Quête d'égalité

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Effacer de nos mémoires le fait que, un soir noir de décembre, un homme a tué 14 femmes, juste parce qu'elles étaient des femmes, c'est ouvrir la porte aux reculs.

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Vingt-cinq ans plus tard, le souvenir de Polytechnique suscite encore un malaise. Commémorer les événements du 6 décembre 1989 est pourtant nécessaire afin qu'un jour, la quête d'égalité entre les hommes et les femmes devienne réalité.

L'oubli serait le pire ennemi. Effacer de nos mémoires le fait que, un soir noir de décembre, un homme a tué 14 femmes, juste parce qu'elles étaient des femmes, c'est ouvrir la porte aux reculs.

La tuerie n'a pas seulement provoqué stupeur, tristesse et incompréhension. Il a fallu du temps avant de reconnaître - et d'être capable de dire - que le geste posé par Marc Lépine était misogyne et antiféministe.

La génération qui a suivi, celle qui quittait l'enfance en 1989, a grandi avec ce ressac où le féminisme était considéré comme la voie des enragées qui détestent les hommes.

Encore aujourd'hui, on accole trop souvent une connotation péjorative et stéréotypée à celles qui osent se dire féministes; les dérapages de certaines extrémistes n'ayant pas aidé.

Cette génération de l'après-Polytechnique a aujourd'hui des enfants. Elle a la responsabilité de faire en sorte qu'ils grandissent en ayant à l'esprit l'importance de cette quête d'égalité.

Nos petits garçons doivent grandir dans le respect de l'autre. Qu'ils se sentent importants, sans se croire supérieurs. Qu'ils grandissent sans honte, avec fierté, sans voir la différence féminine comme une menace.

Nos petites filles doivent grandir en sachant qu'elles ont la possibilité de réaliser leurs rêves et que toutes les portes leur sont ouvertes. Elles doivent aussi prendre conscience que cela n'a pas toujours été le cas. À leur tour, elles doivent viser cette notion d'égalité des sexes, sans craindre d'être catégorisées comme des frustrées en la revendiquant.

Un jour, nos garçons et nos filles voyageront à l'étranger, sac au dos, et réaliseront que ce qui nous semble normal ici ne l'est pas partout. Que les acquis découlent d'une longue lutte dont il faut être fier.

Un jour, nos garçons et nos filles prendront aussi pleinement conscience que, malgré les avancées de la société québécoise, des inégalités persistent encore, ici même: les femmes sont davantage touchées par la pauvreté, elles se retrouvent plus souvent à la tête de familles monoparentales, elles ont un salaire moindre et elles sont moins présentes dans les sphères du pouvoir.

Surtout, elles sont plus souvent victimes de violence. Depuis Polytechnique, 1500 femmes ont été tuées par leurs conjoints ou leurs ex-conjoints au Canada. Une femme sur trois aura été agressée sexuellement au cours de sa vie.

Au début de l'automne, l'Organisation des Nations Unies a lancé la campagne HeForShe qui invite les hommes à joindre la lutte pour l'égalité des sexes dans le monde. Ambassadrice de ce modèle de féminisme renouvelé, l'actrice Emma Watson - qui a personnifié Hermione dans Harry Potter - s'adresse particulièrement aux jeunes hommes et aux jeunes femmes pour les inviter à marcher ensemble, pour une société plus égalitaire.

Au Québec, pour continuer d'avancer dans cette voie, nous avons un devoir de mémoire: celui de se souvenir du 6 décembre 1989.

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