Promesse à livrer

« C'est la livraison du courrier tout court, et... (PHOTO ALAIN ROBERGE, archives LA PRESSE)

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« C'est la livraison du courrier tout court, et non son dépôt à domicile, qui constitue un service essentiel. Prétendre le contraire, ce serait oublier que la majorité des Canadiens doivent déjà cueillir leurs lettres dans une boîte communautaire », écrit Paul Journet.

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Non, les libéraux n'ont pas violé leur promesse électorale sur Postes Canada. Il fallait lire les petits caractères...

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« C’est la livraison du courrier tout court, et non son dépôt à domicile, qui constitue un service essentiel. Prétendre le contraire, ce serait oublier que la majorité des Canadiens doivent déjà cueillir leurs lettres dans une boîte communautaire », écrit Paul Journet.

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Le gouvernement Trudeau a lancé jeudi dernier un comité indépendant sur l'avenir de Postes Canada. Tout est sur la table, y compris la fin de la livraison à domicile du courrier. Cela respecte leur engagement, car il était juste assez sibyllin.

M. Trudeau promettait deux choses. D'abord, « revenir » sur la décision conservatrice de cesser la livraison à domicile. Ensuite, lancer un « nouvel examen » du dossier. C'est ce qu'il a fait.

En 2013, environ cinq millions de foyers canadiens recevaient leur courrier chez eux. Les conservateurs voulaient remplacer ce service par des boîtes communautaires, où le courrier serait désormais déposé.

L'automne dernier, le cinquième de ces nouvelles boîtes avait été construit. Les libéraux ont décrété un moratoire pour celles qui restaient à implanter, sans revenir en arrière pour celles déjà en place. Ç'aurait été trop coûteux, estimaient-ils avec raison. Le Bloc québécois soutenait d'ailleurs la même chose.

M. Trudeau réalise maintenant son second engagement avec le nouveau comité. Après avoir mis la réforme conservatrice sur « pause », il fallait appuyer sur le bouton « reculer » et refaire le débat. Car il est mal engagé depuis le début.

Postes Canada est ébranlée par l'internet. Même si le nombre de colis augmente grâce aux transactions en ligne, le volume de lettres chute.

Quel sera l'impact financier exact à moyen et long terme ? En s'appuyant sur une étude du Conference Board, le gouvernement Harper prédisait un déficit de 1 milliard en 2020.

Or, cela ne semble pas se concrétiser. Après une perte en 2013, Postes Canada a engrangé des profits en 2014 et 2015 (194 puis 63 millions avant impôts).

Bien sûr, cela ne signifie pas que tout va bien. S'il y a eu des profits en 2014, c'est grâce à des réformes (hausse du prix des timbres, avantages sociaux réduits). Et ces profits ont tout de même diminué l'année dernière.

Un réexamen s'impose donc, mais rien ne justifie à l'heure actuelle d'abolir la livraison à domicile. Du moins, pas avant d'avoir clarifié le problème et examiné les autres solutions.

C'est la livraison du courrier tout court, et non son dépôt à domicile, qui constitue un service essentiel. Prétendre le contraire, ce serait oublier que la majorité des Canadiens doivent déjà cueillir leurs lettres dans une boîte communautaire.

Par contre, même si ce n'est pas un droit inaliénable, cela demeure utile et apprécié. Avant d'y mettre fin, il faut donc examiner les autres options. Autant pour réduire les dépenses que hausser les revenus de Postes Canada.

D'où l'utilité du comité et de la consultation qui s'ensuivra. Cette réflexion pourra s'inspirer des autres pays qui réagissent au même choc technologique. Par exemple, faut-il confier de nouvelles tâches aux facteurs, comme en Belgique où ils livrent des médicaments et les plaques d'immatriculation ? Offrir des services bancaires dans les bureaux de poste ruraux, comme c'était le cas dans les années 60 ? Ou maintenir la livraison à domicile, mais en réduire la fréquence ?

Ce débat est nécessaire. Le problème, c'est qu'il aurait dû se faire il y a trois ans.

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