Petites centrales, petits gâchis

Programme lancé sous les libéraux, le gouvernement péquiste... (Photo Isabelle Tremblay, archives Le Quotidien)

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Programme lancé sous les libéraux, le gouvernement péquiste avait suspendu 6 projets de mini-centrales hydro-électriques pas encore terminés, mais avait donné le feu vert à celui de Val-Jalbert.

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La vérité est moins jolie quand on la démaquille. Philippe Couillard a annoncé cette semaine qu'il « redonnera vie » au programme de minicentrales électriques pour aider les régions. Ou, pour le dire plus précisément : il offrira un rendement garanti à une poignée de promoteurs et de petites communautés, en échange de pertes annuelles estimées à quelque 15-20 millions de dollars pour Hydro-Québec. Qui, en vertu de sa loi, refilera la facture à l'ensemble des contribuables avec une hausse - légère, il est vrai - des tarifs d'électricité. Ce n'était pas nécessaire.

Hydro-Québec prévoit déjà être en surplus énergétique jusqu'en 2027. La société d'État peut faire trois choses avec cette énergie. La stocker en réserve. Annuler sa production, comme elle l'a fait avec la centrale thermique de Bécancour, un pur gaspillage de plus de 150 millions de dollars par année. Ou encore, l'exporter. Or, le prix de l'énergie a chuté. L'énergie des minicentrales serait vendue à perte. Pour chaque dollar investi, on prévoit aujourd'hui en perdre trois.

Le gouvernement péquiste a donc mis fin, l'année dernière, aux six projets non encore complétés du programme. On comprend la colère de ces communautés. Selon l'appel d'offres, le promoteur privé devait s'allier à une municipalité, une MRC ou une communauté autochtone. Leur prix de vente était garanti. La bonne affaire.

Mais c'est une aide non transparente, qui constitue en fait une taxe déguisée. Et c'est une aide inéquitable. Certes, les régions et les Premières nations doivent être épaulées. Mais il ne faut pas le faire à la pièce, seulement pour ceux qui ont la chance d'habiter près d'une rivière exploitable. Un meilleur modèle est celui, proposé par M. Couillard, de redistribuer en région une partie des redevances minières.

Les libéraux pourraient plaider que les contrats avaient déjà été signés de bonne foi en 2009 et que le travail avait commencé. Mais la décision difficile de les annuler a été prise par l'ancien gouvernement. En échange, Québec allait indemniser les promoteurs. Selon nos informations, l'indemnisation totale n'excéderait pas les pertes prévues pour une seule année. Inutile de poursuivre le ping-pong politique autour de ce programme.

Les libéraux pourraient répliquer que l'éolien génère des pertes beaucoup plus grandes. Selon Jean-François Blain, analyste indépendant en énergie, l'ensemble des surplus fera augmenter la facture d'électricité d'environ 11 % cette année. La part des minicentrales dans cette hausse serait de moins d'un point de pourcentage. Ce n'est pas immense. Mais ce n'est pas parce que ça fait moins mal que ça fait du bien.

Dernier argument des libéraux : les surplus constitueraient un outil pour attirer des investisseurs, comme des alumineries. Mais les surplus abondent déjà. On pourrait commencer à les utiliser avant d'évoquer des projets théoriques, et harnacher d'autres rivières.




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