Un programme ambitieux, mais risqué

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Le premier ministre Justin Trudeau et le gouverneur général David Johnston peu avant la lecture du discours du Trône.

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Rupture et classe moyenne, voilà qui résume le discours du Trône.

Rupture, d'abord, tant dans le ton que dans l'approche du gouvernement de Justin Trudeau, qui tranche nettement avec son prédécesseur.

Prônant un gouvernement ouvert et transparent, le texte lu hier par le gouverneur général, David Johnston, a même abordé ce que le gouvernement ne sera pas, c'est-à-dire un gouvernement qui userait de stratégies à des fins partisanes et contreproductives. Un élément inusité dans une cérémonie des plus protocolaires qui est un passage obligé de toute nouvelle session au Parlement.

Classe moyenne, ensuite, parce que ce discours du Trône démontre clairement que les premiers gestes de Justin Trudeau et son équipe viseront à soutenir les familles de la classe moyenne en pigeant dans les poches des plus riches.

La « priorité immédiate » des libéraux consistera à diminuer les impôts de la classe moyenne. Une Allocation canadienne aux enfants, qui touchera neuf familles sur dix qui en ont le plus besoin, viendra aussi rapidement remplacer la Prestation universelle pour enfants.

Étonnamment succinct, ce discours du Trône tient en 10 petites pages. Mais son contenu révèle un programme chargé et ambitieux, reprenant essentiellement les promesses électorales des libéraux, que ce soit en matière d'économie, d'environnement, de santé ou d'éducation, et particulièrement envers les Premières Nations.

Si certains éléments comme ceux destinés à la classe moyenne sont très précis, d'autres restent encore vaporeux, notamment en ce qui concerne la politique étrangère et les effectifs militaires.

Le désir du Canada de se rapprocher de ses alliés, particulièrement des États-Unis, présentés comme notre « meilleur ami et partenaire », et de se coller davantage sur l'ONU, quitte à se distancer d'une coalition internationale, est toutefois très clair.

De façon générale, les grandes orientations du gouvernement Trudeau s'inscrivent tout à fait dans l'esprit de la longue tradition libérale.

Elles présentent aussi une vision très « canadienne » du rôle du fédéral. Pour preuve cette interaction, omniprésente, avec les provinces - toutes les provinces, sans distinction - qui figure au coeur de nombreux engagements.

Certes, il faut saluer le désir du premier ministre de rebâtir les ponts avec les provinces après des années de relations quasi inexistantes. La volonté affirmée du gouvernement Trudeau d'intervenir sur des questions touchant l'éducation, les droits de scolarité postsecondaires, la santé ou les transports en commun s'inscrit également dans cette tradition libérale. Il n'y a qu'à penser à la dernière entente en santé entre Ottawa et les provinces, signée sous Paul Martin.

Mais il y a là un important défi. Cette volonté d'ouvrir plusieurs dialogues avec les provinces dans des champs de compétences partagées ou qui leur sont exclusives risque de se buter à des écueils. En tenant jalousement à leurs prérogatives, les provinces pourraient faire dérailler les grandes ambitions du jeune gouvernement Trudeau.

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