Le plan B d'Obama

L'exemple de M. Obama prouve qu'un peu de... (PHOTO MANDEL NGAN, AFP)

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L'exemple de M. Obama prouve qu'un peu de volonté permet de débloquer ce genre d'impasse.

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«On peut toujours se fier aux Américains pour faire le bon choix, après avoir épuisé toutes les autres options.» La boutade viendrait du politicien israélien Abba Eban ou de Churchill. Elle s'applique à la lutte américaine aux changements climatiques, mais c'est bien malgré Barack Obama.

À cause du blocage de républicains décérébrés par le Tea Party, le président n'a pas réussi à faire adopter ses lois climatiques. Il a donc choisi cette semaine de les contourner en passant par l'Agence de protection environnementale. Elle fera adopter un règlement - qui ne nécessite pas de vote - pour limiter les émissions des centrales de charbon et de gaz naturel de 30% d'ici 2030.

En y ajoutant les nouvelles normes de consommation des véhicules, cela pourrait permettre aux Américains d'atteindre leur nouvelle cible (réduire les émissions de 17% sous le niveau de 2005 d'ici 2020). C'est nettement sous les exigences du protocole de Kyoto (6% sous le niveau de 1990 en 2012), mais il s'agit néanmoins d'une lueur d'espoir qui devrait servir de leçon au gouvernement Harper.

Les changements climatiques constituent le plus grand problème d'action collective de notre époque. Aucun pays ne voudra réduire ses émissions si les autres ne le font pas. Personne ne veut être l'idiot utile. Cela sert de beau prétexte à M. Harper, qui a déjà qualifié le protocole de Kyoto de «stupide». Mais ne rien faire n'est pas la solution la plus réaliste pour régler un problème.

L'exemple de M. Obama prouve qu'un peu de volonté permet de débloquer ce genre d'impasse. En réaction à son annonce, la Chine a indiqué hier qu'elle présentera elle aussi un nouveau plan pour plafonner ses émissions. Les deux plus gros pollueurs de la planète bougent lentement. Même si on reste encore loin des mesures nécessaires pour contenir la hausse de la température à deux degrés Celsius, cela constitue un pas encourageant en prévision des prochaines rondes de négociations sur le climat à Lima puis à Paris.

En réaction à l'annonce de M. Obama, M. Harper s'est vanté d'avoir proposé il y a déjà deux ans de plafonner les émissions des centrales de charbon. Or, cette comparaison n'est pas valable. Chaque pays doit cibler ses gros émetteurs. Aux États-Unis, il s'agit des centrales de charbon et de gaz. Ce n'est pas le cas au Canada. Le problème se trouve davantage dans le secteur pétrolier. Et ce secteur, M. Harper ne l'a pas encore règlementé, même s'il en parle depuis son premier mandat. On prévoit maintenant que les émissions des sables bitumineux doubleront d'ici 2020. Si rien ne change, la cible canadienne, déjà peu ambitieuse, ne sera pas atteinte, selon les chiffres d'Environnement Canada.

Le Canada va commencer à manquer d'amis.




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