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Comment peut-on accepter qu'un adolescent souffre de troubles de mémoire et de maux de tête à répétition, qu'il ait du mal à se concentrer, que son année scolaire - voire son avenir - soit hypothéquée pour une mise en échec?

Comme le rapportait hier notre collègue Gabriel Béland, l'Association des neurologues du Québec recommande d'interdire les mises en échec au hockey avant l'âge de 15 ans. Avec raison.

Les mises en échec constituent la première cause de commotion cérébrale au hockey et la première cause de blessures chez les jeunes hockeyeurs.

Actuellement, elles sont introduites à 13 ans (bantam) dans le hockey mineur pour les catégories double lettre et elles sont autorisées dans certaines catégories du réseau scolaire.

Hockey Québec songe à les bannir dans certaines catégories (bantam BB, bantam CC, midget BB). Il faut aller plus loin et les réserver aux joueurs élites, comme le préconisent les neurologues.

Certains prétendront que les mises en échec favorisent le «développement» des jeunes. Faut-il leur rappeler qu'à peine 1% des joueurs atteindront les rangs juniors? Il est possible de jouer «physique» sans mises en échec, surtout qu'elles visent souvent à intimider un joueur bien plus qu'à récupérer la rondelle.

Dans les années 80, le Québec a été le premier à les interdire chez les pee-wee. Il a essuyé des critiques, mais les mentalités ont évolué et le reste du Canada a fini par emboîter le pas cette année. Continuons d'être précurseurs.

Les recommandations des neurologues ont été soumises au groupe de travail sur les commotions cérébrales, mis en place par Québec, dont le rapport est attendu sous peu. Elles font aussi l'objet d'un dossier étoffé dans la prochaine livraison du Spécialiste, le magazine de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

Ainsi, le cerveau n'atteint sa pleine maturité qu'à 20 ans. Chez un jeune, un traumatisme crânien entraîne des problèmes plus graves que chez l'adulte et limite l'apprentissage. Subir une commotion cérébrale est un facteur de risque pour en subir d'autres.

Les coups à la tête sont insidieux. Les symptômes se résorbent généralement après quelques jours, mais les effets perdurent pendant des mois. Des études commencent aussi à mesurer les conséquences à long terme: risque accru de développer des troubles cognitifs, l'Alzheimer, le Parkinson, etc.

Le football et la boxe sont d'autres sports où le risque de commotions cérébrales est élevé. Il faudra y voir. Mais dans un premier temps, le hockey est un sport populaire, où il est possible d'agir et d'avoir un impact rapidement.

Il ne faut pas seulement des protocoles de retour au jeu et de gestion des commotions cérébrales. La prévention est de mise. Abolir les mises en échec ne dénature pas le jeu, mais préserve la richesse des jeunes: leur avenir.

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