Les complices

En se taisant, étudiants, professeurs, chargés de cours... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

Agrandir

En se taisant, étudiants, professeurs, chargés de cours et employés se font complices de ce qui se passe.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Saccager une université est un crime qui justifie une intervention policière, aussi triste soit-elle. En accusant la direction de l'UQAM d'avoir attisé la crise, des membres du corps professoral endossent les actes de vandalisme, d'intimidation et de violence. Une attitude déplorable.

La présidente du syndicat des professeurs de l'UQAM, Michèle Nevert, a parlé d'un «bris de confiance» envers la direction. Un regroupement d'étudiants progrèves, de professeurs et de chargés de cours a carrément réclamé la démission du recteur, Robert Proulx.

Ce «collectif» autoproclamé en a contre les procédures d'expulsion et de suspension à l'endroit de neuf étudiants soupçonnés d'avoir pris part à des «perturbations» majeures.

Il reproche aussi à l'UQAM d'avoir obtenu une injonction pour respecter ses obligations, c'est-à-dire offrir les cours. Faut-il rappeler que cette injonction a été demandée parce qu'une poignée d'individus a «fermé» l'université en cadenassant les portes, en violentant des étudiants et des employés qui voulaient entrer et en se livrant à du vandalisme? Parmi les étudiants privés de cours se trouvaient ceux de gestion, qui n'ont pas voté pour la grève.

Il est troublant d'entendre des professeurs et des chargés de cours parler de «répression politique» en rappelant que les universités sont des sanctuaires de la liberté d'expression, tout en balayant du revers de la main les actes illégaux commis.

Non seulement les graffitis, les vitres fracassées et le mobilier brisé sont-ils des crimes qui ne sont pas dignes d'une institution universitaire, mais encore ils ont forcé l'intervention policière de mercredi soir, quand un groupe d'individus s'est barricadé à l'intérieur d'un pavillon.

On reproche aussi à l'UQAM d'avoir dépensé 500 000$, en pleine période «d'austérité», pour embaucher des agents de sécurité supplémentaires. Mais qui s'inquiète de voir la facture totale de la grève et de ses dérapages? Qui payera la note?

En 2012, la crise étudiante a coûté 20 millions à l'UQAM. Le gouvernement a aussi allongé 38 millions, soit le budget de construction de trois écoles primaires.

Au-delà de la grève étudiante, le renouvellement en cours de la convention collective des professeurs et les compressions imposées en éducation constituent un terrain propice aux débordements. Si une négociation est souhaitable avec la direction de l'UQAM, ce n'est certainement pas sous la menace de vandales, comme c'est le cas actuellement.

La communauté uqamienne est visiblement déchirée par la crise menée par un groupuscule très militant. Elle doit pourtant se faire entendre haut et fort, de façon pacifique évidemment. En se taisant, étudiants, professeurs, chargés de cours et employés se font complices de ce qui se passe.

L'impasse dans laquelle est plongée l'UQAM risque d'avoir des conséquences malheureuses. Sa réputation durement gagnée est ternie; les futurs étudiants - et leurs parents - y penseront à deux fois avant de s'y inscrire.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer