La défossilisation tranquille

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Les premiers ministres des 10 provinces ainsi que des trois territoires posent pour la caméra après l'entente survenue au Conseil de la fédération, hier.

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Le blocage ne se situait pas là où l'on croit cette semaine à Terre-Neuve, au Conseil de la fédération.

Avant d'accepter les projets d'oléoducs, il y a une « obligation » de lutter concrètement contre les changements climatiques, ont soutenu le Québec et l'Ontario. Cette position minimaliste équivaudrait à donner un veto à ces provinces, a fulminé le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall.

Il n'a pas eu le temps de remarquer la poutre dans son oeil. Car en priorisant à tout prix le développement des énergies fossiles, il retarde le développement des énergies vertes et bloque la décarbonisation de l'économie. Il faut pourtant un « changement radical », a rappelé cette année l'Agence internationale de l'énergie.

Heureusement, la rencontre des premiers ministres provinciaux s'est terminée par un gain. La Stratégie énergétique adoptée reconnaît qu'il faudra réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Certes, aucune cible globale n'a été fixée. Mais c'est normal, car il revient à chaque province de choisir ses propres objectifs. Et c'est aussi un gain, car au début des discussions sur cette stratégie, l'environnement était à peine mentionné. Dans le document de 40 pages dévoilé hier, le mot « hydroélectricité » apparaît plus souvent que « pétrole ».

De 1990 à 2009, les émissions canadiennes de GES devaient être réduites, mais elles ont augmenté de 23 %. Il faut maintenant espérer que le tout petit pas franchi hier marque la fin d'un recul.

L'Alberta, qui enrichit et souille le Canada, veut enfin faire partie de la solution. 

Sa nouvelle première ministre néo-démocrate, Rachel Notley, a même qualifié de « simplement ridicule » les critiques de son homologue saskatchewanais.

Chaque province devra maintenant se doter de sa stratégie. Le Québec dévoilera la sienne à l'automne. Pour l'instant, le premier ministre Couillard a seulement mis de l'avant une cible : diminuer les émissions de GES de 80 à 95 % d'ici 2050. Mais une cible sans plan, ce n'est qu'un souhait. Et pour l'instant, ce souhait est miné par l'incohérence.

Les travaux d'exploration sur l'île d'Anticosti demeurent très préliminaires, mais selon les hypothèses avancées, une possible exploitation - dont la rentabilité est très loin d'être prouvée - atteindrait son pic vers 2045. Soit au moment où le Québec et le reste de la planète devront accélérer leur décarbonisation.

Certes, le Québec consommera encore du pétrole, et pour régler son déficit commercial, il serait préférable de ne pas l'importer. Reste que pour respecter les cibles de réduction, il faudrait réduire massivement la demande en pétrole. En cessant de prolonger des autoroutes comme la 19 sur la couronne nord et en développant massivement les transports collectifs.

Il ne faudra pas confondre une politique à court ou moyen terme avec une véritable stratégie.

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