Pas l'âge pour boire, pas l'âge pour « décrocher »

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Cherchez l'erreur. Les jeunes ne peuvent pas acheter légalement de l'alcool, du tabac ou des billets de loterie avant 18 ans... mais peuvent abandonner l'école dès 16 ans, sans diplôme ni qualification.

Ce contraste saisissant, le professeur en adaptation scolaire, Égide Royer, l'a souvent intégré dans sa réflexion sur la réussite scolaire, lui qui préconise la mise en place de plusieurs mesures, dont l'obligation de fréquenter l'école jusqu'à sa majorité.

La Coalition avenir Québec y fait écho. Au terme d'un colloque sur l'éducation, le week-end dernier, le chef François Legault a annoncé son intention d'en faire une proposition phare de sa prochaine plateforme électorale.

Pour améliorer la réussite scolaire, il préconise un parcours qui commence avec la prématernelle 4 ans universelle et qui se poursuit jusqu'à l'école obligatoire jusqu'à 18 ans. Une stratégie qui passe notamment par davantage de ressources en orientation scolaire et par une valorisation de la formation professionnelle. Surtout, la CAQ veut interdire aux employeurs d'embaucher des décrocheurs encore mineurs.

Évidemment, ce n'est pas uniquement en forçant les jeunes à rester à l'école jusqu'à leur majorité qu'on améliorera le taux de réussite scolaire.

Mais les études montrent un gain moyen de 1 à 2 % là où l'expérience a été tentée. C'est tout de même appréciable.

L'Angleterre et une vingtaine d'États américains l'ont fait. L'Ontario aussi. Depuis, son taux de décrochage est nettement inférieur à celui du Québec.

Il serait téméraire d'y voir une formule magique. Le succès ontarien repose avant tout sur un ensemble de mesures :  un investissement majeur en éducation, d'abord, puis de l'aide pour les élèves en difficulté, des programmes de formation professionnelle et des mesures plus coercitives comme l'obligation de fréquenter l'école jusqu'à 18 ans.

S'il compte suivre cette voie, le Québec devra aussi adopter une stratégie globale. Un adolescent démotivé, qui cumule les absences, qui a du retard scolaire ou qui travaille pour gagner sa vie ne restera pas sur les bancs d'école uniquement parce que c'est la loi.

Un rapport du ministère de l'Éducation sur le décrochage montrait l'an dernier que le décrochage est particulièrement préoccupant chez les élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA). Pour ceux-là, l'importance d'intervenir tôt n'est plus à démontrer. Valoriser réellement la formation professionnelle, en y mettant énergie et ressources, pourrait aussi s'avérer profitable.

Derrière le concept de l'école jusqu'à 18 ans, il faut surtout voir un message clair : pour espérer se tailler une place sur le marché du travail, il faut avoir non seulement un diplôme en poche, mais avant tout une spécialisation.

Qu'on ait atteint un niveau universitaire, collégial ou... secondaire.

Le même rapport démontrait par ailleurs qu'en cinquième secondaire, chez trois décrocheurs sur dix, il ne manquait qu'une ou deux conditions à l'élève pour obtenir son diplôme. Pour ceux-là, rester à l'école jusqu'à 18 ans pourrait être bénéfique.

En éducation, c'est une succession de petits pas dans une même direction qui entraîne un progrès. Rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans s'inscrit dans cette quête d'une stratégie globale.

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