Demandeurs d'asile: Ottawa parle, Québec paye

« Craignant d'être expulsés des États-Unis de Donald Trump,... (PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE)

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« Craignant d'être expulsés des États-Unis de Donald Trump, des migrants tentent leur chance au nord de la frontière. Ils veulent vivre le rêve canadien », explique Paul Journet.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Pour ne pas attiser la xénophobie, Québec et Ottawa se sont montrés rassurants devant l'afflux de demandeurs d'asile qui franchissent la frontière de façon irrégulière, sans passer par les postes de douane.

On comprend leur prudence. Reste que les faits sont têtus : il n'y a rien de normal dans les récents chiffres.

DEMANDEURS D'ASILE AU QUÉBEC

De 2012 à 2016 : 3500 en moyenne par année

2017 : 24 980

Une hausse de 700 %

Craignant d'être expulsés des États-Unis de Donald Trump, des migrants tentent leur chance au nord de la frontière. Ils veulent vivre le rêve canadien.

Récemment, ils le font en passant par le Québec. La province accueille plus que sa part de demandeurs - la moitié de ceux entrés au Canada l'année dernière.

Cela vient avec un coût. Le chèque devrait venir d'Ottawa, mais le gouvernement Trudeau hésite encore à le signer. Ses signaux sont contradictoires. Pendant que M. Trudeau manifeste une certaine ouverture, son ministre de l'Immigration Ahmed Hussen semble s'y opposer.

Il devrait se montrer à la hauteur de ce qu'il exige des autres. Le fédéral rappelle avec raison que le Canada doit se montrer accueillant avec les demandeurs d'asile. Il s'agit de sa responsabilité envers le droit international, et aussi de son devoir moral.

Or, Ottawa a aussi un devoir envers les provinces. Car l'immigration humanitaire est de responsabilité fédérale.

Une fois arrivés au Canada, ces migrants déposent une demande formelle pour obtenir le statut de réfugié. Elle est traitée par des fonctionnaires fédéraux de l'Agence des services frontaliers et de la Commission de l'immigration. Et il manque de personnel pour traiter dans le délai prévu ces dossiers - ou plutôt, ces drames humains.

Durant cette attente, le Québec leur offre des services minimaux, comme l'aide sociale, l'hébergement temporaire, des soins de santé et l'école pour leurs enfants. Plus les retards s'accumulent, plus les coûts grimpent.

La facture de Québec gonfle ainsi autant à cause du nombre de migrants que des délais pour vérifier s'ils sont bel et bien des réfugiés. Car on rappelle que, règle générale, moins d'une demande sur deux sera acceptée.

Il est vrai qu'en vertu de l'avantageux Accord bilatéral sur l'immigration, le Québec reçoit des millions chaque année. Mais cette somme doit servir à payer les services aux résidents permanents, et non aux demandeurs d'asile.

Le gouvernement Trudeau n'ignore pas le problème. La preuve, c'est que son dernier budget prévoit 173 millions pour répondre à l'afflux de demandeurs d'asile. Cette somme servira à accélérer le traitement des demandes. Mais elle ne change rien à la facture déjà existante pour loger, soigner et nourrir ces gens.

À la décharge du gouvernement Trudeau, il n'a pas encore reçu de demande officielle et chiffrée de remboursement. Il est donc normal que le fédéral n'ait encore rien payé. Mais dans le passé, ces négociations ont été pénibles. Ce ne devrait pas être ainsi.

«« Comme chaque fois, le Québec doit envoyer des lettres et supplier le fédéral de payer sa part. »»





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