À qui la faute ?

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Les jeunes enseignants en arrachent-ils en français au point qu'il est nécessaire de rehausser la formation des maîtres, comme le préconise le ministre François Blais ?

La qualité de la langue est malmenée dans l'ensemble de la société, pas seulement dans les classes. La question n'est pas tant de savoir si les professeurs ont des difficultés, mais bien de mesurer les répercussions qu'elles ont pour leurs élèves. La réponse est évidente.

Quand un enseignant fait une erreur de conjugaison en écrivant au tableau, qu'il donne à apprendre une liste de mots de vocabulaire où il y a une faute d'orthographe ou qu'il envoie à la maison une communication truffée d'erreurs de syntaxe ou d'accords de verbe, il y a clairement un malaise.

On n'insistera jamais suffisamment sur le fait que les enseignants sont des modèles. Des miroirs devant lesquels les élèves se forment.

En apparence, la situation ne semble pourtant pas si catastrophique. Le taux de réussite global des élèves à l'examen ministériel de français de cinquième secondaire, obligatoire pour l'obtention du diplôme, est élevé.

Mais si l'évaluation tenait compte uniquement de la maîtrise du français - orthographe, vocabulaire, syntaxe et ponctuation - le portrait serait moins reluisant, présentant un fort taux d'échec. Le constat est similaire en ce qui concerne l'épreuve obligatoire de français au collégial.

Quant aux futurs enseignants, ils doivent en plus réussir le Test de certification en français écrit pour l'enseignement (TECFEE) pour obtenir leur diplôme universitaire. À peine la moitié des étudiants y parvient dès la première tentative.

Évidemment, la maîtrise du français n'est pas la seule qualité recherchée chez un bon enseignant. Pensons à la pédagogie, la culture générale, la capacité d'insuffler aux élèves le désir d'apprendre. Mais on ne peut faire abstraction de la qualité de la langue.

Pour valoriser la profession enseignante, le ministre veut donc rehausser la qualité de la formation universitaire et recruter les meilleurs candidats, qui devront forcément être bons en français. C'est ce qu'il faut viser. Actuellement, des notes dans la moyenne suffisent souvent pour être accepté en enseignement.

Dans les écoles, les directions devraient également s'impliquer davantage. Elles ont le devoir d'épauler les jeunes qui commencent dans la profession en s'assurant, par exemple, que les lettres officielles destinées aux parents sont exemptes de fautes.

Revaloriser la profession nécessitera toutefois bien d'autres efforts. Il faut commencer par changer le regard, souvent négatif, que la société pose sur le travail des enseignants.

Quant au français, il est plus que temps de revoir nos pratiques. Si des enseignants éprouvent encore des difficultés importantes au terme de leurs années d'études, c'est probablement parce qu'ils n'ont pas acquis les notions de base lorsqu'ils étaient encore de jeunes élèves. Si c'est le cas, qu'en est-il des autres, ceux qui ne se destinent pas à l'enseignement ?

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