Ticket pour la mort

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Depuis le début de l'année, ce sont 1500 migrants qui ont péri en tentant de rejoindre les côtes européennes, soit 30 fois plus qu'à pareille date l'an dernier.

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L'étendue de 300 kilomètres séparant la Libye de Lampedusa, une petite île italienne, est devenue un cimetière marin qui engloutit des milliers de migrants en quête d'une vie meilleure.

Dans la seule nuit de samedi à dimanche, 700 d'entre eux auraient plongé vers la mort quand leur rafiot bondé a chaviré. Il semble qu'en apercevant un cargo portugais au loin, les passagers se sont précipités d'un même côté de la fragile embarcation pour héler les secours, la faisant couler à pic. Une vingtaine de survivants ont été repêchés parmi les cadavres. Selon les premières informations, il s'agirait de la pire tragédie à survenir en Méditerranée.

La semaine dernière, deux drames similaires ont fait près de 450 morts. Depuis le début de l'année, ce sont 1500 migrants qui ont péri en tentant de rejoindre les côtes européennes, soit 30 fois plus qu'à pareille date l'an dernier.

Ils proviennent de l'Afrique subsaharienne, de l'Irak et de la Syrie. Ils fuient la guerre, la pauvreté et la misère pour aboutir en Libye, où ils paient des passeurs à prix d'or pour s'embarquer sur des bateaux de misère, avec l'espoir comme seul bagage.

La majorité d'entre eux débarquent en Italie, où ils sont des dizaines de milliers à errer pendant des mois avant de poursuivre illégalement leur quête d'Eldorado vers l'Allemagne, la Norvège ou la Suède. Les autorités italiennes sont débordées.

À la suite d'un naufrage qui a fait 300 morts et indigné le monde entier en octobre 2013, l'Italie a mis sur pied l'opération Mare Nostrum, qui a permis de secourir 160 000 migrants dans ses eaux.

La mesure était coûteuse et plusieurs craignaient qu'elle n'encourage encore plus la venue d'illégaux. Depuis, elle a été remplacée par l'opération Triton. Chapeautée par une organisation européenne de police des frontières, elle se veut davantage une opération de patrouille que de sauvetage.

Certains pays prônent d'ailleurs un resserrement des contrôles pour refouler les migrants. Ce serait une erreur. Ils trouveront d'autres voies de passage, aidés par des passeurs sans scrupules. Quand le risque de mourir en mer se dessine comme un moindre mal, c'est dire l'état du désespoir.

Que faire? Barack Obama invite ses homologues à stabiliser la Libye, puisque le chaos actuel qui règne favorise la migration. Le pape François presse la communauté européenne de mieux soutenir l'Italie. La responsabilité doit être partagée. L'Europe doit se doter d'une politique commune d'asile et d'un programme de réinstallation des réfugiés, comme le prône d'ailleurs le Rapporteur spécial sur les droits de l'homme des migrants, François Crépeau (aussi professeur à l'Université McGill).

Même si les drames semblent se jouer loin de nous, toute la communauté internationale a un rôle à jouer: la détresse des migrants commande une intervention humanitaire concertée.

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