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Fable démocratique à ma fille

Thierry De Greef
 

Thierry De Greef

Chroniqueur et expert en communication éthique

Le frelon et la fourmi

Un frelon se prenant pour un roi,
Arborait en son trône,
Un air de circonstance,
Criant haut et fort que les rênes du pouvoir lui revenaient de droit.
Il dispensait écus et éloges d'omniscience,
À qui de droit, pour astreindre le peuple à écouter sa loi.
Fût-elle écrite et adoptée de mauvaise foi.

Une fourmi, rouge de son état,
Avait pour elle, la jeunesse et l'émoi,
Sachant à dessein qu'un esprit malsain,
Soumis au pouvoir corrompu et monarchique,
Fait fi d'un état démocratique.

À l'orée, le printemps de l'érable naissait
Aux effluves du muguet de mai, la révolte se joignait.
La fourmi rouge osa, et le dit en ses mots
Pour déclarer au frelon sans baisser de ton:
Votre cour ne fleure plus que miasmes corrompus
et la pestilence des discours entendus!

Les fourmis rouges lassées de vivre sans le sou,
De sous terre, une à une, sortirent, par dégoût.
Devant une fin de non-recevoir et tant d'injustice,
La fourmilière s'ébranla.

Le besoin qu'elles avaient en leur âme et conscience,
D'exprimer au ciel, leur profond désarroi.
Qu'à la gageure, le pouvoir se trompait
Qu'ici, il n'y a pas de pays pour un roi.

L'érudite fourmi dont la lumière éclata
La logique de fait, dans le temps, s'imposa
Les sujets du roi, devant le nombre grandissant,
Quittèrent ce frelon en le délaissant.

Les fourmis terre-à-terre, le lui ont bien appris,
Tout frelon qu'il est, au-dessus du monde,
Il n'y a guère d'espoir d'y rester à vie.

Il se murmure encore aujourd'hui,
De mémoire collective et mémoire de la rue
Que la force du nombre affaiblit tous les rois.

*************************************************

«Pourrais-tu écrire m'écrire une fable, papa? Comme Jean de La Fontaine» m'a demandé ma fille de 9 ans. «Sans que tu n'aies des ennuis a-t-elle ajouté».

Hier, nous étions 300 000, encore 20 000 aujourd'hui, à braver la loi antidémocratique. Ma fille apprend la démocratie, la plus belle des leçons que je puisse lui donner. C'est un legs de notre liberté.

Les Nations-Unies, Amnistie internationale, le monde nous pointent du doigt.

Les fables de Jean La Fontaine furent écrites en 1678. Il publia deux recueils de fables, destinés entre autres au Dauphin. La Fontaine fait une critique sociale et universelle de l'homme à travers les animaux. Cela lui a permis d'éviter la censure, la prison et la mort. Et de contourner le droit divin. Déjà la liberté d'expression.

L'auteur est chroniqueur, expert en communication éthique et stratège en communication responsable. Il est également conférencier dans les universités et membre du comité consultatif dans le cadre du guide iso 26 000 pour les communicateurs.

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Commentaires (11)

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  • M. Bergeron, ce que vous décrivez, ce n'est pas du socialisme, c'est du communisme. Faites attention à ce que vous colportez et vérifiez les dires des autres AVANT de le faire. Les économistes portent souvent des jugements en mélangeant cause et effet: c'est l'une des raisons pour laquelle ils se trompent trop souvent. Rares sont ceux qui comprennent que l'économie n'est pas une roue qui tourne mais la délicate mécanique qui fait avancer (ou reculer) une voiture. Leurs jugements et analyses en sont d'autant biaisés.
    Un économiste qui traite de politique, faites-moi rire!
    Jean-François Côté

  • Courriel qui commence à circuler ces jours-ci:
    Un professeur d'économie dans un collège a annoncé qu'il n'avait jamais eu un étudiant qui avait failli son cours mais il s'est retrouvé à faillir une classe entière récemment. La classe entière avait insisté pour dire que le socialisme fonctionne et que, par conséquent, personne ne serait ni pauvre ni riche. Un égaliseur extraordinaire.
    Alors, le professeur annonça : "D'ACCORD ! nous allons tenter une petite expérience en classe".. Je prendrai la moyenne de toutes vos notes. Vous aurez alors tous la même note, personne ne faillira ni n'aura un A.... ( En remplaçant les dollars par des notes, on aura un résultat plus concret et mieux compris par tous).
    Après le premier examen, les notes furent moyennées et tout le monde obtint un B. Ceux qui avaient étudié fort étaient déçus et ceux qui avaient étudié peu étaient ravis. Lors du deuxième examen, ceux qui avaient étudié peu, étudièrent moins et ceux qui avaient étudié fort décidèrent de prendre la route du peuple libre et étudièrent peu.
    La moyenne du deuxième examen fut un D! Personne n'était content.
    Lors du troisième examen, la moyenne fut un F.
    Pendant les examens ultérieurs, les notes ne montèrent jamais, les pointages de doigts commencèrent, les jugements dominaient les conversations et tout le monde se sentait mal. Personne ne voulut étudier pour le bénéfice de l'autre.
    À la grande surprise de tout le monde, ils faillirent tous. C'est alors que le professeur déclara que le socialisme était pour faillir ultimement car lorsque la récompense est grande, l'effort pour réussir est grand aussi. Mais lorsque le gouvernement enlève toutes les récompenses, personne ne fournira l'effort ni voudra réussir.
    Cela ne pourrait être plus simple.
    Ces cinq phrases sont possiblement les meilleures conclusions sortant de cette expérience :
    1. Vous ne pouvez pas ordonner aux pauvres d’obtenir le succès en ordonnant aux riches de ne plus en avoir.
    2. Ce qu’une personne reçoit sans avoir à travailler, une autre personne doit travailler sans en recevoir la récompense.
    3. Le gouvernement ne peut donner quelque chose à quelqu’un sans l’avoir enlevé à quelqu’un d’autre auparavant.
    4. Vous ne pouvez pas multiplier la richesse en la divisant.
    5. Lorsque la moitié du peuple perçoit l’idée qu’ils n’ont pas besoin de travailler car l’autre partie va s’occuper d’eux et lorsque l’autre moitié comprend que ça ne vaut pas la peine de travailler car quelqu’un d’autre récoltera ce qu’ils méritent par leurs efforts, cela est le début de la fin de toute une nation.
    À méditer?
    S. Bergeron

  • Les Nations Unies ont nommé le dictateur Robert Mugabe comme ambassadeur. Ils sont mal placés pour nous pointer du doigt en matière de démocratie.

  • @neijaZeugme. Oui j'ai toujours respecté les lois et, meme si vous trouvez cela tres drole, je respecte les limites de vitesse. Le civisme a fait partie de mon éducation et, oui je respecte les gens comme je veux qu'ils me respectent. J'ai participé a des avancées sociales pour les femmes (dans les années 60 et 70) dans le respect des lois et sans empiéter sur les droits des autres. Ah oui, j'oubliais de dire, en 45 ans je n'ai jamais manqué d'aller voter au fédéral, provincial et municipal. C'est la que je manifeste ma satisfaction ou mon mécontentement démocratiquement.

  • À la vue des commentaires qui précèdent, je suggère une suite : Le lombric et la bête DesMarais.

  • @Celine4 : vous aviez surement besoin de finir votre diatrie en hurlant ! c'est vrai que votre message passe ainsi bien mieux.
    Et puis surement que vous, vous respectez toutes les lois, toujours, et en tout temps. Avez-vous une voiture ??? roulez-vous toujours à la vitesse indiquée ??? laissez moi rire.
    Avez-vous toujours respecté les autres en tout temps ? à vous lire on le dirait bien.
    Les avancées sociales ne se sont jamais fait dans la joie et la bonne humeur, en levant la main et en disant : s'il vous plait !!! c'est peut-être dommage mais c'est un fait avéré.
    les Zola et autres grands penseurs du monde en sont la preuve.

  • À la vue des commentaires qui précèdent, je suggère une suite : Le lombric et la bête DesMarais.

  • Je l'ai lu à mes enfants de 5 et 6 ans pour leur montrer que même de très belle chose peuvent être complètement fausse et mensongère.

  • Si votre lecon de démocratie a votre fille est de lui enseigner que c'est OK de brimer les droits des autres pour atteindre ses buts, j'ose meme pas penser ce que vous lui enseignez sur d'autres sujets. Si la démocratie c'est le non-respect des lois, des reglements, des injonctions, vous me l'apprenez. Je serais curieuse d'assister a une de vos conférences a titre d'expert en communication éthique et responsable. Enseigner qu'une loi est anti-démocratique avant meme que les tribunaux se soient prononcés n'est pas responsable. Une enfant de 9 ans qui dit 'pourrais-tu m'écrire une fable sans que tu n'aies des ennuis' au Québec en 2012 CE N'EST PAS DE L'ÉDUCATION C'EST DE L'ENDOCTRINATION.

  • C'est la minorité qui parle, n'est -ce pas ?

  • En complément à votre fable M. De Greef
    Et les syndicats en éveil de guerre
    reniflant la bonne affaire
    La fourmi devenue proie
    Facile d’agir en bon aloi
    Venaient tous en cœur prêter oreille
    Itou, offrir un coffre plein d'oseille
    Oui parfois démocratie a un prix
    Certains l’ont bien compris
    Pendant que l’éthique la vote
    La magouille, elle, la tripote
    Fernand Lavigne

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