Éducation à risque

Les raisons sont nombreuses pour s'en prendre aux... (Photo Mohammed Abed, archives Agence France-Presse)

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Les raisons sont nombreuses pour s'en prendre aux écoles et aux écolières pour contraindre les populations au silence, rappelle notre éditorialiste.

Photo Mohammed Abed, archives Agence France-Presse

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«Menons le combat contre l'analphabétisme, la pauvreté et le terrorisme. Nos livres et nos crayons sont nos meilleures armes.»

- Discours de Malala Yousafzai à l'ONU, juillet 2013

Prendre le risque d'envoyer les filles à l'école pave la voie à une société plus égalitaire, plus développée et plus riche.

C'est un risque qui, dans plusieurs pays, se mesure malheureusement en pertes humaines. Des écoles sont fréquemment prises pour cible par des groupes armés et, dans plusieurs cas, les filles sont directement visées.

Le nombre d'attaques contre les écoles est en hausse, révèle un rapport publié cette semaine par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), qui en a dénombré dans 70 pays, entre 2009 et 2014.

Certaines ont suscité l'indignation de la communauté internationale: le rapt de 276 écolières de Chibok, au Nigeria, par le groupe Boko Haram en avril dernier; le carnage dans une école de Peshawar, au Pakistan, qui a fait 141 morts dont une majorité d'enfants, en décembre; la tentative d'assassinat contre la jeune Malala Yousafzai, en 2012.

D'autres exactions, quasi quotidiennes, se produisent en silence. Des enfants sont enlevés, mutilés ou violés sur le chemin de l'école; des enseignants sont tués; des écoles sont fermées, incendiées ou réquisitionnées pour devenir des casernes militaires.

Parce que l'éducation est la clé de la liberté, elle représente une menace pour certains extrémistes. Un peuple instruit forme une société puissante. Brimer son droit à l'éducation permet de le maintenir sous le joug et de limiter son émancipation.

La scolarisation des filles, notamment, constitue le premier pas vers un pouvoir de développement accru, tant sur le plan politique, social, culturel qu'économique. Chaque année de scolarité d'une femme réduit de 5 à 10% la mortalité infantile, selon le Council on Foreign Relations.

Les raisons de s'en prendre aux écoles sont multiples. C'est une façon de s'attaquer au pouvoir en place, de forcer le recrutement d'enfants qui deviendront des soldats et des esclaves sexuelles ou encore, un moyen de contraindre les populations au silence.

Le climat de terreur et d'incertitude qui en résulte envoie aussi le signal que les écoles ne sont pas sécuritaires. Pour sauver la vie de leurs filles, des parents refusent de prendre le risque de les envoyer à l'école. La maison devient une prison, perpétuant le cercle vicieux de l'ignorance et des inégalités.

Ces fillettes devenues femmes sont plus à risques de grossesses précoces, de mariages forcés, de violence conjugale. Près de 500 millions de femmes ne savent ni lire ni écrire, comptant pour les deux tiers des analphabètes dans le monde.

Parce qu'elle est une richesse, l'éducation fait l'objet de menaces. Les gouvernements ont l'obligation d'agir avec célérité pour retrouver et punir les auteurs des attaques contre les écoles. La communauté internationale doit dénoncer les atrocités. Car l'éducation est d'abord un droit, pas seulement pour les garçons.

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