Ruines minières

Cliffs avait acheté la mine de Fermont en... (Photo fournie par Cliffs Natural Resources)

Agrandir

Cliffs avait acheté la mine de Fermont en 2011, en période d'euphorie minière. Le prix de la tonne de fer s'élevait alors à près de 190$.

Photo fournie par Cliffs Natural Resources

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Une autre mine québécoise ferme, avec ses déchets qui eux restent dans le sol, et la possibilité que les Québécois payent pour nettoyer, encore une fois.

Cliffs Natural Ressources a annoncé l'automne dernier la fermeture de sa mine du lac Bloom, près de Fermont. La société américaine avait déjà fermé ses installations à Sept-Îles et à Wabush. Elle place maintenant sa filière canadienne sous la protection de ses créanciers.

Cliffs avait acheté la mine de Fermont en 2011, en période d'euphorie minière. Le prix de la tonne de fer s'élevait alors à près de 190$. Il a depuis dégringolé à environ 70$. Dans ce contexte, elle ne peut financer la nouvelle phase de développement de la mine, qui devait baisser ses coûts de production.

Mince consolation, la démarche devant les tribunaux forcera Cliffs à trouver rapidement une solution. Jacques Daoust, ministre du Développement économique, espère encore trouver un acheteur et sauver la mine et ses quelque 500 emplois.

Que la mine soit rachetée ou non, Québec croit pouvoir se faire rembourser le nettoyage éventuel du site. Or, selon les documents déposés en cour, Cliffs ne prévoit pas «fournir les garanties financières» durant le processus judiciaire.

Les contribuables québécois dépensent déjà plus de 10 millions de dollars par année pour nettoyer les déchets miniers. Il ne faudrait pas ajouter à ce qui constitue déjà un scandale.

***

Le cas de Cliffs devrait servir de leçon. Malgré la fixation de l'opposition sur les redevances, le niveau actuel est loin d'assurer des rendements faramineux.

Le secteur minier est cyclique et fragile. Un projet minier nécessite parfois des investissements de plus d'un milliard de dollars prévus sur 10 ans. Québec doit offrir un cadre prévisible, et en contrepartie se protéger en cas de faillite.

Cet équilibre n'était pas atteint lors de l'ouverture de la mine en 2011, deux ans avant que la loi ne soit changée. Une minière devait alors garantir seulement 70% des coûts de restauration, et surtout, elle avait 15 ans pour provisionner la somme. Plusieurs ont donc mis la clé sous la porte avant d'avoir eu le temps de déposer cette garantie. Résultat: le Québec compte 700 sites miniers orphelins, qui coûteront près de 700 millions de dollars à nettoyer. La facture s'élève déjà à plus de 10 millions par année, et la somme pourrait tripler dans la prochaine décennie.

Comme l'a déjà expliqué l'ancien ministre libéral délégué aux mines, Serge Simard: «Ce ne seront pas les Martiens qui vont payer. Ce sont les Québécois.»

Selon la nouvelle loi adoptée en 2013 sous le gouvernement péquiste, une minière doit offrir en garantie 100% des coûts estimés de restauration, et provisionner la somme en moins de deux ans. Les exigences avaient aussi été rehaussées pour les mines déjà en activité comme celle de Cliffs. Mais les sommes déjà versées et les échéanciers demeurent confidentiels.

Le dossier devant les tribunaux constitue un test.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer