La responsabilité d'être parent

Le drame survenu mercredi, alors qu'un bambin est mort... (PHOTO CHARLES MICHAUD, stjerome.topolocal.ca)

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Le drame survenu mercredi, alors qu'un bambin est mort de chaleur après avoir été laissé dans la voiture toute la journée, nous jette en plein visage que le rôle de parent vient avec une responsabilité de tous les instants, écrit Pascale Breton.

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Personne ne peut rester insensible au drame survenu mercredi, alors qu'un bambin est mort de chaleur après avoir été laissé dans la voiture toute la journée.

Personne, et surtout pas des parents. La mort d'un enfant est une hantise constante.

Ce drame, résultat de ce qui semble être une distraction, nous jette en plein visage que le rôle de parent vient avec une responsabilité de tous les instants. Cette responsabilité, particulièrement envers les enfants en bas âge, ne se limite pas à les aimer, les nourrir, les éduquer et répondre à leurs besoins. Nous avons aussi la responsabilité de leur vie.

Il peut sembler difficile de concevoir qu'un père ait laissé ses deux plus grands au camp de jour puis ait oublié son bébé de moins de 1 an dans la voiture, en plein été, pour aller au travail. Difficile de concevoir qu'il n'ait réalisé les terribles conséquences de cet oubli qu'au moment d'aller chercher son enfant au centre de la petite enfance, en fin de journée, comprenant subitement qu'il n'y était pas.

Dans l'immédiat, ce triste dénouement invite pourtant à la compassion plutôt qu'au jugement.

C'est une distraction extrême. Une distraction injustifiable. Une distraction qu'aucun parent ne veut commettre. Mais ce drame rappelle aussi aux parents d'autres inattentions qui peuvent survenir, qui semblent peut-être moins graves, mais dont les conséquences sont aussi bouleversantes : un siège d'auto mal installé, un manque de surveillance près d'une piscine, un bébé qui tombe d'un meuble.

On ne sait pas encore si des accusations seront portées contre le père. Ce sera au procureur de la Couronne de déterminer si des éléments démontrent que la fragile ligne entre la distraction et la négligence criminelle a été franchie. Mais pour ce père, pour cette famille, la sentence est déjà tombée. C'est une condamnation à vie, celle de vivre avec le douloureux souvenir.

Ce drame rappelle un cas similaire, survenu en juillet 2003, alors qu'une bambine de 23 mois avait été laissée dans la voiture familiale toute la journée. Son père avait d'abord été accusé d'homicide involontaire, puis les accusations avaient été abandonnées quelques mois plus tard. Il n'y avait aucune intention criminelle ; le stress et le changement à la routine, ce jour-là, expliquaient l'inexplicable, avait-on dit alors.

L'une des recommandations du coroner, restée lettre morte, était d'obliger les constructeurs automobiles à installer un dispositif de sécurité qui se ferait entendre si le moteur d'une voiture était coupé et que son occupant s'en éloignait alors qu'un enfant se trouvait à l'intérieur.

C'est un réflexe omniprésent que de vouloir ériger des barrières de sécurité pour prévenir des accidents, surtout au lendemain d'une tragédie.

Mais n'oublions pas l'essentiel : aucun dispositif ne remplacera jamais l'immense responsabilité morale de ne pas se laisser gagner par la distraction, l'étourderie, l'imprudence.

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