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Le sexe à l'école

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Des cours d'éducation sexuelle pourraient faire un retour dans les écoles québécoises, dix ans après leur abolition. Le mouvement de dénonciation d'agressions sexuelles - dans la foulée de l'affaire Jian Ghomeshi, ex-animateur de la CBC - nous montre que c'est nécessaire.

Le programme d'éducation sexuelle a été aboli en 2005, dans le cadre de la réforme. Depuis, le sujet est abordé de façon globale, dans les différentes matières. Quelques notions spécifiques sur la biologie sexuelle - puberté, reproduction, prévention des infections transmissibles sexuellement - sont enseignées en deuxième secondaire dans le cours Science et technologie.

C'est loin d'être suffisant. Qui parle aux jeunes du respect - de soi et de l'autre -, d'intimité, de séduction, d'estime, d'égalité? La responsabilité incombe d'abord aux parents, mais il y a une limite à ce qu'un adolescent est disposé à entendre de leur part et à ce que ceux-ci sont à l'aise d'aborder avec lui.

Pour trouver réponses à leurs questions, plusieurs se tournent vers la pornographie en ligne qui, non seulement ne correspond pas à la réalité, mais perpétue la valorisation extrême des stéréotypes.

L'Actualité publie ces jours-ci un dossier révélant que la proportion d'adolescents qui consultent de la pornographie en ligne est passée de 16 à 23% entre 2005 et 2013. Chez les garçons, c'est 40%. La popularité des sextos est aussi inquiétante. Par le biais de leur cellulaire, 15% des élèves canadiens de cinquième secondaire ont échangé des photos d'eux, à peine vêtus ou dans des positions suggestives.

La semaine dernière, alors que des centaines de femmes ont dénoncé les agressions sexuelles dont elles ont été victimes dans la foulée d'un mouvement lancé sur Twitter, un rapport publié par le Centre canadien de politiques alternatives révélait que le Canada régresse en matière d'égalité, notamment en ce qui a trait à la violence faite aux femmes.

Les jeunes n'y échappent pas. Le rapport indique que 46% des élèves ontariennes ont subi du harcèlement au secondaire; au Québec, une adolescente sur dix a eu une relation sexuelle forcée.

La violence sexuelle ne date pas d'hier et n'épargne aucune communauté. Le moyen d'y mettre un frein est d'en parler. L'éducation ne doit pas seulement porter sur l'acte sexuel, mais sur tout ce qui l'entoure: sentiments, image corporelle, stéréotypes.

Les jeunes grandissent dans un milieu d'hypersexualisation. Les parents ont le devoir de répondre à leurs interrogations, mais l'école peut aussi être un bon guide.

Avec la réforme, l'idée de remettre la responsabilité de l'éducation sexuelle entre les mains de l'ensemble du personnel enseignant était intéressante, mais n'a pas fonctionné. Un bilan du ministère de l'Éducation révèle qu'à peine 62% des écoles offrent une éducation sexuelle acceptable. Il faut revenir à des cours spécifiques, dispensés par des enseignants à l'aise d'aborder le sujet et formés pour le faire.

pascale.breton@lapresse.ca

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