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Il faut faire plus de place aux infirmières. Elles peuvent faire le suivi de certains patients pendant que les médecins se concentrent sur les cas lourds.

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Pour améliorer l'accessibilité, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, veut forcer les médecins à voir plus de patients. En modifiant leurs façons de faire, des médecins ont déjà réussi à le faire. Pourquoi ne pas s'inspirer des meilleures pratiques ?

1) L'accès adapté

Le projet de loi prévoit qu'un médecin qui travaille exclusivement en cabinet devra inscrire 1500 patients. C'est déjà la norme pour ceux qui pratiquent « l'accès adapté ». La formule est simple : garder des disponibilités pour voir les patients malades la journée même, plutôt que de remplir l'agenda avec des rendez-vous fixés des mois à l'avance. Un millier de médecins auraient adhéré à cette formule. Elle devrait être obligatoire pour tous.

2) L'apport des infirmières

Il faut faire plus de place aux infirmières. Elles peuvent faire le suivi de certains patients pendant que les médecins se concentrent sur les cas lourds. Déjà, 613 infirmières (équivalent à temps complet) travaillent dans les 259 GMF (groupes de médecine de famille). Le gouvernement verse un montant global pour le loyer, le soutien administratif, l'informatisation et le salaire de l'infirmière. Dans les cliniques, l'embauche d'infirmières est à la charge des médecins. Certains sont encore réticents. En Ontario, des cliniques sont pourtant dirigées par des infirmières. Dans le Nord québécois, elles ont beaucoup d'autonomie et plus de responsabilités puisque le médecin n'y vient que sporadiquement. Comment expliquer que dans le reste de la province, on hésite à leur déléguer des tâches ?

3) Modifier les AMP

Les activités médicales particulières (AMP), qui obligent les médecins de famille à travailler 12 heures par semaine à l'hôpital, devaient initialement combler une pénurie. Leur effet pervers a été de diriger massivement les jeunes médecins vers la pratique hospitalière. Il serait intéressant de réfléchir à la possibilité de les abolir dans les hôpitaux où les besoins sont comblés. Reconnaître le travail en cabinet comme une AMP à part entière serait aussi une façon d'obliger les médecins à revenir dans les cliniques et faire de la prise en charge.

4) Le rôle du patient

Certains patients « magasinent » leur médecin. D'autres ne se présentent pas à leur rendez-vous. Dans le secteur privé, toute annulation non justifiée entraîne des coûts. Une telle pénalité serait-elle envisageable ? Il faut aussi informer davantage la population des nouvelles normes de pratique, par exemple les examens annuels qui n'ont pas lieu d'être, ainsi que sur le surdiagnostic, pour bien faire comprendre qu'une visite chez le médecin ou des antibiotiques pour traiter un virus ne sont pas toujours nécessaires.

Le projet de loi 20 heurte les médecins. Pour préserver l'autonomie qui leur est si chère, qu'ils proposent des approches concrètes pour répondre à l'objectif du gouvernement : non pas la promesse, mais la garantie que les patients auront un meilleur accès.

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