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De crise en crise, comment l'extrême gauche pave la voie à l'extrême droite

Michel Marceau
 

Michel Marceau

Écologiste

L'extrême gauche en dévalorisant les institutions démocratiques fait objectivement le jeu de l'extrême droite. En période de crise, des portions plus ou moins importantes des classes moyennes et supérieures, généralement des jeunes, on la nette impression que leur avenir est bloqué. Ces jeunes sont convaincus qu'ils ne pourront pas reproduire le seul mode de vie qu'ils connaissent soit celui de leur entourage. Ils sont alors très stressés, car ils ne savent pas vivre avec moins. Ils vont alors être poussés à critiquer fortement les élites et le système en place qui selon eux est responsable de tous leurs malheurs présents et surtout à venir.

Pour le commun des mortels, qui ne lira jamais les classiques de la philosophie politique, la critique du système et des élites par les extrémistes qu'ils soient de droite ou de gauche c'est du pareil au même. La différence entre les deux idéologies radicales se situe dans leur appréciation de la responsabilité des minorités dans l'origine de la crise. Pour la gauche, seuls les riches sont à blâmer pour la droite les riches et les minorités particulièrement les étrangers sont coresponsables des problèmes. La différence entre les deux mouvements extrémistes est d'autant plus tenue que suite à la chute du mur de Berlin pratiquement personne ne croit qu'il soit souhaitable de socialiser l'ensemble des moyens de production et d'en confier la gestion à une bureaucratie gouvernementale.

Une fois convaincu, par l'extrême gauche, que la classe politique et les institutions sont pourries le citoyen qui a peur de perdre ses avantages sociaux, constate qu'il est effectivement en compétition contre des étrangers, contre des plus pauvres et que cette compétition menace sont statut socio-économique. C'est tellement facile de convaincre en disant que si nous sommes dans la merde c'est à cause des autres. Voilà comment un citoyen passe de l'extrême gauche vers l'extrême droite.

Des crises, nous en avons connu plusieurs et l'extrême droite a rarement réussi à en tirer profit. Pour réussir, l'extrême droite a besoin d'un rejet fort et largement diffusé des institutions. L'Italie, l'Espagne, l'Allemagne et dans une moindre mesure le Portugal ainsi que la France avaient dans les années 30 une classe dirigeante et/ou des institutions particulièrement faibles. La même crise a frappé les nations anglo-saxonnes qui ont alors mieux résisté en raison de leurs institutions et/ou de leurs dirigent plus crédibles.

Le mouvement souverainiste en redéfinissant note identité qui est passé de Canadiens français à Québécois a réduit considérablement notre lien avec notre État fédéral qui pour beaucoup est une sorte de gouvernement étranger. Notre attention se concentre principalement sur la politique provinciale qui depuis les années soixante ne se déroule plus normalement. Dans un système normal, le débat politique tourne prioritairement autour des stratégies pour développer les conditions idéales pour créer et distribuer la richesse. Ce débat nécessaire pour stimuler la vie démocratique et renforcer les institutions publiques est faussé au Québec par le débat sur l'indépendance. La polarisation du débat autour de l'indépendance restreint le renouvellement de nos représentants politique. C'est trop souvent la composition ethnique des comtés et non la valeur des députés ou de leurs messages qui détermine le choix des électeurs.

Ces faiblesses engendrées par le débat sur l'indépendance fragilisent nos institutions rendant plus facile la progression d'idéologies extrémistes. On crée alors un cercle vicieux. Le discourt extrémiste paralyse les élites affaiblies qui ne peuvent mener à bien des réformes nécessaires, alors la situation empire ce qui favorise le discours extrémiste de gauche qui risque d'ouvrir la porte a l'extrême droite.

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Commentaires (4)

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  • Merci. J'ai bien ri.
    Presque aussi drole qu'un éditorial d'andré Pratte.
    Et gratuit en plus!

  • Vous écrivez : "Dans un système normal, le débat politique tourne prioritairement autour des stratégies pour développer les conditions idéales pour créer et distribuer la richesse."
    Le Québec doit être plus "normal" que l'Alberta dans ce cas, ou même que toute autre province canadienne, car c'est ici que la richesse est la mieux distribuée et que la proportion de pauvres est la plus basse en Amérique.
    Vous écrivez : "C'est trop souvent la composition ethnique des comtés et non la valeur des députés ou de leurs messages qui détermine le choix des électeurs."
    Ca, c'est ce que l'on remarque dans l'ouest de l'Ile de Montréal chez les Québécois anglophones. Nulle part ailleurs la composition ethnique ne détermine le choix du représentant. Nulle part !
    Votre texte est une insulte. Comme si le fait de s'assumer comme Québécois (comme les Canadiens le font, les Américains et quelque 200 nations qui ont choisi de se donner un pays)nous empêchait de nous donner une société juste et ouverte sur le monde. Vraiment ???

  • Mon pauvre monsieur,
    je ne vois pas en quoi un extrême peut être pire qu'un autre. Staline, Mao ou Kim Jung ne sont en rien mieux que Hitler, Pinochet ou Franco. En fait de l'un à l'autre je crois que je choisirais de devenir extrême-sauce blanche, juste pour faire ch....
    Mais quoi ? Ah! Vous ne parlez pas de cette extrême gauche alors ? Vous voulez parler des 40% des Québécois qui sont plutôt pour l'indépendance, qui souhaitent donner un support aux plus pauvres ou encore tapent comme des maudits sauvages sur une casserole?
    Vous avez bien raison : ceux-là sont horrrrrrriblement dangereux. On sait jamais, ils vont même finir par être pour le mariage gay si jamais on n'y voit pas.
    Et puis toutes ces manœuvres encore pires que celles de Staline: imaginez, ils ne chantent même pas l'Internationale, sournois qu'ils sont. Et puis ils font semblant d'être pro-syndicalistes alors qu'un jour, quand arrivera le clairon de la toute-puissance extrême-gauchiste, ils détruiront le syndicalisme jusqu'à la moelle.
    Ça prend-y des écœurants, hein!
    Soyons sérieux : il n'y a pas d'extrême gauche au Québec. En fait c'est à peine s'il y a une gauche ici. De même si l'extrême droite existe elle est réfugiée bien au chaud dans quelque poste de radio-poubelle de la ville de Québec, on n'en fera pas un cas.
    Nous n'en sommes ni au Goulag, ni aux camps d'extermination, et je ne vois nulle part de Guernica.
    Si l'extrémisme existe au Québec, il n'est pas réellement de droite ou de gauche mais plutôt d'efficacité à tout crin, de manque d'humanité. C'est un extrémisme "soft", qui commet ses pires crimes bien loin d'ici : vente d'arme, appui à des organisations qui enrôlent des enfants, investissement dans ce qui détruit irrémédiablement l'environnement. Il n'a pas de visage, seulement une logique. Il porte le nom néolibéralisme est a comme fanion la liberté de faire des sous mais il se fout complètement des races, du sexe ou de l'âge des gens. Même, il est pour la loi en autant que ça ne le touche pas!
    Le débat gauche-droite est tout ce qu'il y a de gentillet en comparaison. Alors dormez bien et prenez une tasse de tisane. Bonne nuit.
    Jean-François Trottier

  • Bonjour,
    Vous écrivez "Pour la gauche, seuls les riches sont à blâmer pour la droite les riches et les minorités particulièrement les étrangers sont coresponsables des problèmes."
    Votre texte est au sujet de l'extrême-droite et de l'extrême-gauche ou bien de la gauche et de la droite?
    Car la distinction est extrêmement importante.
    Merci.

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