, je crois fortement que les écoles anglophones devraient pour leur part donner des cours d'immersion française à leurs étudiants, ça va de soit.
Malheureusement, je ne sais trop quoi dire pour ces jeunes nouveaux arrivants qui devront apprendre le français et l'anglais de façon intensive. Il y a un trou dans le système pour eux, et il faudra trouver comment les accomoder afin qu'ils puissent s'intégrer.
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