Un bluff rentable

Le président du Conseil du trésor Martin Coiteux... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

Le président du Conseil du trésor Martin Coiteux et, à l'avant-plan, le premier ministre Philippe Couillard.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Il aurait été difficile de le prédire à pareille date l'an dernier, au moment où les offres patronales ont été déposées, mais le constat se pose aujourd'hui : la dernière année en a été une de bluff.

Et le gouvernement de Philippe Couillard semble avoir gagné son pari, lui qui tourne la page sur 2015 avec un soupir de soulagement grâce à l'entente de principe conclue jeudi avec le front commun syndical. La loi spéciale est évitée pour une majorité des employés des secteurs public et parapublic. Une bonne nouvelle, car l'imposition d'un contrat de travail aurait été perçue comme un geste odieux et aurait laissé des cicatrices.

L'entente reste à être paraphée, mais voilà un gain politique important.

En achetant la paix pour cinq ans, le gouvernement s'assure que la prochaine campagne électorale ne sera pas bousillée par un climat de tension avec les syndicats.

On peut parler de bluff, car Québec a bien joué ses cartes. Rappelons-nous qu'en décembre dernier, les offres patronales avaient été reçues comme un coup de massue par les syndicats. Particulièrement par les enseignants qui avaient décrié une hausse des ratios maître-élèves en classe et des infirmières à qui on voulait retirer certaines primes. Finalement, le gouvernement a reculé sur plusieurs demandes liées aux conditions de travail.

En revanche, il faut reconnaître que les syndicats font leur large part, eux qui voulaient une hausse salariale de 13,5 % en trois ans. La demande était irréaliste dans le contexte budgétaire actuel, bien qu'on n'ait jamais su le montant disponible sur la table, puisque Québec a toujours refusé de présenter publiquement son cadre financier pour la négociation. Avec une hausse de 9 % sur cinq ans, les syndiqués préservent, de peine, un certain pouvoir d'achat, mais ils ne font pas de gain.

L'entente de principe met de la pression sur les syndicats qui n'ont pas réglé - les infirmières (FIQ), les professionnels du gouvernement (SGPQ) et la Fédération autonome de l'enseignementla (FAE), qui représente le tiers des enseignants. Compte tenu de ce qui a été consenti aux enseignants affiliés à la FSE (Fédération des syndicats de l'enseignement), la FAE se montre visiblement exigeante. Elle qui vient à peine de consentir à retourner à la table de négociation aurait intérêt à faire preuve de plus de souplesse.

Le premier ministre voulait commencer la nouvelle année sur un élan optimiste après deux années difficiles. Il a en main les cartes pour le faire. Certes, Québec s'est montré parfois téméraire, étirant l'élastique au maximum. On l'a vu cet automne quand l'opinion publique s'est mise à pencher davantage en faveur des syndiqués que du gouvernement. Mais au final, il semble en voie de réussir son pari.

Et le grand gagnant est celui qui a réussi à manoeuvrer habilement parmi les écueils, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer