Penser 2050

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Le rapport suggère aux 15 plus grands pays émetteurs de gaz à effet de serre d'adopter des solutions ambitieuses, mais adaptées à leurs problèmes particuliers.

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La myopie climatique se guérit, mais il faut parfois aider le patient à s'aider. C'est ce que fait un groupe de chercheurs affiliés à l'ONU dans un nouveau rapport sur la décarbonisation de l'économie. Il faudrait en distribuer des copies à Ottawa.

Le rapport intermédiaire a été remis la semaine dernière au secrétaire général Ban Ki-moon. Il suggère aux 15 plus grands pays émetteurs de gaz à effet de serre (GES) d'adopter des solutions ambitieuses, mais adaptées à leurs problèmes particuliers.

Dans les dernières années, l'approche des chercheurs était avant tout scientifique. On a cherché le seuil gérable de hausse de la température, et les émissions de GES qui y correspondaient. Ces chiffres sont maintenant connus. Les effets d'une hausse supérieure à 2 degrés Celsius seraient incontrôlables. Et c'est vers quoi la planète se dirige.

Les négociations internationales demeurent dans un cul-de-sac. Et face à ce mur, il est difficile de regarder à long terme. D'où l'importance du nouveau rapport dévoilé la semaine dernière. Il propose à chaque pays de réfléchir à l'horizon de 2050. La réflexion se divise en quatre étapes :

- augmenter l'efficacité énergétique ;

- utiliser des carburants moins polluants ;

- s'il faut recourir aux carburants fossiles, utiliser les moins sales ;

- capter et stocker la pollution restante.

Le rapport a le mérite de proposer des solutions adaptées à chaque pays. Par exemple, l'Inde vient d'inaugurer des centrales au charbon. On ne peut lui demander de les fermer maintenant. Quant au Canada, en 2050, son économie et sa population (qui atteindra 48 millions) auront continué de croître. Son territoire demeurera aussi vaste, et ses hivers vigoureux. Cela pose des défis particuliers pour atteindre la cible, soit de diminuer les émissions de 90 % par rapport au niveau actuel.

Selon Chris Bataille, chercheur qui a coécrit le chapitre du rapport sur le Canada, cette cible pourrait être atteinte tout en augmentant légèrement le volume de production de sables bitumineux. Mais en compensation, des changements draconiens devront être apportés.

Les véhicules devront recourir aux biocarburants ou aux batteries, et le transport commercial devra se faire par train ou bateau. La production d'électricité devra miser sur les énergies renouvelables, sans augmenter la part du nucléaire. Le soutien de l'État sera nécessaire pour développer avec le privé ces nouvelles technologies. Un lent virage est déjà amorcé. Cette évolution devra toutefois s'accélérer.

Quant aux industries lourdes, c'est une véritable révolution qui devra être entreprise pour améliorer l'efficacité énergétique des gros émetteurs comme les aciéries, les cimenteries et les pétrolières. Cela passe par une règlementation, encore inexistante pour le pétrole, ou un mécanisme pour fixer un prix sur le carbone.

Les calculs des chercheurs reposent sur plusieurs hypothèses. Le rapport ne propose donc pas un manuel précis à suivre, mais plutôt un guide pour orienter le débat. C'est déjà beaucoup.




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