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Le fantôme

Stéphane Biron
 

Stéphane Biron

Blogueur

Nous en sommes rendus là, vers ce besoin, où la cause veut son symbole pour s'offrir un second souffle. Maintenant que le fantôme est apparu, la thèse du complot pourra s'installer confortablement. Nous n'avions pas assez d'un gouvernement surréel, il nous fallait aussi un héros fantôme. Comme si, cinq mille, dix mille, cent mille personnes, ce n'était pas assez héroïque pour qu'un peuple puisse se prendre en main. Comme pour le 11 septembre, il ne suffit pas de savoir que nous avons le pire des présidents. Pour le sortir, il faut en plus le diaboliser ou en faire la plus grande légende urbaine.

Les évènements qui ont conduit à cet assaut brutal, envers le fantôme, sont inexcusables. Malgré la pression, la fatigue, chaque policier doit suivre un code de déontologie et respecter la devise de son diplôme: savoir, être et agir. Ce 20 mai dernier, la devise a pris le bord! Les esprits se sont trop échauffés et le résultat fut médiatisé en boucle. C'est dommage, peut-être même impardonnable, mais pas plus, ni moins que cette jeune femme qui y a laissé une partie de ses dents. Nous avons tous vu les photos de cet homme, étendu et stigmatisé par son propre sang. Les images nous ont démontré un assaut violent et démesuré, mais faut-il pour autant se créer une icône qui pardonnera notre mémoire collective déficiente?

Avons-nous besoin, au-delà de ses images affreuses, d'un nouveau messie ressuscitant au septième jour? Avons-nous vraiment besoin qu'un groupe d'illuminés écrive l'histoire du messie manifestant? Bien sûr, lorsque nous sommes en pleine noirceur, mal éduquée et en majorité silencieuse, nous avons besoin d'une image forte pour nous souvenir. Nous avons besoin des évangiles pour nous rappeler quoi faire, quoi dire et surtout, être bien repentants. Nous avons besoin qu'on explique les phénomènes de la vie. Lorsqu'un gouvernement laisse comme héritage, après dix ans, d'innombrables scandales, un peuple ne devrait pas avoir besoin d'un messie pour lui montrer la porte et presque l'accompagner d'un bon coup de pied au cul.

Un peuple intelligent et informé ne devrait pas se créer de fausses légendes pour répondre à l'oppression. Il devrait se tenir debout soir après soir comme il le fait en ce moment. Il devrait sortir et se faire entendre toujours de plus en plus. Dans une société qui se respecte, il est toujours dangereux de déifier l'un ou de diaboliser l'autre. Nos débats en sont incapables en ce moment. La droite possède le réel et la gauche est utopique. Les manifestations qui parcourent le monde, depuis quelque temps, remettent en cause un néolibéralisme qui ne tient plus compte de rien, si ce n'est que son propre compte. Des gens sortent, pour exprimer leur ras-le-bol face à cette comédie mercantile qui fait payer toujours les mêmes. Que nous ayons des idées à gauche ou à droite, nous effectuons souvent les mêmes constats.

Certes, il se peut très bien que nous ayons de la difficulté à nous comprendre sur la façon de s'en sortir. Cependant, lorsque le feu est dans la baraque, le plus important n'est pas de commencer à s'obstiner sur la façon de construire, mais d'en sortir au plus vite. Actuellement, nous avons un feu à éteindre et un pyromane à arrêter. Lorsque ce boulot sera complété, il sera intéressant de se donner tous les outils pour reconstruire notre propre pays et décider ensemble de quelle façon nous y arriverons. À ce sujet, nous n'avons nullement besoin d'un messie, mais plutôt de peuple qui se tient debout et qui fait les choix appropriés.

L'auteur est blogueur et amoureux de politique.

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Commentaires (3)

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  • Oubliez les fantomes et ALLEZ VOTER.

  • Vous écrivez vraiment d'une étrange façon. J'ai dû lire deux fois pour comprendre que vous parlez de ce citoyen qui a perdu connaissance suite à l'attaque d'un ou plusieurs policiers, et qui est resté étendu longtemps à terre.
    C'est qu'en fait personne n'a vraiment essayé d'en faire un Messie, mais là pas du tout. Victime expiatoire, sacrifié, oriflamme probablement, symbole certainement, mais pas Messie. Alors, où voulez-vous diriger votre discours ????
    Je n'ai vu nulle part que ce monsieur devenait soudain surhumain et qu'il assumait en lui le destin d'un peuple, ni d'un groupe, en fait probablement même pas de ses propres godasses, si godasses il a mais je n'en sais strictement rien.
    D'autre part la leçon morale que vous tentez de faire ressortir est à tout le moins bizarre. Elle ne tient pas compte de l'ensemble de l'histoire de l'humanité, ce qui est déjà difficile à gober.
    Tous les peuples ont des mythes fondateurs, des héros, des anges et des démons. Bien sûr on peut trouver chaque cas séparément ridicule mais le fait reste.
    Que ce soit Dollard ou Iberville ici, Jeanne d'Arc ou Laura Secord, Paul Banyon ou William Wallace, ça pullule dans l'histoire. Einstein n'y échappe pas à sa façon. Et alors ? Un peuple serait moins "méritant" parce qu'il rêve ?
    Les mythes ne donnent pas grand-chose en soi mais ils sont utiles à la compréhension des peuples et des gens. Ils permettent de fixer des "moments sacrés" dans l'histoire, des périodes qui servent de référence et marquent le temps tout comme les saisons, les anniversaires ou les bals de finissants : c'est idiot mais ça compte.
    De là à aduler une personne, bon, ça me serait difficile (quoiqu'encore: pour Clémence Desrochers je deviens totalement gaga). D'autre part il me semble qu'il faut un peu se poser en Messie soi-même pour décider de faire la morale aux peuples, non ?
    Ce monsieur a la chance de se tenir à l'écart du babil inutile et ainsi il n'a rien su de tout le bruit qui l'a entouré. Tant mieux! Il y a eu beaucoup de bêtises dites à son sujet... dont les vôtres. Une saine humilité peut-être ?
    Bon ben bonne journée.
    Jean-François Trottier

  • Oubliez-moi, monsieur Biron, je ne serai jamais avec vous. je ne puis blairer votre écrit. Si jamais vous et ceux de votre acabit prenez le pouvoir, je serai bien loin.
    Longue vie cependant.
    Claude Dufour

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