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Des fonctions de travail qui requierent des études universitaires plus longues

Nicole Moreau
 

Nicole Moreau

Détient une maîtrise en science politique de l'Université Laval

Un nombre toujours plus grand de fonctions de travail suppose, dans notre société d'avoir terminé des études supérieures, soit des études universitaires de 2e ou de 3e cycle. Cela implique d'avoir terminé quelques années d'études supplémentaires par rapport à un baccalauréat (diplôme de 1er cycle) et, par conséquent, des dettes plus grandes encore que pour la majorité des étudiants universitaires.

Oui, il existe des bourses d'excellence, mais dans la plupart des cas, les finissants du premier cycle universitaire doivent faire appel au système général de prêts et bourses pour suivre la formation visée.

À titre d'exemple, on peut penser aux psychologues qui doivent maintenant pour exercer à ce titre, détenir un doctorat. Nul ne pourra contester le besoin que l'on ait de pouvoir consulter des personnes adéquatement formées dans un contexte marqué par une grande exigence de performance à laquelle nous sommes tous confrontés, ce qui est susceptible de générer des difficultés d'adaptation, peu importe le milieu ou l'âge de ces personnes. Il est également possible d'évoquer certains grands projets qui, de l'aveu même du gouvernement en place, doivent passer la rampe en ce qui a trait à leur acceptabilité sociale. On pense alors, entre autres, aux projets associés à l'exploitation de nos ressources naturelles (Plan Nord et minières, gaz de schiste, etc.). Pour se pencher sur ce volet des projets, il va sans dire que nous aurons besoin de personnes spécialisées en sciences humaines (sociologie, géographie, sciences politiques, etc.). Pour son forum sur le sujet, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue cerne ce concept, appliqué à l'aménagement du territoire de la façon suivante: l'acceptabilité des pratiques d'aménagement du territoire est le résultat d'un processus de jugement par lequel les individus comparent la réalité perçue avec les alternatives qu'ils connaissent et déterminent dans quelle mesure chacune des conditions alternatives diffère (ou pas) de la condition réelle. Si la condition réelle est jugée insatisfaisante, l'individu (ou la communauté) initiera des comportements visant à favoriser la condition alternative jugée la plus favorable.

De telles questions sont caractérisées par un degré assez élevé de complexité. Pour les examiner, les professionnels devront pouvoir disposer d'instruments sophistiqués, dont la maîtrise et l'utilisation est la voie la mieux en mesure d'atteindre les objectifs visés par la mesure de l'acceptabilité sociale d'un projet par une communauté.

Cependant, ces personnes, si on se fie au marché du travail actuel, ne disposeront pas nécessairement d'un revenu suffisant pour leur permettre de rembourser leurs dettes d'études dans des délais raisonnables, surtout que ces dettes semblent appelées à s'accroître de façon importante dans les années à venir si l'on prend en considération les orientations actuelles.

Est-ce qu'un tel niveau d'endettement peut représenter, pour un nombre important de personnes un obstacle suffisant pour les empêcher d'aller vers de telles études? Si c'était le cas, comme société, que faudrait-il faire, si, bien sûr, nous considérons comme opportun l'apport de tels professionnels? Ça me semble d'autant plus important que l'on y réfléchisse parce qu'il y aura sans doute un problème, à relativement court terme.

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Commentaire (1)

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  • En sciences pures et en sciences biomédicales, une solution est que l'étudiant en maitrise ou au doctorat qui n'a pas réussi à obtenir une bourse au mérite, reçoive un montant correspondant à une bourse de la part du professeur-chercheur avec lequel l'étudiant étudie, montant pris à même les subventions de recherche du professeur. Il ne faut pas oublier qu'en faisant de la recherche, un étudiant gradué fait le travail d'un assistant de recherche qui serait rémunéré par le profeseur-chercheur. La même chose est possible lorsque l'étudiant au 2è ou 3è cycle en sciences humaines étudie avec un professeur qui fait de la recherche et qui a des montants de recherche à sa disposition. Il est vrai cependant que dans un programme dont les crédits sont en grande majorité des crédits de cours magistraux et de travaux de recherche dans la littérature - plutôt qu'un programme basé sur un projet de recherche amenant à la rédaction d'un mémoire avec résultats des recherches effectuées - les professeurs font moins de recherche subventionnées.

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