Les chimères de l'emploi

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En campagne électorale, Philippe Couillard promettait 250 000 emplois aux Québécois. Tout indique aujourd'hui que cet objectif ne sera pas atteint.

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« Des emplois, des emplois, 250 000 nouveaux emplois. » Cette promesse, Philippe Couillard a passé la dernière campagne à l'enfoncer dans le crâne de l'électorat.

C'est surtout là que ces emplois risquent de se concrétiser. Ils restent encore une vue de l'esprit, et tout indique qu'ils ne se matérialiseront pas dans ce qu'on pourrait appeler la réalité...

La mise à jour économique présentée la semaine dernière ne détaille pas les prévisions d'emploi jusqu'à 2018. Mais elle révise déjà à la baisse celles anticipées d'ici l'année prochaine. On en prévoit 30 200, et non 77 600.

Le ministre Carlos Leitao est plus honnête quand il laisse parler l'économiste en lui. Cet automne, il concédait que le chiffre de 250 000 constituait une « cible », et non une « promesse ».

Pour gagner une élection, les stratèges admettent que les promesses d'emplois valent encore plus que celles en santé. Elles fournissent de belles opportunités d'images, de préférence avec un casque dans une usine pour jouer au bâtisseur. Et elles ne sont pas encore contaminées par le cynisme.

D'autres partis ont déjà atteint leurs cibles. Ce n'était pas difficile. Ils ne promettaient que des créations d'emplois découlant de la croissance naturelle de l'économie et de la population.

Cette ère est toutefois révolue à cause du choc démographique. Le point d'inflexion a déjà été atteint. Les 15-64 ans deviennent de moins en moins nombreux par rapport aux 65 ans et plus.

Le gouvernement est plus efficace pour freiner la création d'emploi que pour l'accélérer. Il peut tout de même la stimuler par la scolarité et l'intégration des immigrants, dont les progrès doivent se poursuivre. Mais comme le nombre de travailleurs n'augmentera pas autant que prévu, Québec devra aussi agir sur la richesse créée par heure travaillée.

La productivité dépend du privé. Les entreprises attendent le rapport de la commission sur la fiscalité, présidée par Luc Godbout, et les suites que Québec y donnera.

Le rapport sera déposé bientôt. Malheureusement, les mains de la Commission étaient liées. Elle n'avait que six mois pour réaliser ce travail de moine. Et elle devait trouver 600 millions. Un mandat difficile à concilier avec la croissance économique.

Une solution apparaît déjà essentielle. Le taux d'emploi général du Québec a enfin rattrapé ceux du reste du Canada et des États-Unis, mais il demeure plus faible pour une catégorie : les 60-69 ans. En réduisant leur pension de vieillesse en fonction de leurs revenus, la fiscalité les décourage de rester au travail. Cet incitatif pervers devrait disparaître.

Pour justifier ses compressions, M. Couillard prétexte que le trou dans les finances publiques était plus grand que prévu. Avant la prochaine campagne électorale, il commandera un état des lieux au vérificateur général. S'il tenait à assainir les débats, il créerait plutôt un poste de directeur parlementaire du budget. Cela permettrait de chiffrer différents programmes et d'examiner aussi les prévisions d'emplois. Car la franchise a parfois besoin d'un coup de pouce.

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