Sexe virtuel, détresse réelle

Des parents s'inquiètent du temps que leurs jeunes passent devant l'écran. Ils... (Photo Thinkstock)

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Des parents s'inquiètent du temps que leurs jeunes passent devant l'écran. Ils devraient plutôt craindre ce qu'ils y font. Plusieurs sont victimes de chantage à caractère sexuel sur le web et malheureusement, aucune loi ne les protégera autant que l'éducation.

Le Centre canadien de protection de l'enfance a sonné l'alarme après avoir reçu, au cours du dernier mois seulement, des dizaines de signalements de cas de «sextorsion» d'adolescents.

Les jeunes rencontrent des internautes qu'ils croient de leur âge - il s'agit en fait d'un réseau criminel organisé - et acceptent de poser des gestes à caractère sexuel devant leur écran. Des images sont enregistrées à leur insu et le chantage commence. Une somme d'argent doit être versée, sans quoi on les menace de diffuser les images.

Les conséquences peuvent être très graves: perte de confiance, honte, culpabilité, au point où certains jeunes n'osent pas en parler. La détresse psychologique a, dans certains cas, mené jusqu'au suicide. Trop de personnes n'ont pas conscience des risques qu'elles prennent sur le web. Quand elles le réalisent, il est trop tard.

Le phénomène des sextos est aussi inquiétant. À l'aide de leurs cellulaires, des jeunes s'échangent des photos d'eux, légèrement vêtus ou dans des positions suggestives, sans penser que ces photos peuvent très vite faire le tour de l'école.

La popularité de sites comme Snapchat devrait également nous interpeller. Les utilisateurs s'envoient des photos éphémères, dont certaines très explicites. Plusieurs oublient qu'il est facile de faire une capture d'écran, faisant en sorte que la photo continue de vivre même si elle a officiellement disparu.

Le «Celebgate» - des photos intimes de belles et jeunes vedettes qui ont été dérobées et diffusées sur l'internet - a récemment braqué les projecteurs sur les célébrités, mais l'inconscience et l'insouciance vis-à-vis du web n'épargne personne.

Les Facebook et autres réseaux sociaux de ce monde sont devenus les nouveaux perrons d'églises où les gens se rencontrent. Mais comme sur les parvis d'autrefois, certains gestes ne devraient pas être posés.

Les enfants apprennent très tôt à utiliser des ordinateurs, tablettes et téléphones intelligents. Mais qui leur apprend à s'en servir adéquatement?

Du choix d'un mot de passe sécurisé à la divulgation d'informations personnelles jusqu'au partage de photos intimes, il est nécessaire d'être conscientisé devant les risques potentiels.

En faisant appliquer les lois et en organisant des campagnes de prévention contre la cyberintimidation, les gouvernements, les corps policiers et les écoles ont un rôle à jouer.

C'est toutefois aux parents que revient l'ultime responsabilité de sensibiliser les enfants. Même si cela semble anodin, il est crucial d'aborder le sujet avec eux régulièrement, de s'intéresser aux sites qu'ils fréquentent et de parler des dérapages possibles. Quand les renseignements personnels ou les photos sont dans la sphère virtuelle, il est trop tard. Le mal est déjà fait.




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