La gauche a sa (petite) place

Les co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David et... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Les co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David et Andrés Fontecilla, en rencontre éditoriale à La Presse.

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Alors qu'il s'apprête à célébrer le dixième anniversaire de sa création, Québec solidaire a certainement prouvé sa raison d'être, mais ne s'en trouve pas moins à un tournant.

Les solidaires ont fait la démonstration de leur pertinence en donnant une voix à ceux qu'on entend le moins dans notre société. En faisant aussi une place à des idées qui autrement seraient laissées de côté, surtout dans le contexte où tous les grands partis se situent à peu près au centre sur l'échiquier.

Preuve a été faite qu'un parti de gauche a sa place en Amérique du Nord, ont affirmé les deux co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David et Andrés Fontecilla, lors d'une rencontre éditoriale à La Presse.

C'est vrai.

Il faut reconnaître qu'au fil des ans, le parti a souvent été le premier à mettre de l'avant des enjeux qui ne trouvaient pas écho dans la société. La poignée de députés de Québec solidaire a forcé les autres partis à l'Assemblée nationale à entamer des débats et des réflexions qui autrement n'auraient peut-être pas eu lieu, parce qu'il est souvent plus facile de se conforter dans ses habitudes que les remettre en question.

Québec solidaire récolte un capital de sympathie certain en se faisant le chien de garde des plus démunis et des négligés de la société, mais aussi celui d'avant-gardiste en abordant de front des questions écologistes, progressistes ou féministes.

En 10 ans, ce capital de sympathie n'a toutefois jamais réussi à se concrétiser proportionnellement dans l'urne. Le parti peine à franchir un seuil convaincant dans les intentions de vote - autour de 10 % dans les sondages, 7,6 % lors des dernières élections.

Car c'est une chose de dénoncer les inégalités et d'apporter des idées que les autres partis seront parfois tentés de récupérer, c'en est une autre de gouverner.

Aujourd'hui, le parti se trouve à un tournant pour plusieurs raisons.

Il y a l'idée de convergence, d'abord. À plus de deux ans des élections, le Parti québécois a tendu la main aux diverses forces souverainistes pour déloger le gouvernement Couillard. Alors que Québec solidaire espère toujours augmenter sa députation, il est loin d'être certain que le parti ait à gagner d'une telle entente. « Est-il prioritaire de battre le gouvernement libéral à n'importe quel prix ? La réponse n'est pas évidente, parce que ça ne peut pas être au prix de la mort lente de Québec solidaire », a lancé avec justesse Françoise David en entrevue.

Mais il y a plus. Québec solidaire se trouve devant un important défi de croissance.

Souvent qualifié de parti « montréalocentriste », il doit prouver qu'il est en mesure de faire des gains ailleurs, ce qui est loin d'être acquis.

Et il y a évidemment la question de l'avenir. Qu'arrivera-t-il lorsque les deux figures de proue du parti depuis 10 ans, Françoise David - qui réfléchit à l'idée de se présenter de nouveau ou pas - et Amir Khadir, quitteront la politique active ?

Les solidaires affirment qu'ils ont une relève solide. On ne demande qu'à les croire. Si le défi de survivre semble acquis, celui de grandir est tout de même moins évident.

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