Avant de tout gâcher

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« Pendant que le ministère réfléchit, ça fait deux ans que dans les classes, les enseignants et leurs élèves baignent dans un climat de stagnation et d'incertitude », écrit Pascale Breton.

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Un recul n'est généralement pas une bonne nouvelle. La volte-face du nouveau ministre de l'Éducation avec le projet de réforme des commissions scolaires doit pourtant être interprétée comme un premier geste encourageant. Pourvu qu'il y en ait d'autres.

Le projet de loi sur les commissions scolaires semblait tarabiscoté dès le départ. Les quelque 90 mémoires et les 60 groupes venus témoigner en commission parlementaire ont démontré ses faiblesses.

On ne peut reprocher, dans ce contexte, à Sébastien Proulx de vouloir prendre son temps pour « modifier » et « bonifier » les lacunes portées à son attention, quitte à revenir sur l'idée d'abolir les élections scolaires.

Stopper la machine parce qu'on se rend compte que nager dans les problèmes de structures et de gouvernance n'améliore en rien la réussite scolaire est avisé.

Encore faut-il que le ministre, le quatrième en poste depuis que les libéraux ont pris le pouvoir, soit maintenant en mesure d'exprimer clairement et concrètement la vision de son gouvernement.

Car on revient à la case départ et ce n'est guère encourageant.

Tant mieux si les ponts sont rétablis entre le Ministère et le milieu de l'éducation. Mais les efforts ont surtout servi à réparer les pots cassés par le gouvernement lui-même.

Tant mieux si le budget de l'éducation est revu à la hausse. Mais faut-il rappeler que les enveloppes sont essentiellement destinées aux secteurs qui ont subi les affres des coupes et des compressions ces dernières années, dont les services aux élèves ?

Tant mieux si le gouvernement promet prochainement une véritable politique sur la réussite scolaire qui précisera le « plan » dévoilé dans le plus récent budget Leitao, mettant l'accent sur les interventions chez les plus jeunes pour les éveiller à la lecture et auprès des élèves en difficulté, avec une attention particulière pour les milieux défavorisés.

Reste que les besoins sont archiconnus. Reste que les écoles attendent des gestes concrets. Pendant que le Ministère réfléchit, ça fait deux ans que dans les classes, les enseignants et leurs élèves baignent dans un climat de stagnation et d'incertitude. Deux ans, dans la vie d'un enfant du primaire qui a besoin d'aide, c'est une éternité.

Dès 2009, le rapport Ménard sur la persévérance et la réussite scolaire recommandait de mettre sur pied un vaste chantier pour contrer le décrochage scolaire. Le gouvernement souhaite qu'en 2020, 80 % des jeunes obtiennent leur diplôme d'études secondaires.

Il y a des progrès, mais on est encore loin du but. Les écarts demeurent importants entre les filles et les garçons, entre le privé et le public, entre les diverses commissions scolaires.

Ça fait des années que les experts donnent des pistes pour améliorer la situation : intervenir tôt, éviter le « mur-à-mur », mieux accompagner les élèves en difficulté.

Qu'est-ce qu'on attend ?

Il faut en finir avec cette impression d'avancer en arrière. À quand un pas, un vrai, en avant ?

Source : Plan pour la réussite en éducation et en enseignement supérieur, budget du Québec, 2016-2017

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