Pourquoi payer plus cher?

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Le Québec demeure l'une des provinces ayant le moins recours aux médicaments génériques.

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Les médicaments améliorent la qualité et l'espérance de vie, mais deviennent trop souvent des béquilles qui menacent de faire dérailler le système de santé.

L'inquiétude légitime du commissaire à la santé et au bien-être, Robert Salois, qui a dévoilé hier un rapport détaillé sur l'utilisation des médicaments, devrait interpeller le gouvernement.

Le Québec demeure l'une des provinces ayant le moins recours aux médicaments génériques. Pas étonnant que les dépenses en médicaments d'ordonnance soient plus élevées ici qu'ailleurs au Canada et que l'écart s'accentue d'année en année.

Pourtant, le Conseil d'examen des prix des médicaments brevetés a évalué que sur les 109 nouveaux médicaments mis en marché au Canada en 2011, la majorité ne constituait qu'une amélioration minime, voire nulle.

Le Québec est également la province qui inscrit le plus de médicaments, celle qui le fait dans le délai le plus court... et celle qui ne révise pas périodiquement sa liste, ce qui permettrait pourtant des économies.

On l'a vu avec les inhibiteurs de la pompe à protons. L'imposition d'un prix plafond pour ces seuls médicaments destinés aux problèmes gastriques a entraîné des économies de 38 millions.

Parmi les autres avenues à explorer, le rapport du commissaire suggère de s'attarder à la surprescription chez les personnes âgées. Le vieillissement de la population ne peut justifier la quantité impressionnante de médicaments prescrits à certains patients, risquant de causer des effets secondaires et des interactions importantes. Le commissaire fait ainsi écho à l'Association médicale du Québec, qui a déjà sonné l'alarme en ce qui concerne le surdiagnostic.

Le rapport contient d'autres éléments troublants, notamment en ce qui concerne la mesure du patient d'exception. Cette mesure, nécessaire, permet à des patients atteints d'un cancer ou d'une maladie rare d'avoir accès à des molécules coûteuses qui ne sont pas toujours homologuées. Mais pourquoi la facture a-t-elle bondi de 1700% en six ans? Pour quelles raisons l'accès à cette mesure est-il variable d'un hôpital à l'autre ou en fonction du médecin traitant?

La recommandation proposant que l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) soit mandaté pour déterminer les paramètres de sélection des patients, afin d'éviter ces iniquités, est pleine de bon sens.

Le Québec aurait aussi intérêt à s'inspirer de l'Ontario et de l'Alberta. Le partage des risques avec l'industrie concernant cette mesure d'exception a permis aux gouvernements de faire des économies de 5 à 30%.

Un changement de culture et un vaste débat - notamment sur les écarts entre le régime public d'assurance médicaments et les régimes privés - s'imposent au Québec. C'est primordial, parce que la facture ne cesse de grimper depuis des années. De toutes les réformes à faire, celle sur les médicaments aurait des répercussions directes sur le budget de la santé.

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