Pas un acte isolé

I l est tentant de voir, dans l'attaque... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE)

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I l est tentant de voir, dans l'attaque commise lundi à l'endroit de deux militaires - dont l'adjudant Patrice Vincent qui est mort - le geste isolé d'un loup solitaire. Mais les événements qui se sont produits nous confrontent brutalement à la réalité : celle d'une menace qui nous semblait jusqu'à ce jour bien lointaine.

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Il est tentant de voir, dans l'attaque commise lundi à l'endroit de deux militaires - dont l'adjudant Patrice Vincent qui est mort - le geste isolé d'un loup solitaire. Mais les événements qui se sont produits nous confrontent brutalement à la réalité : celle d'une menace qui nous semblait jusqu'à ce jour bien lointaine.

Le geste commis par Martin Couture-Rouleau, un jeune homme de 25 ans qui s'était converti à l'islam avant de se radicaliser au cours des derniers mois, serait un premier cas au Québec. L'enquête déterminera dans quelle mesure il a agi seul. Mais il faut l'analyser dans une perspective plus globale.

Ailleurs dans le monde, d'autres gestes semblables ont été commis au nom de la même idéologie. L'attaque de lundi rappelle le meurtre du soldat Lee Rigby, survenu en pleine rue à Londres, en mai 2013, commis par deux islamistes radicaux. L'année précédente, à Toulouse et à Montauban, un homme se revendiquant d'Al-Qaïda avait tué à bout portant sept personnes, dont trois enfants.

Récemment, tant en Grande-Bretagne qu'en Australie, les autorités ont annoncé avoir déjoué des assassinats de civils planifiés par des djihadistes se revendiquant du groupe État islamique (EI).

La Gendarmerie royale du Canada a confirmé hier que le jeune homme, abattu au cours de la poursuite policière qui a suivi le crime, faisait partie d'une liste de 90 Canadiens « radicalisés » sous surveillance. 

Ses proches avaient contacté les autorités pour leur faire part de leur inquiétude face à sa radicalisation. La GRC l'avait rencontré à quelques reprises, la dernière rencontre datant du 9 octobre dernier. Son passeport avait été confisqué. Mais les autorités n'avaient pas un motif suffisant pour l'arrêter ou leur permettant de croire qu'il s'apprêtait à commettre un crime au Canada, ont-ils dit en conférence de presse.

Ce n'est pas d'hier que les autorités canadiennes ont à l'oeil de présumées cellules terroristes ou des individus soupçonnés d'être radicaux. Au milieu des années 2000, un complot visant à faire exploser des bombes dans des édifices, dont la tour du CN, avait été déjoué. Depuis, d'autres plans du genre ont été mis à jour.

La surveillance des individus a toutefois ses limites. Les policiers ne peuvent arrêter une personne de façon « préventive » seulement sur la base de sa page Facebook. Le fait de retirer un passeport n'est pas non plus un gage de sécurité. Les Canadiens viennent d'en prendre pleinement conscience.

Le mois dernier, l'EI a lancé un appel aux musulmans à tuer des citoyens. Le Canada faisait partie des pays visés. L'objectif est clairement d'instaurer un sentiment d'insécurité dans la population.

On peut penser que ces gestes de barbarie sont commis par des illuminés ou par des personnalités vulnérables. On peut accroître la sécurité. Mais le fait est que des personnes comme Martin Couture-Rouleau sont happées par une idéologie radicale. Ici ou ailleurs, il y en aura d'autres.

Sans sombrer dans la paranoïa, il faut être réaliste. Nous devons aussi être conscients que les gestes faits par le Canada à l'étranger ont des conséquences ici.

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