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Pro-vie et pro-choix tout à la fois

Rosalie Vachon-Savary
 

Rosalie Vachon-Savary

Conseillère en communication au sein d'une institution financière

Je n'aime pas beaucoup le noir et le blanc. Ce sont des couleurs trop à l'antipode l'une de l'autre, trop pures, trop clairement définies et précises. Je préfère de loin les nuances, les différents tons de gris ou les couleurs résultantes d'un léger mélange. Par exemple, ces temps-ci, j'ai tendance à porter du rouge, quoi qu'en y regardant de près, il se teinte parfois d'un léger vert. Et le printemps dernier, j'avais une attirance irrésistible pour l'orange, même si le bleu me semblait, bien malgré moi, séduisant par moment.

Je suis une adepte des nuances. Pour moi, rien n'est blanc, rien n'est noir. Ce qui était gris pâle un jour peut devenir gris foncé le lendemain. Ce phénomène est possible grâce à un heureux mélange d'ouverture, d'écoute et de remise en question.

Aujourd'hui, je me réclame d'être pro-vie et pro-choix tout à la fois.

La vie humaine est très précieuse, ne serait-ce que par sa grande fragilité. La plupart d'entre nous auront une vie remplie d'aventures, de découvertes et d'émerveillement. D'autres n'auront pas cette chance: des enfants, des pères et mères de famille, des gens malades, des orphelins de la vie qui sont nés avec une prise en moins. Ces gens mourront trop tôt et c'est désolant. Je n'appelle pas cela perdre la vie, mais plutôt se la faire voler. C'est pourquoi il faut protéger la vie humaine, pour que tous aient une chance de goûter au bonheur. Alors, suis-je pro-vie? Bien entendu.

D'accord, soyons «fair-play». Le terme pro-vie signifie aussi, au sein de certains mouvements, la défense du droit à la vie, à travers l'opposition à l'avortement et à toute forme d'euthanasie. Et c'est là où je décroche. Je ne veux pas être à la fois pro, en étant contre... Je n'appellerais pas ce mouvement «pro-vie», mais plutôt «contre-avortement». Mais j'en conviens, ce n'est pas un terme très «marketing» d'être «contre-quelque-chose». C'est bien plus joli de se dire pro-vie.

C'est à ce tournant précis que je deviens pro-choix, dans ce débat spécifique contre l'avortement. J'ai deux filles extraordinaires et leur vie m'apparaît plus importante que la mienne. J'ai le privilège de participer au développement d'un autre être humain et je n'aurais pas voulu passer à côté de ce bonheur. Mais en même temps, je sais que certaines femmes ne vivent pas les conditions essentielles à l'éducation d'un enfant: une grossesse désirée, un diplôme scolaire permettant l'obtention d'un emploi satisfaisant, un foyer sécuritaire, un bon état de santé (celui du parent ou de l'enfant), un revenu suffisant, un conjoint présent et impliqué, etc. Alors, ne serait-ce que par amour pour la vie de ces enfants à naître et en ayant confiance au jugement de toutes ces femmes, comment ne pourrais-je pas être pro-choix?

J'espère que mes filles n'auront jamais à prendre la décision déchirante de mettre fin à une grossesse. Mais si c'était le cas, je ne tolérerais pas qu'on tente de s'immiscer dans leur conscience en leur laissant croire qu'elles n'accordent pas d'importance à la vie humaine, ou pire, qu'elles commettent un crime odieux.

Je suis pro. Je jouis de la vie et essaie d'aider les autres à en jouir. Et je le fais parce que j'ai le choix, un pouvoir décisionnel qui me permet d'écrire ma vie.

L'auteure est conseillère en communication au sein d'une institution financière.

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Commentaires (4)

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  • @ anti-ch(istianisme?) primaire.
    Le terme embryon est un terme technique qui indique seulement à quel moment de votre vie vous êtes. Si je vous dis qu'il est une heure du matin ou 7h du soir, vous êtes toujours dans la même journée, à un stade différent. "L'embryon" Stéphanie est la même personne que Stéphanie a 50 ans, avec le même code génétique. Elle est tout simplement plus ou moins âgées. Ce n'est pas le désir de la mère qui définit l'enfant, mais ce qu'il est, un enfant à naître bientôt...

  • Je pense qu'il y a un argument qui l'emporte sur tous les autres: C'est aux femmes qu'il appartient de choisir ce qu'elles feront de leurs corps. La liberté, c'est au moins choisir individuellement ce qu'on fait de notre corps. Le code civil du Québec défend cette idée et accorde aux adolescentes de 14 ans la choix de se faire avorter sans le consentement de leurs parents. Les majorité des hommes refuseraient, à juste titre, que d'autres personnes choisissent pour eux ce qu'ils feront de leur corps, comme leur imposer la vasectomie par exemple. Moi je refuserais. Nous sommes 7 milliards d'être humains sur terre et la population mondiale est en croissance de 70 millions de nouvelles personnes chaque année. C'est trop. Pour moi la contraception devrait être gratuite et généralisée partout dans le monde. Commencons par nous occuper correctement de ceux qui sont déjà nés (il y a déjà tant de laissés pour compte, 5 millions d'enfants meurent de malnutrition chaque année dans le monde) et laissons aux femmes le choix d'avoir des enfants ou non, selon leur choix et leur conscience.
    Jean Petitclerc

  • @ jean-leon,
    C'est à qui alors de le décider?
    Pourquoi parlez-vous d'un crime envers un "enfant" alors qu'un avortement implique un "embryon"?

  • Malheureusement, ce n'est pas à nous de déterminer ce qu'est la vie ou ce qu'elle n'est pas. Et si votre fille laisse avorter son enfant, ce n'est peut-être pas sa faute, mais c'est certainement un crime envers cet enfant que de lui enlever la vie. Le déni fait plus de mal que de bien...

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