Entre déficits, extravagances et retenue

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« Les universités ont essuyé des compressions récurrentes qui ont fait mal au cours des deux dernières années et aujourd'hui, quatre d'entre elles (sur neuf) sont en déficit », écrit Pascale Breton.

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Confrontées à une situation budgétaire difficile, les universités ont accueilli le budget Leitao comme une bouffée d'air frais, espérant que ce soit l'aube d'un avenir plus rose.

L'enseignement supérieur ne reçoit pas l'attention qu'il mérite... et malheureusement, les universités en sont elles-mêmes un peu responsables. La rémunération et les avantages consentis à leurs dirigeants alimentent la controverse et éclipsent le message.

Le sous-financement des universités est un enjeu de longue date, mais les gouvernements sont réticents à s'y attaquer. Le financement adéquat de l'enseignement supérieur est pourtant essentiel si l'on souhaite offrir des formations universitaires de qualité.

Les universités ont essuyé des compressions récurrentes qui ont fait mal au cours des deux dernières années et aujourd'hui, quatre d'entre elles (sur neuf) sont en déficit.

Le réinvestissement annoncé de 155 millions pour l'enseignement supérieur - collégial et universitaire - a donc été accueilli avec optimisme. Les recteurs ont vu un « signal positif » qui « prépare le terrain pour des réinvestissements plus substantiels à venir », espèrent-ils. Car le débat sur le financement et l'avenir des universités, il faudra le faire.

Le défi est grand et la marge de manoeuvre, limitée. La masse salariale, comme partout ailleurs, englobe la plus grande part du budget et les fonds supplémentaires annoncés la semaine dernière sont principalement destinés à améliorer la réussite et la diplomation des étudiants.

Pas étonnant, dans ce contexte, que les controverses concernant la rémunération et les avantages consentis aux cadres et à la haute direction créent un malaise. Le délicat sujet de la reddition de comptes a même été abordé vendredi, lors d'une rencontre entre la ministre Hélène David et les recteurs.

Pour se tailler une place parmi les meilleures, les universités québécoises doivent être compétitives. Et pour attirer les meilleurs dirigeants, elles doivent offrir des salaires et des avantages comparables à ce qui est accordé ailleurs. C'est logique.

Mais en ces temps d'austérité et de rigueur, l'ostentatoire n'a pas sa place. Certains avantages deviennent parfois des abus difficiles à justifier. Les perceptions font trop souvent déraper un débat.

Et ces exemples, ils sont nombreux : le vérificateur général a reproché à l'UQAM d'avoir versé des bonis « illégaux » à des cadres; l'ex-principale de McGill, Heather Munroe-Blum, s'est retrouvée sur la sellette pour son train de vie puis pour les modalités avantageuses de son départ ; le gouvernement a critiqué l'Université Laval pour les conditions d'après-mandat accordées à ses dirigeants ; et plus récemment, c'est le contrat du recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton, qui a fait l'objet de critiques.

L'enjeu est la retenue. Il peut être acceptable qu'un recteur se déplace avec un chauffeur et une voiture de fonction. Mais est-il pour autant essentiel de choisir l'une des plus luxueuses ?

La prudence donnerait pourtant plus de crédibilité au message principal, à savoir que les universités peinent à boucler leur budget. Quand on demande à tout le monde de se serrer la ceinture, l'exemple doit venir d'en haut. C'est ce principe que les hauts dirigeants des universités semblent avoir oublié.

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