Désinformation néfaste

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Questionner, douter ou critiquer est un processus sain et légitime. Fonder sa décision sur des mensonges est inacceptable.

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Quiconque affirme aujourd'hui que la Terre est plate sera traité d'ignare. On accepte pourtant qu'un mouvement anti-vaccin s'incruste en véhiculant de fausses prémisses.

L'éclosion de rougeole dans Lanaudière est affligeante. Le déni d'une poignée de personnes menace une collectivité. L'irresponsabilité a obligé la Santé publique à intervenir dans une école secondaire après qu'un élève non vacciné et contagieux se soit présenté à ses cours.

Un noyau de purs et durs refuse la vaccination pour des motifs religieux ou philosophiques. Mais l'ambivalence croissante d'une part importante de la population - environ 25% - est aussi inquiétante.

Le temps a effacé le souvenir de la rougeole et de ses conséquences désastreuses. Avant l'arrivée du vaccin, presque tous les enfants étaient frappés par cette maladie qui peut provoquer des séquelles irréversibles au cerveau (1 cas sur 3000) ou la mort (1 cas sur 1000). Le vaccin, lui, peut entrainer un problème neurologique grave chez moins d'une personne sur un million.

L'obscurantisme ambiant est dangereux. La méfiance, l'ignorance et le mépris ne devraient pas faire contrepoids à des données incontestables, reconnues par l'ensemble de la communauté scientifique.

Les élus appellent à la responsabilisation, mais ils semblent prêcher dans le désert. Un récent sondage mené auprès de Canadiens opposés à la vaccination révèle que la majorité n'a pas changé d'opinion. Ils rejettent le vaccin pour des raisons de «santé». Le plus inquiétant est qu'il s'agit principalement de gens scolarisés, dont on s'attendrait à ce qu'ils fassent la part des choses.

Questionner, douter ou critiquer est un processus sain et légitime. Fonder sa décision sur des mensonges - notamment cette fausse étude publiée en 1998 qui établissait un lien entre le vaccin et l'autisme - est inacceptable. Cela témoigne aussi d'une perte de confiance dans nos institutions.

Depuis l'éclosion de rougeole de 2011, Québec a le pouvoir d'exclure les élèves non vaccinés d'une école quand plusieurs cas se déclarent. Ce mécanisme a été mis en place dans Lanaudière et c'était la décision à prendre.

Il faudra faire plus. L'avis récent du comité d'éthique de santé publique, préconisant l'obligation pour les parents de divulguer le statut immunitaire de leurs rejetons à leur entrée à l'école, est une voie à suivre. On aurait au moins le portrait exact permettant d'identifier les enfants à risque et agir promptement lors d'une crise.

Certains pays ont autorisé la vaccination obligatoire, ce qui n'est pas le cas du Canada. On pourrait éventuellement débattre de l'accès à l'école pour les enfants non vaccinés, mais il faut garder en tête que la vaccination obligatoire a comme effet pervers d'augmenter la méfiance.

La priorité est toutefois de contrer la désinformation et raviver la confiance des parents. Comme la côte est abrupte à remonter, il faut s'attendre à d'autres éclosions d'ici là.

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