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Grève étudiante, ce qu'en pensent les usagers des réseaux sociaux

Christian Tremblay
 

Christian Tremblay

Écrivain

Beaucoup de choses se disent sur l'ambiance qui règne sur la twittosphère à propos du conflit étudiant. Moi-même, je vois passer des centaines de commentaires à ce sujet tous les jours. Certains sont constructifs, d'autres plus critiques. Certains comptes ont même été supprimés par Twitter à cause des propos tenus.

La tribune Twitter est effectivement assez particulière. La contrainte des 140 caractères ne laisse aucune place à la nuance. Le message est clair et direct peu importe la direction qu'il prend. Facebook, lui, est moins violent.

Il y a en effet des conversations très musclées sur Twitter. Les idées s'empilent à une vitesse folle à coup de petites phrases souvent assassines, polarisant encore plus le débat.

C'est donc dans cet état d'esprit que je me suis livré à un petit exercice en fin de semaine, soit de permettre à certains de mes suiveurs de s'exprimer sur la crise sans les contraintes des réseaux sociaux. Résultat? Les usagers des réseaux sociaux ne sont pas plus ni moins violents que les autres. Les usagers Twitter ne sont pas des extra-terrestres qui écrivent d'une autre planète. Ils sont parmi nous. Ce sont nos voisins, nos amis, nos collègues de travail.

Parmi les communications que j'ai reçues, voici six exemples de ce que pensent les usagers Twitter et Facebook du conflit actuel. Les positions sont campées, mais il n'y a pas là de dangereux terroristes.

Marilyn Bastien, comédienne et présidente du Théâtre du Lys bleu:

«Le film auquel assiste en ce moment le peuple québécois est tiré d'un scénario méticuleux et précis écrit depuis bien longtemps dans le but de détourner l'attention des citoyens. Pendant que le Québec est obnubilé par la situation actuelle il ne se préoccupe pas de la commission Charbonneau et de tous les autres aspects qui nuisent considérablement au Parti Liberal du Québec.»

France Lemoyne:

«Cette crise est en réalité le profond cri du coeur d'un peuple qui s'était longtemps oublié! Les matraques ont violemment réveillé le feu brûlant de leur passion et ensemble ils s'opposent à l'autorité pour vivre dans un pays libre et plus humain!»

Fany Thibault-Delaney, 17 ans:

«Les rues de Montréal sont peuplées d'étudiants depuis quelques semaines. Conflit étudiant, grève et casserole, les étudiants ont-ils raison d'agir ainsi? De mon côté, je pense que non, les étudiants ne devraient pas payer une telle somme pour faire des études. Étant moi-même au secondaire, j'ai peur de devoir payer une somme si élevée. En définitive, je suis entièrement en désaccord avec le gouvernement Charest!»

Luc Nocente:

«Les boycotteurs représentent une minorité de jeunes, inquiets de la mondialisation, conscients que l'avenir sera difficile pour eux à qui on a tout promis. On y trouve surtout les finissants en sciences molles, pas ceux en génie à qui on offrira des emplois à 50 000 par année.»

Normand Cantin:

«Le "régime" Charest adopte une loi répressive visant à détourner l'attention de la population des enjeux que sont la collusion et corruption.»

@Lebisonravi:

«Le gouvernement actuel n'est plus le mieux placé afin de permettre au conflit de se régler efficacement. On ne peut qu'espérer quelqu'un d'autre pour rapidement prendre les choses en main.»

Il faudrait arrêter de dire que les réseaux sociaux sont une fosse aux lions. Il faut simplement savoir se défendre. Je dirais même que le fait de confronter nos idées de cette façon peut être très formateur. Pour ceux qui n'ont pas de compte Twitter, je vous mets au défi d'écrire sur du papier une de vos opinions en moins de 140 caractères. Vous verrez bien la difficulté de la subtilité!

Pour rejoindre Christian Tremblay sur Twitter: @romanquebecois

Auteur de trois romans, l'auteur aime explorer l'actualité politique québécoise.

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Commentaires (6)

Commenter cet article »

  • Les autres ont suivi leurs cours, passé leurs examens et en ce moment travaillent à temps plein jusqu'à la prochaine session.Claude LaFrenière
    Qc city, Canada
    Les autres...ça aussi c'est une généralisation.
    Je vois que vous n'avez pas quitté la cause, ni le Québec, comme vous aviez promis!!!

  • Saintal + 1!! Rien à voir avec la réalité des positions débatues dans les résaeux sociaux, sortez de vos petits cercles fermés (et pas mal à gauche) Mme Tremblay!

  • Vous avez écrit: «grève étudiante»...
    Quand on veut régler un problème la première étape c'est de le définir correctement. Cela suppose qu'on utilise les bons mots. À moins bien entendu que tel ne soit pas l'intention sous-jacente...
    Ce n'est pas une "grève" mais un boycott. Les gens inscrit à l'université ne sont pas des employés mais des clients et en conséquence ils ne peuvent pas être "en grève"...
    Ce ne sont pas "les étudiants: mais environ %25 des inscrits à l'université. Les autres ont suivi leurs cours, passé leurs examens et en ce moment travaillent à temps plein jusqu'à la prochaine session.
    Vous avez fait une erreur logique courante: la généralisation abusive. Une généralisation est un produit logique: une suite de propositions reliées par l'opérateur logique "ET". Pour qu'une telle suite soit invalide il faut et il suffit qu'une seule des propositions de la suite soit fausse ce qui est manifestement le cas ici...
    Bonne journée
    --
    Claude LaFrenière
    Qc city, Canada

  • "mais il n'y a pas là de dangereux terroristes."
    Ne pas être un dangereux terroriste, ça ne veut rien dire. Les criminels, les honnêtes gens, les violeurs d'enfants, les capitalistes corrompus, les syndicalistes intimidateurs, les cannibales, Jean Charest et Gabriel Nadeau-Dubois , sont tous des non-terroristes.
    Dire qu'un groupe de personne n'est pas composé de dangereux terroristes, ça ne veut rien dire. 99,99999% des humains sont des non-terroristes. Ça ne donne aucun poid supplémentaire à leurs arguments.
    Utiliser le mot "terroriste" aurait été amplement suffisant. Non, vous utilisez "dangereux terroriste". Aviez-vous peur que le mot terroriste soit trop proche des agissements de certains étudiants?
    Stéphane Marsan

  • Confronter des idées implique habituellement de donner des arguments pour les appuyer. Vous n'avez inscrit que des opinions. Ça n'avance pas beaucoup un débat. Et si vous me dites que la limite des 140 caractères ne permet pas d'écrire tous ses arguments, alors pourquoi ne pas changer de média?
    On dirait que vous avez soigneusement choisi vos extraits pour que votre exposé se retourne contre vous. Vous donnez des munitions à ceux qui croient que les médias sociaux n'élèvent pas le débat.

  • Le titre est trompeur. Vous auriez dû écrire : Grève étudiante, ce qu'en pensent mes amis. En réalité, les réseaux sociaux sont beaucoup plus critiques de la grève étudiante que vous ne le laissez entendre.

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