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Quand l'opportunisme mine la crédibilité

Antoine-Sylvain Côté
 

Antoine-Sylvain Côté

Enseignant de français et ex-journaliste

Ce matin, je me réjouissais d'entendre Michelle Courchesne dire qu'il fallait s'assurer d'une rencontre avec les leaders étudiants qui permettrait de résoudre la crise. C'était un peu tard, c'était dans un moment mal choisi ; elle aurait dû prendre cette initiative dès qu'elle a obtenu le poste de ministre de l'Éducation, suite à la démission de Madame Beauchamp. D'ailleurs, j'imagine que Madame Beauchamp était plus modérée et se refusait à accepter une loi spéciale si spartiate. De là sa décision de démissionner.

Courchesne est allée dans le sens de son conseil des ministres, prêt à sévir et à mettre les étudiants au pas. Mais ce fut une erreur qu'elle doit corriger, sans que son gouvernement ne perde la face, quitte à mentir comme elle le fait depuis quelques jours. Enfin, cela nous mènera vers quelque chose de positif, espérons-le.

Les oiseaux ont tournoyé devant ma fenêtre, des merles d'Amérique qui préparent une couvée sous ma galerie. J'ai peur que des chats ne viennent bouffer les oisillons. Et je tendais quand même l'oreille à la radio, et une déclaration m'a fait sursauter. La chef péquiste Pauline Marois a affirmé qu'elle ne hausserait pas les droits de scolarité si son parti était élu. Là-dessus, même si je trouve cela irresponsable, je me suis dit, soit. Elle veut des votes par opportunisme et espère que les jeunes qui en ont ras-le-bol de ce gouvernement incompétent votent pour le PQ.

Un oiseau a émis un piaillement strident, ce qui a nui à ma compréhension. J'ai dû halluciner. Enfin, si j'ai bien entendu - j'aurais préféré saigner de l'oreille - elle propose d'envisager une hausse de impôts des particuliers pour améliorer le financement des universités et pour combler le manque à gagner creusé par cette mesure qu'elle imposera aux contribuables. Entendez-moi bien, parce que vous allez me tomber sur la fripe, surtout si je m'amuse à ironiser, je veux bien que les citoyens fassent leur part, mais ne souffrent-ils pas déjà de surimposition? En sachant que les riches sont peu nombreux au Québec, qui paiera cette initiative malavisée. La classe moyenne. Toujours et encore la classe moyenne.

Décidément, même si je m'évertue à crier partout les mêmes messages, que des penseurs, des journalistes, des spécialistes dénoncent les mesures opportunistes de nos élus, la classe politique ne pige pas ce qui est attendu d'elle. Laissez-moi vous conseiller.

Sortez des sentiers fermés de votre garde rapprochée, de ceux qui s'amusent à théoriser. La population veut du pragmatisme, du réalisme dans les choix, une gestion saine, plus que saine. On ne peut plus construire de programmes sociaux sans, au préalable, faire le ménage dans cette gestion malsaine que fait l'État de notre argent. Arrêtez de nous demander de faire plus, nous sommes étranglés. Faites mieux, gérez mieux, soyez réalistes et choisissez vos priorités. Prônez l'éducation, mais coupez ailleurs, procédez à la réingénierie de l'État.

Personnellement, comme plusieurs de mes concitoyens, je vois deux axes prioritaires pour l'avenir du Québec : l'éducation et le développement de ressources énergétiques renouvelables (environnementales) et de compagnies émergentes dans ce secteur. Pourquoi ne pas être un chef de file environnemental et transformer notre économie en ce sens!

Madame Marois, avant de rêver au pouvoir, il vous faut agir de manière responsable. Quand vous parlez de notre argent, quand vous parlez de nous étouffer par des taxes et des impôts, vous nous dites que vous ne saurez pas plus que ce gouvernement incompétent du PLQ comment gérer le Québec de manière efficace. L'opportunisme dont vous faites preuve, duquel découlent toutes sortes de promesses irréalisables, doit faire place à un sens du devoir, de la responsabilité et de l'honnêteté.

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Commentaires (6)

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  • Les syndicats, qui financent la crise actuelle, sont allergiques à toute forme de réingénierie de l'État, car ils ont le préjugé que toute amélioration va nuire à ses membres. Alors bonne chance avec cette solution.

  • J'endosse également la première intervention de Nenni. J'achète ça. Oui, Pauline Marois dans ce conflit a fait de la petite politique. Les gens ordinaires pouvaient s'afficher avec le carré rouge s'ils le désiraient, mais la chef de l'opposition a voulu jouer à la "je suis fine moi" et j'aurais été de votre côté vous les étudiants. Si jamais le PQ passait à la prochaine élection et avec des idées de toujours remettre sur le tas parce que ça chauffe, nous sommes en voie de devenir la province Grèce du Canada. À ce rythme-là on aura pas besoin de faire l'indépendance c'est le Canada qui va nous cr....... dehors.

  • Jaime bien le propos de Nenni et je seconde. Mme Marois comparé à un vautour, c'est très juste.

  • J'ai entendu les propos de Madame Marois. Sa politique semble etre - on donne a Paul et on demande a Pierre de payer. S'il en manque, on ajoute ca sur le déficit. Nos politiciens n'ont vraiment rien compris. Madame Marois avait une opportunité en OR pour se démarquer mais elle reste stagnate dans les sondages. Le peuple ne veut peut etre pas de Jean Charest mais il ne veut pas de Pauline Marois non plus. On ne veut plus de ces politiciens usés. Ils ont eu leur chance. On a besoin de sang neuf avec des idées en ligne avec notre époque.

  • La dernière phrase aurait dû se lire:
    Je suis très très loin d'être un partisan de Charest et du PLQ mais je ne digère pas ce qu'a fait (ou plutôt non fait) notre chère Pauline.

  • J'aime votre manière bucolique de présenter les choses.
    Je partage votre point sur Pauline Marois. Depuis plusieurs semaines, je pense qu'elle se montre indigne de sa fonction et surtout de la fonction qu'elle veut remplir. La partisanerie qu'elle démontre me répugne. Elle attise des divisions en jetant constamment de l'huile sur le feu. Qu'elle soit pour l'indexation des frais, soit. Elle aurait dû se servir de celà pour amener les étudiants à faire une vraie négociation. Au lieu de celà elle les a boosté et braqué, les éloignant d'autant plus d'un règlement. Elle a en fait travaillé contre eux.
    Le gouvernement Charest avait l'obligation d'un résultat. Il a failli à sa tâche. Mais devait-il être le seul à avoir une obligation de résultat? Il y a toute une série de personne comme Marois qui comme des vautours ont préféré se repaître des dépouilles plutôt que de travailler au bien commun.
    Je suis très très loin d'être un partisan de Charest et du PLQ mais je ne digère pas ce qu'a fait (ou plutôt non faut) notre chère Pauline.

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