Partir en paix

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Sur les 75 000 Canadiens qui mourront d'un cancer cette année, près de la moitié vivront leurs dernières heures sur une civière aux urgences ou aux soins intensifs, note la Société canadienne du cancer.

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Pendant que toute l'attention est tournée vers l'aide médicale à mourir, on oublie un enjeu incontournable lorsqu'il est question de fin de vie : l'urgence de développer davantage les soins palliatifs, encore trop peu accessibles.

Sur les 75 000 Canadiens qui mourront d'un cancer cette année, près de la moitié vivront leurs dernières heures sur une civière aux urgences ou aux soins intensifs, note la Société canadienne du cancer dans un rapport dévoilé la semaine dernière. Des lieux bruyants, souvent inadaptés, où l'équipe soignante ne dispose pas des ressources permettant au patient et ses proches de vivre ce départ dans le calme et la sérénité.

***

Le rapport déplore les grandes disparités qui existent entre les provinces et souvent, entre les régions d'une même province.

Une meilleure formation est primordiale, estime la Société canadienne du cancer. Un avis qui trouve écho dans le milieu de la santé. À l'Université de Sherbrooke, un cours obligatoire est ainsi en préparation pour que tous les futurs soignants - médecins, infirmiers, etc. - soient formés dans l'esprit d'une approche intégrée et harmonieuse, même sur des unités de soins aigus comme les soins intensifs. Il faut viser une « approche palliative » plutôt que de parler uniquement de soins palliatifs, croit d'ailleurs Diane Guay, professeure à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'université.

En effet, si le cancer est responsable de 30 % de tous les décès, il ne faut pas oublier qu'on meurt aussi de maladies cardiaques, pulmonaires, rénales ou dégénératives. Et trop souvent, alors que l'équipe soignante voit poindre la fin, ce n'est pas le cas du mourant et de ses proches. Comme s'il y avait une peur qu'en expliquant au patient ce qui s'en vient, on tue l'espoir. Le résultat est que lorsqu'il comprend la situation, il est souvent trop tard pour bénéficier d'une approche palliative et pour apprivoiser la mort.

Le Québec a accompli de belles avancées, à commencer par sa loi adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale. Mais il reste beaucoup à faire.

Le plan de développement en soins palliatifs et de fin de vie, déposé il y a quelques mois, vise notamment à amoindrir les disparités qui existent dans l'accès aux soins selon l'âge, la maladie ou la région. Dépendamment de l'endroit où ils habitent, de 20 à 60 % des Québécois, à peine, ont accès aux soins palliatifs.

Une fin digne est pourtant un droit. Ça commence par davantage de soutien à domicile, car beaucoup souhaitent mourir à la maison. C'est bien moins coûteux pour l'État - 100 $ par jour comparativement à 1 100 $ pour un lit à l'hôpital - , mais le fardeau repose encore sur les proches aidants qui y laissent beaucoup d'énergie. Il faut les épauler davantage.

Devant une population vieillissante, soyons aussi réalistes. Plusieurs n'auront pas le choix d'être hospitalisés. Faisons en sorte qu'ils puissent vivre sereinement leur fin de vie.

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