Regardons un peu la Colombie-Britannique

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Les élections du mois dernier en Colombie-Britannique ont mené à une quasi-égalité qui empêche pour le moment le Parlement de siéger.

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Ceux qui réclament une réforme du mode de scrutin au Québec devraient jeter un coup d'oeil à ce qui se passe en Colombie-Britannique.

Cette crise démontre que si les solidaires, péquistes et caquistes souhaitent changer le mode de scrutin ou nouer des alliances parlementaires, ils devraient préciser à l'avance comment ils procéderont. À l'avance comme dans : avant la campagne électorale, pour que chaque électeur vote de façon éclairée. La légitimité et l'efficacité de leur démarche en dépendra. Ça adonne bien, ils se rencontrent aujourd'hui pour en jaser...

Bien sûr, la tempête qui agite la Colombie-Britannique est aussi parfaite qu'improbable.

Le résultat des élections du mois dernier : 43 sièges pour les libéraux (40,36%), 41 pour les néo-démocrates (40,28%) et trois pour les verts (16,84%). Après s'être attaqués durant la campagne, les néo-démocrates et les verts ont conclu une alliance après les élections. Ensemble, ils comptent 44 députés, soit une fragile majorité d'un tout petit siège. Mais la chef libérale Christy Clark, qui reste encore théoriquement la première ministre, ne reconnaît pas leur victoire. Elle hésite à permettre au Parlement de siéger de peur que l'alliance la renverse.

Et le Québec dans tout ça? Chaque parti pourrait récupérer la crise pour défendre son choix de mode de scrutin. Les libéraux y verront la preuve que la proportionnelle mixte rendrait un tel blocage plus fréquent. Mais péquistes, caquistes et solidaires pourraient rétorquer que cette crise a été provoquée dans notre bon vieux mode de scrutin uninominal. Il n'est peut-être pas si stable...

Reste qu'au-delà de ces différends, un constat devrait faire l'unanimité : les partis de l'opposition doivent préciser leur démarche, autant sur les alliances parlementaires que sur la réforme du mode de scrutin.

Car un certain flou demeure sur la façon dont les élus négocieraient. En Colombie-Britannique, les chefs avaient toute la latitude nécessaire pour conclure un pacte, qui a ensuite été rendu public. Serait-ce le cas chez nous? On n'attend pas une réponse sur le choix lui-même, mais plutôt sur la façon de le faire. Les chefs auraient-ils la légitimité de négocier? Avec n'importe qui? S'imposeraient-ils un congrès spécial pour entériner leur choix auprès de leurs militants? C'est d'autant plus nécessaire de le clarifier que de telles ententes seraient plus fréquentes sous un scrutin proportionnel mixte.

La même prévoyance faciliterait aussi la réforme du mode de scrutin. Pour les éclairer, plusieurs précédents existent. En Colombie-Britannique, il y a déjà eu deux référendums sur le sujet, et les verts et néo-démocrates en proposent maintenant un troisième. À Ottawa, le gouvernement Trudeau a promis de changer le mode de scrutin sans préciser comment il s'y prendrait. L'affrontement avec l'opposition a mené à un échec, et sa promesse ressemble à une lointaine farce.

Au Québec, c'est mieux parti. À l'exception des libéraux, tous les partis négocient déjà entre eux.

Mais d'ici octobre 2018, ils devront répondre aux deux questions suivantes : quel type de proportionnelle mixte compensatoire régionale exactement proposez-vous? Et comment validerez-vous votre choix auprès de la population? Par un référendum ou un vote en Chambre avec une très grande majorité?

À 18 mois des prochaines élections, cette réflexion peut paraître fantasque. Reste qu'elle n'est pas si complexe et que tout le monde gagnerait à ce qu'elle se fasse. Car on sait comment les choses peuvent vite déraper...

L'exemple à ne pas suivre

L'entente avortée entre Québec solidaire et le Parti québécois montre l'exemple à ne pas suivre.

Ces partis siégeaient au comité du «OUI Québec», qui a signé une entente sur le mode d'accession à l'indépendance. Or, Québec solidaire a refusé de reconnaître la signature de ses représentants, puis a refusé d'en faire part à ses militants lors de leur dernier congrès. C'est dans ce contexte que les solidaires ont rejeté des pactes préélectoraux. On comprend les péquistes de se sentir floués.

Bien sûr, il y a une énorme différence entre de tels scénarios hypothétiques et une coalition sous un gouvernement minoritaire. Dans le cas de la coalition, la décision surviendrait après l'élection. Elle serait prise par des élus, et non les militants, qui devraient décider quel parti mérite leur appui pour gouverner. Les options sont claires et l'échéancier est court. Cela impose un certain sens pratique...




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